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 Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]

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MessageSujet: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Mer 18 Nov - 15:12

Le temps était clément aujourd'hui. Le ciel était d'un joli bleu profond, qui donnait l'illusion que si on avait eu le bras assez long pour venir le rencontrer, il aurait pu aller loin, loin, très loin, comme s'il n'y avait rien derrière ce voile... Il était parsemé de quelques nuages blancs, se baladant çà et là au gré du vent. Le tout illuminé d'un joli soleil qui venait caresser doucement sa peau... Un ciel comme Irland les aimait et qui faisait naître un sourire sur son visage.

Il avait eu l'occasion de sortir, ce jour-là. A dix heures, il avait enfilé une veste et était parti à pied vers la ville... Ce lieu le fascinait. Purement et simplement. Jeune elfe, il n'avait pas vraiment pu connaître la ville, au profit des bois et des clairières, et quand il fut temps pour lui de s'en aller pour se rendre au Refuge, il avait longtemps regretté ces lieux emplis de quiétude dans lesquels il avait tout appris. Jamais il n'aurait pensé devoir les quitter un jour. Au début, il se rendait souvent au dehors pour pouvoir respirer, puis le temps entre chaque sortie s'écourtait, et il s'habituait peu à peu à cette vie en communauté. Ça lui plaisait, même. Maintenant, il sortait plus volontiers en ville et pouvait se contenter des jardins intérieurs quand il allait mal et qu'il manquait de temps.

Après avoir déambulé pendant cette fin de matinée matinée – durant laquelle, poussé par son excentricité, il avait acheté des lunettes avec des verres en forme d'étoile et quelques autres babioles idiotes –  et déjeuné, il se rendit au parc... Il voulait voir ce que ça donnait. Il venait en ville pour voir ce qu'il n'avait jamais vraiment connu, et il voulait savoir ce que pouvait être une parcelle d'arbres et d'herbes au centre d'habitations...

Il arriva donc devant de grandes grilles peintes... Allons bon, ils mettent le naturel en cage. Les fleurs ne vont pas hisser leurs racines pour les prendre à leur cou... Enfin, passons, il suivit un chemin et se laissa s'égarer. Après quelques minutes, il lui paraissait que ce parc n'était pas aussi petit qu'il aurait pu le penser, et il s'écarta du sentier au profit d'une douce herbe verte... Il trouva un endroit, avec de légères butes et quelques creux, et décida de s'installer ici... Le soleil filtrait à travers les branches d'arbres, et il leva son visage, les yeux fermés et assis en tailleur, vers l'astre diurne. Puis soudain, il vit devant ses yeux cette scène... alors qu'il portait ses nouvelles lunettes. Il éclata d'un rire franc, qu'importe qu'on l'entende, il s'en fichait. Il rouvrit ses yeux et sourit.

C'est à ce moment-là qu'il l'aperçut. Un magnifique oiseau à moitié caché dans de hautes branches. Irland sourit une nouvelle fois. Un merle, s'il ne se trompait pas... Tout en continuant de le fixer de ses yeux, il pinça ses lèvres et les plaça comme on les lui avait appris... Et il siffla. Il savait imiter le son de plusieurs espèces d'oiseaux, de sorte qu'il arrive parfois à communiquer avec eux. Il tenta d'inviter le merle à le rejoindre, ce qui se traduit par une série de plusieurs sifflements consécutifs... Le merle était interloqué. Irland eut une nouvelle esquisse de sourire, assez content de lui de ne pas s'être trompé. Il recommença, et après quelques rapprochements timides et de longues minutes, le bel oiseau finit par se rapprocher...

- Eh bien, mon beau... Tu étais bien perché là-haut, dis ? Ce ne doit pas être tous les jours que tu tombes sur un elfe – ou un humain – qui sache te dire quelque chose... Puis de nouveaux sifflements : Qu'est-ce que tu penses de cet endroit, toi ?

Il tendit la main vers lui... Avec un peu de chance... Oui ! Le merle s'était rapproché, et avec délicatesse, il approcha davantage ses doigts et pu parvenir à toucher son plumage de jais... C'était doux, soyeux, majestueux... Décidément, c'était une belle journée.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Dim 22 Nov - 15:30

Ombe avait tranquillement le long du trottoir. L’air était doux, le ciel un mélange de pastel et de blanc. C’était une belle journée de week-end, parfaite pour sortir et se promener. La jeune fille regardait sans les voir les passants se pressant sur les trottoirs et les voitures patientant aux feux. Ses bottines noires claquaient contre le bitume grisâtre et elle se perdait dans sa musique, enfoncée dans ses oreilles.

Pour une fois, la petite sacoche brune avait été remplacée par une plus grande, noir et blanc. La rousse avait profité de sa matinée pour aller s’inscrire à un cours de flûte dans le centre-ville et l’instrument argenté avait bien sûr fait le voyage avec elle. Bien qu’elle ait changé de lycée, de monde en fait, Ombe ne comptait pas abandonner la musique. Elle aimait trop le son léger s’envolant dans les airs lorsqu’elle jouait, les mélodies qui vibraient sous ses doigts. Elle avait validé son inscription pour une heure et demie de cours par semaine.

Les formalités remplies, l’adolescente était allée s’offrir un sandwiche dans un petit café. Comme elle s’y attendait, elle avait payé cher pour pas grand-chose, le pain étant mou, le poulet sans goût et noyé de mayonnaise. Il avait néanmoins eu le mérite de couper sa faim, et la jeune danoise s’était consolée avec un muffin au chocolat bien moelleux. A présent, elle poursuivait simplement sa balade, n’ayant pas la moindre envie de rentrer au Refuge.

Comme souvent, ses pas la menèrent jusqu’au parc. C’était sûrement le lieu de la ville qu’Ombe connaissait le mieux, puisqu’elle s’y rendait presque à chaque fois qu’elle sortait. Ce coin de nature était pour elle un îlot paradisiaque perdu au milieu de vagues grouillantes et urbaines, telles ces destinations de rêve que l’on nous vendait dans les agences de voyages. La musicienne avait toujours vécu en banlieue, dans ces communes peu connues où il est plus rapide d’aller au lac qu’à l’arrêt de bus. La proximité avec la ville qu’offrait le Refuge et le manque de verdure qui allait avec ne lui étaient pas habituels. Ombe avait besoin d’une parenthèse.

La Danoise finit par passer les hautes grilles. Elle laissa ses pieds la guider où bon leur semblait, son esprit toujours empli de musique, et finit par se retrouver sur une large pelouse verte. Ce fut à cet endroit qu’elle choisit de se poser, ce qu’elle ne tarda pas à faire, sortant ensuite son instrument du sac bicolore.
L’Hybride allait porter la flûte à ses lèvres, quand elle les entendit. De légers sifflements, courts et rapprochés, semblables à ceux d’un merle. On pouvait sans mal s’y tromper, et Ombe s’y serait sûrement laissée prendre si elle n’était pas elle-même un oiseau. Cependant, quelque chose dans l’animal qu’elle était semblait lui dire qu’il y avait un problème, sans qu’elle ne sache précisément quoi, et elle releva la tête.

A quelques mètres d’elle, un garçon était également assis dans l’herbe. Son visage encadré de cheveux blonds et d’une mâchoire carrée ne disait rien à la jeune fille ; bien qu’il semblât avoir son âge, ou presque, elle ne devait pas le connaître. Il fixait un merle près de lui. Et… oui, il venait de pincer les lèvres pour émettre quelques pépiements. Ombe écarquilla les yeux. Il était vraisemblablement en train d’imiter le merle mieux qu’elle ne pouvait le faire avec sa flûte et, vu la façon dont le petit oiseau lui répondait, on aurait pu dire qu’ils communiquaient. L’adolescente n’hésita pas. Elle arracha une page de son carnet, saisit son crayon, et se dirigea d’un pas décidé vers l’inconnu que le merle avait approché. Il se laissait même caresser… Mais comment le blond faisait-il ? Etait-il Hybride lui aussi ? La rousse en vint à l’espérer : il serait tellement amusant de rencontrer un garçon de son âge comme elle… Et puis, il fallait bien avouer qu’un humain parlant mieux aux oiseaux qu’elle, qui était Hybride, la rendrait jalouse.

Après quelques pas, elle se retrouva près du jeune homme. Elle lui tapota l’épaule pour qu’il se rende compte de sa présence, puis lui fourra la page arrachée sous le nez. C’est toi qui viens de pépier ? avait-elle écrit en lettres rondes.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Dim 22 Nov - 18:34

Le jeune elfe caressait doucement son jeune compagnon lorsque brusquement, il tourna la tête vers sa droite, sans même avoir eu le temps de s'en rendre compte. L'instinct avait agit à sa place, et il n'eut pas davantage le temps de comprendre ni d'analyser quoi que ce soit qu'il se retrouva à loucher sur une feuille. Le merle s'enfuit dans l'instant... Agacé, il écarta le papier de son visage tandis qu'il le leva en râlant vers l'inconnu, car vraisemblablement il avait affaire à quelqu'un. Il allait lui dire ses quatre vérités à celui-là.

… Elle était plutôt jolie. Des cheveux roux, des yeux bleus qui le fixaient... Un visage, bien qu'appartenant à une fille d'environ son âge, quoique peut-être un peu plus jeune, laissait devenir ses traits futurs de jeune femme. En la voyant, il sut qu'elle ne devait pas être quelqu'un de bien méchant, et son excès de colère disparu, mais il n'en resta pas moins agacé.

- Tu aurais pu être plus discrète ! reprocha-t-il. Ou au moins arriver par devant ! Tu l'as fait fuir, regarde, dit-il en désignant le merle en question qui les épiait depuis un arbre voisin, avec ses beaux yeux noirs. Il venait de m'autoriser à le toucher...

Ces derniers mots étaient murmurés, formulés à la façon d'une plainte. Il rencontra à nouveau son regard, comme pour l'obliger à se justifier, et vit la feuille qu'elle lui avait tendu... Quelque chose était griffonné dessus. Il la prit en main, cette fois pour la rapprocher de son visage et non plus pour l'en écarter. « C’est toi qui viens de pépier ? ». Elle l'avait entendu alors. Elle aurait pu faire un peu attention en ce cas. Qu'est-ce qui l'avait donc poussée à venir si soudainement le rejoindre pour ceci ? Et pourquoi avait-elle écrit su... Oh.

Irland fut étonné. Il n'en rencontrait pas tous les jours... Surtout des muets qui pouvaient entendre, étant qu'une bonne partie des muets l'étaient justement parce qu'ils n'avaient jamais entendu. Son agacement son recroquevilla un peu plus sur lui-même.

- En effet... Ça t'étonne, je suppose... Enfin, tu me diras, les miens quittent rarement leurs bois...

Il laissa ses yeux dériver un instant dans le vide, tandis qu'il rapprochait un peu plus ses jambes de lui, toujours en tailleurs. Et il secoua légèrement la tête pour revenir à lui...
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Mer 2 Déc - 19:46

Elle y était peut-être allée fort. Elle avait agi sous l'impulsion, sous la surprise, l'incrédulité et l'espèce de jalousie qui avaient grimpé en elle lorsque les pépiements avaient atteint ses oreilles. Ombe n'était pas brusque pourtant ; juste entière et spontanée. Elle avait fait fuir l'oiseau et visiblement agacé le garçon en surgissant de la sorte, elle aurait sans doute dû être plus discrète et arriver sur le côté, mais elle voulait savoir. Le blond avait repoussé sa feuille sans lire ses mots, juste pour la dévisager, mais la rousse ne regrettait pas. Elle signifia quand même par une mimique qu'elle était désolée d'avoir ruiné ses efforts, ce qui lui paraissait la moindre des politesses. Mais les reproches, eux, ne l'atteignaient pas.

Et puis, le jeune homme semblait déjà être passé à autre chose. Il prit la feuille, la lut, fut étonné comme tout le monde en prenant conscience de sa mutité... Et répondit, la voix exempte de toute émotion vive. Il parla même "des siens", les présentant comme l'explication de l'étonnement de la jeune Danoise. Ombe décida de s'asseoir sur l'herbe, à côté de lui : tel qu'elle le sentait, la conversation n'allait pas s'arrêter là.

La jeune fille, cependant, regagna sa douceur. La réponse qu'elle avait obtenue ne lui suffisait pas, elle avait encore beaucoup de questions à poser. Elle voulait, non, elle avait besoin de comprendre comment l'inconnu avait fait. Sauf que se montrer avenante ne coûtait rien, cela pourrait même s'avérer plus efficace. D'autant plus que le concerné ne lui semblait pas antipathique. La première impression de l'adolescente lui avait été défavorable car appuyée par le choc du moment ; mais à y réfléchir, il n'était sans doute qu'un passionné d'oiseaux, comme elle l'était elle-même.

Ombe mit donc ses interrogations de côté pour se concentrer sur sa nouvelle rencontre. Les mots coulèrent sur le papier sans qu'elle n'ait à les forcer.

Les tiens ? Tu as vécu dans les bois ? commença-t-elle par s'étonner, avant de revenir à la ligne. Je suis désolée pour le merle... Je peux essayer de le faire revenir si tu veux.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Dim 6 Déc - 19:57

Les choses semblaient s'être calmées chez la jeune fille comme chez lui, l'ambiance qui régnait autour d'eux paraissait radoucie. Elle s'était même assise près de lui, après s'être excusée – ou tout du moins, il le supposait – alors qu'elle aurait pu répondre à ses reproches. Irland regarda l'oiseau, perché sur sa branche. Il avait la tête penchée sur le côté, cherchant certainement lui aussi à comprendre ce qu'il s'était passé. Irland ne put empêcher qu'un sourire en coin ne se forme sur son visage. Il comprit que si il le rappelait, il ne faudrait pas bien longtemps pour que l'oiseau revienne. Et il ne semblait pas vouloir s'en aller, du moins, pas tout de suite. Ils avaient donc un peu de temps.

Il se tourna alors vers la jeune fille, car elle en revanche avait l'air déterminé à lui parler. Irland avait répondu à une question, et se doutait qu'il y en avait certainement d'autres derrière et que celle-ci n'avait servie que d'entrée en matière. Et en effet, le jeune elfe avait vu juste – en même temps, comment pouvait-il en être autrement ? - car elle avait déjà saisit une nouvelle feuille pour écrire. Il se demandait bien pourquoi tant de remue-ménage pour si peu, c'était normal après tout pour lui. Peut-être s'intéressait-elle à l'ornithologie, qu'elle avait une attirance particulière pour les oiseaux, ou tout simplement était-elle curieuse...

Elle lui tendit sa feuille, et il lut ses quelques mots. Mh... Comme ça elle se questionnait sur ses origines ? Il tendit alors une main vers sa chevelure blonde, et souleva quelques mèches, juste assez pour mettre en évidence son oreille pointue.

- Je pense que ceci répondra à ta question... Je suis un Elfe, et mon espèce n'est pas particulièrement du genre à se mêler aux autres... Même entre nous, nous nous voyons assez peu. Dans l'école du Refuge, nous ne sommes que trois... Je pense que les miens, c'est un peu comme toi et ton mutisme : on sait que ça existe, mais on est toujours étonné de se retrouver en face d'un cas. Pour ma part, j'habitais avec ma famille dans les bois. Mais quand ta présence devient un danger pour ta famille entière, voire tout un écosystème, tu ne te poses pas de questions et tu t'en vas, ne serait-ce que pour la conscience. Il n'y a plus que mes parents et ma jeune sœur – elle  est haute comme trois pommes, elle ne gardera que de vagues souvenirs de son grand-frère.

Ce n'était pas dans le genre d'Irland de se lancer dans de longs discours – parce que pour lui, oui, c'en était un, et pas des moindres. Il avait détourné la tête, embarrassé et gêné, se contentant d'arracher des brins d'herbe pour s'occuper et oublier ce qu'il venait de dire. Il passa quelques longues secondes comme fasciné par ce tapis de verdure. Puis il se souvint de la seconde partie du papier de la jeune fille, et relevant soudainement son visage vers elle, il arqua un sourcil et lui demanda en désignant le merle en haut :

- Tu veux le faire revenir ? Tu sais, si je l'appelle, il ne devrait pas se faire trop difficile et nous rejoindre rapidement. Mais si tu veux tenter, alors tente donc, ma belle. On va voir ce que lui en dit.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Dim 13 Déc - 15:23

Le jeune homme souleva une mèche de cheveux, dévoilant ainsi une oreille plus pointue que la normale. Une lueur de compréhension traversa les prunelles de l'Hybride. Elle s'adressait donc à un elfe. A la réflexion, cela lui paraissait logique : qui d'autre pouvait vivre dans les bois et communiquer avec les animaux ? Encore mal habituée à la magie, elle cherchait toujours ses explications dans le monde dans lequel elle avait grandi... Sans penser qu'en Andore, la logique était toute autre. Mais des habitudes vieilles de quinze ans ne s'effacent pas en quelques mois...

Son interlocuteur confirma ses pensées, et poursuivit avec une tirade. Qu'il compare ses origines aux cordes vocales d'Ombe lui plut : elle n'avait jamais vu les choses sous cet angle-là, mais cela expliquait la surprise qu'elle suscitait. Il ne devait pas y avoir plus de muets que d'elfes au Refuge ; rien d'étonnant à ce que les personnes qu'elle avait déjà rencontrées se montrent étonnées alors. A la différence qu'elle se mêlait sans mal aux autres. La rousse aimait les gens et prenais du plaisir à les découvrir ; rester groupé n'était vraiment pas dans sa nature, contrairement au peuple du blond. Ce caractère la rendit contente de savoir le blond au Refuge : l'établissement où elle étudiait accueillait de nombreux élèves, alors connaître une tête de plus était bienvenu. Surtout que l'adolescent semblait avoir un âge sensiblement proche du sien, peut-être était-il aussi en première année.

Celui-ci entreprit d'ailleurs de lui raconter sa venue au Refuge, qui n'avait pas été des plus joyeuses à ce qu'elle comprenait... Sans savoir ce qu'il entendait par "danger pour tout un écosystème", il n'était pas difficile de sentir que l'élément n'était pas anodin. Il en fallait beaucoup pour pousser un adolescent à quitter son entourage et même, à se satisfaire que sa sœur n'ait pas de souvenirs de lui. Ombe fut touchée par cette déclaration et trouvait son geste courageux. Elle n'avait demandé aucun détail, connaissais l'elfe depuis quelques minutes, mais il s'était confié à elle. Il semblait en outre embarrassé par ce qu'il venait de dire. La muette se contenta d'avoir l'air désolé -elle était en général douée pour afficher mes pensées sur son visage- et se saisit d'une nouvelle page.

Je vois... L'idée que tu sois un elfe ne m'avait traversé l'esprit, n'étant arrivée qu'à la rentrée je n'ai pas encore l'habitude de toute cette magie... Mais je suis désolée pour ce qui t'est arrivé. Un tel choix est très courageux. Je suis Hybride, ma famille n'a pas connaissance de la magie, j'ai aussi dû la quitter pour venir, alors je sais qu'une séparation est douloureuse... Comme une majorité d'élèves au Refuge je pense. Même si ton cas reste extrême. Enfin bref, j'ai 15 ans, je suis en première année... Et toi ?

Le temps qu'elle écrive, l'autre s'était désintéressé de l'herbe. Il lui proposa même de faire revenir l'oiseau, ce qu'elle prit comme un défi. Elle lui tendit donc la feuille et se saisit de sa flûte, qu'elle avait déplacée avec elle en venant voir le jeune homme. Elle porta l'instrument à ses lèvres, plaça ses doigts et souffla doucement.

Du coin de l’œil, elle vit le merle réagir. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle avait choisi une suite de notes que les oiseaux appréciaient généralement pas mal. Celui-là ne fit pas exception à la règle : après avoir regardé dans la direction des adolescents un petit moment, il déplia ses ailes et voleta jusqu'à eux. La Danoise produisit encore quelques notes et il se posa à leurs pieds, les regardant à tour de rôle. Il semblait se souvenir que le garçon à ses côtés avaient percé ses défenses quelques instants plus tôt. La jeune musicienne s'arrêta de jouer, et adressa un sourire victorieux à son voisin, l'air de dire : "Tu vois, tu n'es pas le seul à pouvoir les approcher !"
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Mar 2 Fév - 17:03

Comment avait-il pu confier quelque chose d'aussi gros à une parfaite inconnue, qu'il ne reverrait peut-être pas ? Lui qui était d'habitude rieur, lui qui d'habitude consolait les autres... Lui qui cachait d'habitude sa peine dans les bêtises... C'est vrai, ce sont les plus grands sourires qui cachent les plus grandes plaies. Il se concentrait à éviter tout contact visuel avec la jeune fille, de sorte qu'il ne remarqua pas même l'air triste que son visage affichait.

Il fut tant consterné qu'il ne remarqua pas non plus qu'elle s'était remise à écrire, jusqu'à ce qu'il se retourne vers elle pour lui lancer le défi de ramener l'oiseau à leurs côtés. Alors, elle releva la tête et lui tendit la feuille. Il allait se mettre à lire lorsque son attention fut attirée par un reflet près de lui. La flûte miroitait les rayons du soleil tandis que la jeune demoiselle portait à ses lèvres son instrument et commença doucement à jouer.

Sa première pensée fut de constater que cette mélodie était volatile, et espiègle, comme un oiseau. Oui, c'était ça, comme un oiseau. Puis son oreille, et l'instant d'après, ses pensées tiquèrent. Ce chant avait des sonorités qui se rapprochait du chant des oiseaux, et il comprit dès lors la raison pour laquelle elle s'était mise à jouer. C'était assez épatant. Il savait que pour pour ce genre d'instrument, il fallait se montrer habile et délicat, et qu'il faillait sûrement l'être plus encore pour pouvoir reproduire aussi joliment un son « réel ».

Du coin de l’œil, un nouveau mouvement le fit se tourner. Il n'était pas le seul à réagir apparemment, car l'oiseau qui était près d'eux quelques instants auparavant s'agita un peu, pour finalement venir les rejoindre. Il n'était qu'à quelques centimètres de leurs jambes, ce qui laissait aisément penser qu'il était en confiance. Irland en conclut qu'il pouvait se permettre de tenter une nouvelle approche, et lui tendit un doigt pour qu'il vienne s'y percher si le cœur lui en disait. Mais il se rapprocha finalement de la demoiselle, ou plutôt de l'instrument qu'elle tenait toujours dans ses mains. Le jeune garçon se demanda si c'était un reflet qui l'intriguait, ou bien s'il reconnaissait l'instrument dont la mélodie l'avait attiré... Il se redressa néanmoins et s'adressa à la flûtiste qui affichait un air triomphant :

Eh bien, il me faut admettre que tu as réussi. Je t'avais un peu sous-estimée à vrai dire... J'ignorais qu'une flûte pouvait s'avérer efficace en ce cas. Tu m'as impressionné, conclut-il avec un nouveau sourire.

Irland regarda une nouvelle fois l'oiseau puis tourna le regard vers le papier qu'il avait toujours dans les mains et le lut pendant quelques longues secondes... C'était vrai... Beaucoup d'entre eux avait dû se séparer de leur famille et amis sans que ces derniers n'en sachent rien. C'était une cicatrice qu'ils avaient quasiment tous en communs, qu'ils portaient au fond d'eux-mêmes. Mais ils ne se plaignaient pas, parce qu'ils savaient que les autres vivaient la même chose...

- Ombe... C'est un joli prénom que tu as. Je suis Irland. Oui, oui, comme le pays du monde humain. Ce n'est pas une coïncidence, j'y suis né, ma mère avait une certaine... fascination pour ce pays. Je suis un peu plus âgé que toi, j'ai seize ans et je suis en seconde année, que j'ai choisi de redoubler. J'avais de quoi passer, mais je trouvais qu'il valait mieux que je consolide mes connaissances avant de passer, j'étais arrivé en cours d'année et j'avoue être parfois un peu chahuteur, ça ne m'a pas beaucoup aidé... avoua-t-il gaiement. Quant à la séparation avec sa famille... C'est un choix difficile, mais c'est aussi, je pense, le meilleur qu'on pouvait tous faire. Après tout, pour certains c'est la découverte d'une partie de soi, pour d'autres – pour les vampires et les elfes en fait – c'est plus l'acceptation et le partage d'une caractéristique et d'une culture particulière... A mon sens. Si je peux me permettre... Qu'est-ce que ça t'a fait de découvrir tout ça ? De découvrir une part de toi-même que tu ne soupçonnais sûrement même pas ? Ça doit être à la fois effrayant et fascinant...

[HRP : Encore désolée pour tout ce retard, ce n'était pas voulu. m(_ _)m]
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Lun 22 Fév - 12:57


[T'inquiète, je n'ai pas fait mieux que toi avec le retard... Et désolée aussi de changer brusquement de personne. J'avais oublié que je faisais ce rp à la 3ème...]

Je reposai ma flûte entre les brins verts du tapis d’herbe. Le petit merle bleu s’en approcha aussitôt, penchant sa tête ronde au-dessus de l’instrument. Il avait l’air de se demander ce qu’était cette chose qui l’avait appelé mais qui, pourtant, lui ressemblait bien peu. Le métal argenté renvoyait l’image de son duvet fin, percé de deux yeux noirs que j’imaginai dubitatifs. Il était mignon ; et même si je qualifiais ainsi tous les oiseaux que je rencontrais, je ne le pensais pas moins sincèrement. Lorsque, explorant toujours ma flûte, il y cogna son bec et sursauta au léger bruit métallique qui s’envola, une envie de rire me prit que seules les paroles du blond empêchèrent de monter à ma gorge. Je me reconcentrai donc sur lui.

Un sourire se forma sur mes lèvres en l’écoutant, et je lui fis une petite révérence de la tête pour le remercier. J’étais contente de l’avoir impressionné, bien que ce fût certainement puéril. J’avais la sensation d’avoir prouvé quelque chose en faisant venir le merle, même si je ne savais pas exactement quoi. De ce fait, son compliment me faisait vraiment plaisir.

Puis le jeune homme se mit à lire mes mots. En attendant qu’il ait fini, j’essayai d’approcher l’oiseau, toujours près de mon instrument. J’avais envie de le caresser mais ne voulait pas qu’il prenne peur. J’avançai donc vers lui un doigt hésitant, m’arrêtai à quelques centimètres de ses plumes pour voir sa réaction, et avançai de nouveau. Alors que je réussissais à effleurer son pelage, le petit être sursauta, et s’éloigna un peu en sautillant. Je reposai ma main dans l’herbe, déçue de le voir toujours craintif, mais également amusée par les petits regards qu’il me lançait, tout inspectant la flûte du bec. Apprivoiser un animal n’était pas facile, mais toujours passionnant. Du moins, à ce qu’il me semblait.

J’entendis mon prénom et relevai la tête vers le jeune homme. Irland donc. Son prénom me fit immédiatement penser aux leprechauns, tous de vert vêtus et tenant à la main un trèfle à quatre feuilles… Je ne pouvais tomber plus dans le cliché. Mais entre un elfe et un farfadet, la nuance me semblait faible, quoique je doutais que mon interlocuteur exauçât trois vœux si on le capturait. Même si, inconsciemment, il avait déjà réalisé celui de rencontrer quelqu’un de mon âge, ou presque.

« Qu'est-ce que ça t'a fait de découvrir tout ça ? De découvrir une part de toi-même que tu ne soupçonnais sûrement même pas ? »
Sa question me fit réfléchir. La découverte de mon Don avait été un bouleversement dans ma vie, sans aucun doute. Mais effroi et fascination ne pouvaient réellement décrire ce que j’avais ressenti. Au contraire. Parler par télépathie aux directeurs du Refuge avait été une expérience étonnante oui ; quant à la révélation de ma nature, elle m’avait plutôt plongée dans un gouffre de paix. Parce qu’être Hybride, c’était aussi être moi. C’était pouvoir voler, pépier, atteindre la cime des arbres, se poser sur une branche et observer le monde en miniature sous ses pattes. C’était une expérience unique, mais absolue. Je ne me transformais pas en oiseau ; j’en étais un. Même si ce n’était qu’une moitié. Même si je ne contrôlais rien. L’espoir s’était, depuis ce jour, ancré trop profondément en moi pour permettre à tout autre sentiment de s’installer.

Je me saisis de mon stylo.

En fait c’était… je marquai une hésitation. Etrange. Mais agréable à la fois. C’est un peu compliqué. Comme si, quelque part, j’avais toujours su que j’étais un oiseau, même sans jamais me transformer. Comme si une part de moi savait que ça devait arriver. Je veux dire, je ne suis pas devenue Hybride. Je l’étais déjà quand je suis née, même si personne ne pouvait s’en douter. C’est comme le sang qui coule dans les veines : il est là depuis toujours, mais tu ne peux le savoir qu’au moment où tu te piques. Alors bien sûr le Refuge, tout ça, c’est l’inconnu et je ne contrôle rien, mais connaître mon Don c’est me connaître toute entière pour la première fois de ma vie. Maintenant je me rends compte qu’il y avait un vide en moi, avant. Une pièce manquante. Et en même temps, j’ai tellement envie d’apprendre et de me transformer à nouveau que ça occulte tout le reste. Je ne sais pas si c’est très compréhensible tout ça…

Je tendis la feuille à Irland en me mordillant la lèvre inférieure. Mes mots étaient autant embrouillés sur la feuille que dans mon esprit. J’espérais que le jeune homme arriverait néanmoins à en saisir quelque chose.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Ven 26 Fév - 17:48

[HRP : Ce n'est pas bien grave, on est tous un peu en galère en ce moment. Bref, reprenons le Rp ! o/]

Elle était mignonne à se réjouir de sa petite victoire, il était assez aisé de le voir dans ses yeux – ne sont-ils pas après tout les portes de l'âme ? Sa révérence de la tête ne fit que davantage étirer le sourire d'Irland. Néanmoins, l'expression du visage de la jeune fille changea quand elle réfléchit à sa question. Ses yeux s'échouaient dans le vague, tandis que de nombreuses pensées devaient s'entrechoquer dans son esprit. Irland attendit patiemment. Il ne doutait pas que ce devait être une question pas forcément difficile, mais complexe tout du moins. Lui savait toujours qui il avait été. La seule chose qu'il avait ignoré, mais qu'il savait qu'elle allait arriver, c'était son affiliation. Les êtres humains l'ignoraient en général, mais les elfes n'étaient pas seulement doués en tir, avec des sens aiguisés. Derrière leur orgueil et leur droiture naturels, ils avaient tous un ascendant avec la nature : vent, pluie, plus rarement le feu... Dans son cas, la foudre ne lui avait pas apporté l'hilarité... Mais l'heure n'était plus au passé. Ombe avait commencé à rédiger sa réponse sur son carnet, et il décida de ne se consacrer alors plus qu'au présent.

L'oiseau était toujours là, à tourner autour de la flûte. Il l'inspectait de tous les côtés, tel un charognard, et donnait régulièrement de petits coups de bec, comme si il cherchait à reproduire la mélodie. C'était amusant de voir combien cet instrument arrivait à le rendre curieux. La brise souffla doucement, et un très léger son sortit de cette tige aux reflets cristallins. Le merle s'éloigna d'un coup en battant des ailes sur le coup de la surprise.

- Ne t'en fais pas, ce n'était que le vent, lui siffla-t-il.

Le jeune Elfe fouilla un peu dans le sac dans lequel se trouvait ses achats de la matinée. Il ne mit pas bien longtemps avant de trouver ce qu'il voulait. Ses fameuses lunettes avec des verres en forme d'étoile à monture verte ! Avec elles, il essaya de faire quelques reflets lumineux pour attirer l'attention de l'oiseau sur elles. Quelle serait sa réaction ?

- J'ai quelque chose d'autre qui peut t'intéresser... Regarde.

Irland parlait, mais savait bien qu'il ne devrait pas attendre de réponse. Les oiseaux parlent rarement, bien qu'ils comprennent ce qu'on leur dise. Ils se limitent souvent aux choses essentielles... Il ne fallut pas bien longtemps avant que l'oiseau ne lève sa tête. Il semblait quelque peu méfiant face à ce nouvel objet. Il brillait certes, mais ne ressemblait pas du tout à la flûte qui l'avait intrigué. Irland les déposa quand même à une vingtaine de centimètres de lui, le laissant libre de faire ce qu'il souhaitait.

Pendant ce temps, l'Elfe se tourna de nouveau vers la jeune... Ombe, c'était bien cela ? Elle avait semble-t-il terminé d'écrire, et il lui demanda d'un regard l'autorisation de saisir la feuille, avant qu'elle ne la lui tende. Il prit son temps pour lire sa réponse : il cherchait à comprendre ce qu'elle avait pu ressentir. Des fois, au fil de sa lecture, il lui arrivait d'incliner sa tête au détour d'une phrase.

- L'inconscient recèle bien souvent des choses qui nous sont inconnues, et qui sont même à des mille de nos pensées... Je crois que j'arrive à saisir ce que tu veux dire. Mais donc, attends, pour résumer... Tu es une Hybride. Une Hybride qui se transforme en oiseau. Tu as la chance de savoir ce que voler fait alors ! s'écria-t-il en levant les bras en l'air. Ce doit être formidable... D'où... Irland tarda un instant sur ces mots avant de continuer. D'où la flûte et la mélodie que tu as joué, qui a réussi à attirer le merle ! C'est incroyable... fit-il en posant sa joue sur son poing fermé, son coude reposant sur son genou. J'imagine que quand tu dis que tu savais sans savoir qui tu étais... C'est que tu étais vraiment fascinée par les oiseaux ? lui demanda-t-il en relevant la tête vers elle.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Mer 9 Mar - 20:57

Tandis qu’il lisait, elle regarda son visage réagir. Sa tête qui s’inclinait parfois, ses yeux sombres qui s’attardaient sur les lignes comme pour s’en imprégner. Elle attendit, patiemment, qu’il ait pris connaissance de tous ses mots en laissant ses prunelles se perdre ainsi sur ses traits, puis dériver finalement dans le vague. Elle se dit qu’elle était heureuse d’être là, au Refuge, à l’orée de ce monde magique qu’était Andore. Qu’elle avait bien fait de répondre à l’Appel, de se fondre parmi tous les autres apprentis Magiciens. Et puis Irland parla, et son esprit redescendit sur le parc.

Il avait posé sa joue sur son poing, et ses paroles arrachèrent un sourire mi-figue mi-raisin à Ombe. L’Elfe avait bien compris ce qu’elle avait voulu dire mais se trompait sur un point. Ironie du sort, la Danoise ne savait pas voler. Enfin, n’avait pas encore eu l’occasion d’essayer, ce qui revenait un peu au même.

Absolument et totalement fascinée, commença-t-elle à écrire. J’étais réellement obsédée par les oiseaux, j’avais même apprivoisé tous ceux qui venaient dans mon jardin, pour te dire ! C’est de là que vient la flûte oui, en fait j’ai pris l’habitude de jouer pour eux bien que ce ne soit pas des mélodies très « classiques ». Par contre, je n’ai encore jamais pu voler… Je ne me suis transformée qu’une seule fois, celle qui a déclenché l’Appel, mais sinon je n’arrive pas contrôler mon Don… Impossible de me transformer à nouveau, je ne saurais même pas te dire ce qu’on ressent en étant oiseau.

Elle tandis à nouveau le carnet à Irland. Ce mode de communication semblait à présent naturel entre eux ; du moins, ces quelques instants de rencontre avaient suffi à l’Hybride pour s’habituer à voir la tête blonde penchée sur ses lignes. Elle espérait qu’il en était de même pour le jeune homme, sans doute moins familier qu’elle avec la mutité. Il paraissait, en tout cas, prendre son parti de ces allers-retours.

L’adolescente se laissa tomber dans l’herbe. Ses boucles rousses se parsèmeraient de paillettes vertes, mais tant pis. Tant pis également pour la veste gris clair qui finirait à la machine –le jean foncé, lui, ne craignait rien. De la main gauche, elle s’amusa à entortiller des brins d’herbes autour de ses doigts, à les arracher, certains se coinçant au passage sous le fil bleu de son bracelet. Le coin de ses prunelles foncées observait toujours le merle jouant avec la flûte. Elle resta ainsi, attendant que l’Elfe à sa droite ait fini de lire.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Sam 19 Mar - 16:54

A peine lui avait-il répondu que la jeune Hybride se remit à écrire. Il regardait sa mai parcourir habilement le papier d'un geste assuré. Irland ne savait pas trop comment elle faisait. Quand il pensait, ses jets de réflexion allaient bien plus vite et ses lèvres peinaient à le suivre. Alors pour elle... Irland décida de ne pas se torturer l'esprit avec cette réflexion. Elle vivait avec, elle était sans doute ainsi depuis toujours – le supposait-il, du moins. Sans doute ne s'était-elle pas posé la question. C'est en regardant une personne différente de sa propre norme intérieure qu'on en vient à s'interroger. Pour elle, la norme était sans doute d'entendre les autres parler...
Qu'importe la différence quand elle vous convient. Et chez elle sa différence accompagnait son pouvoir. Il trouvait ça beau.

Elle lui tendit à nouveau le carnet. Cette discussion sans paroles, avec moitié moins de paroles plutôt puisqu'il lui répondait à voix haute, avait quelque chose d'apaisant. Comme si la nature, avec le bruissement des feuilles et les quelques pépiements des oiseaux, prenait également part à leur conversation.

Les mots défilèrent sous ses yeux. Il se rapprocha un peu d'elle, puisque s'étant allongé, sa tête s'était éloignée de lui. Il prit quelques instants pour rassembler ses idées, et déposa son carnet près d'une de ses mains, pour finir par lui répondre d'une voix claire :

- Il est plaisant de voir que certaines personnes gardent toujours contact avec la nature, fit-il avec un hochement de tête approbateur. Enfin les cas en Andore sont moins grave que dans le monde non-magique. Si les oiseaux se sont attachés à toi, c'est qu'ils ont dû réciproquement avoir un intérêt pour toi... Au moins puis-je constater que tu es quelqu'un de calme et de patient, pour avoir su les apprivoiser. Ça m'étonne un peu en revanche que tu n'aies pas pu te transformer à nouveau... J'ai beau bien connaître les oiseaux, je ne m'y connais pas bien côté hybride... J'imagine que vous apprenez à le faire en cours. Dis, quand tu sauras le faire à nouveau... Tu voudras que j'essaie de te parler comme je l'ai fait avec lui ? demanda-t-il en désignant le merle d'un coup de menton. Sans doute pourras-tu comprendre... Et peut-être me répondre. Ce serait l'occasion de me répondre en chantant, conclut-il avec des yeux rieurs.

Avec ses cheveux étendus sur l'herbe, la jeune fille ressemblait davantage à une nymphe qu'à un oiseau. Il avait un peu de mal à l'imaginer se transformer... Mais il supposait sans mal que ce serait quelque chose d'important pour elle. Une sorte de renaissance.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Mar 19 Avr - 18:54

Les derniers mots de l’Elfe dessinèrent un sourire sur le visage pâle de la rousse, qui se ressaisit de son crayon pour lui répondre, le carnet appuyé sur ses jambes repliées.

Tu sais… Je crois que le don d’Hybride est particulier à son propriétaire. Il s’est montré à moi sans que je ne m’y attende pour ensuite disparaitre totalement. D’autres ont commencé par des sens exacerbés, des transformations partielles, un nez, une main, une oreille. Certains sont capables de se transformer selon leur envie, et j’aimerais pouvoir en faire autant. Mais nous nous transformons en animal, et un animal prend du temps à accorder sa confiance. Il faut l’apprivoiser peu à peu, lui apprendre à s’habituer à nous, à ne pas avoir peur. C’est peut-être fou, mais je crois que mon don ne fait qu’être un oiseau. Il me regarde lui tendre la main de loin, avant de se décider à avancer vers moi. Alors je suis patiente. Il n’y a pas de flûte dans ma tête pour le rassurer, comme je le fais avec les oiseaux du parc.
Quant aux cours… Ils nous apprennent à nous transformer ou à maitriser notre don, selon les cas. Mais ce n’est pas une solution non plus, j’avance à petits pas… Cependant quand je saurai me transformer, ça me plairait bien que tu essaies de me parler en sifflant. Ce sera une occasion de voir si un Hybride apprend le langage animal quand il se transforme. :)


La Danoise suspendit son crayon un instant, les yeux illuminés d’une lueur maligne. Une étincelle folle, totalement insensée, venait d’enflammer son esprit : et si Irland devenait son professeur ? Il lui avait montré qu’il savait y faire avec les oiseaux après tout, qu’il lui fallait peu de temps pour les apprivoiser. Et il parlait leur langage, ce qui était un atout considérable. Elle n’hésita pas davantage et lança sa proposition sur le papier.

Sinon, est-ce que tu crois que tu pourrais m’apprendre ? Tu as l’air proche des oiseaux et de la nature, et as également une expérience avec les dons plus longue que la mienne (bien que nos dons soient assez différents). Quant à moi, un avis extérieur m’aiderait, je pense.

La jeune merle tendit ensuite le petit cahier cartonné à son voisin.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Dim 12 Juin - 12:21

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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Ven 1 Juil - 16:04

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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Dim 3 Juil - 16:28

L'Elfe fut impressionné par la tirade écrite de sa jeune amie, sans aucun doute le fruit de nombreuses heures de réflexion face à une nouvelle identité aussi évidente qu'inconnue. Il lui était arrivé pour sa part de s'imaginer arriver dans le monde humain et de devenir « normal » : pas de pouvoir, pas de danger. Il n'y aurait eu qu'à se laisser porter. Mais Irland ne se faisait pas d'illusion ; chaque monde doit bien avoir ses propres difficultés. Chaque personne aussi. En tout cas, ce qui émanait du discours d'Ombe ne devait être que le sommet de l'iceberg. Et il allait lui faire part de ses propres pensées :

- Je vois que tu as déjà dû discuter de cela avec tes professeurs ou tes camarades pour apprendre ce genre de choses, déduit-il. Après tout, on a souvent envie de savoir où se trouve la « norme »... Ce que tu dis sur la confiance animale est sans aucun doute très juste, car ils connaissent mieux que nous la loi, peut-être pas du plus fort, mais en tout cas celle du chasseur et du chassé. La plupart des rapports dans la nature s'établissent ainsi, parfois même au sein d'une seule et même famille, entre plusieurs oisons par exemple. Mais sache que c'est parfois l'inverse qui se produit : l'Hybride peut également redouter son côté animal. Ce n'est pas étonnant, les êtres humanoïdes – vampires, elfes, humains, et j'en passe... - sont habitués à contrôler leur environnement, et il n'est pas toujours facile de lâcher prise face à un instinct a priori basé sur rien et de se sentir serein face à des perceptions plus aiguës qui peuvent paraître menaçantes. La crainte peut également trouver racine dans les antécédents de l'Hybride. Irland anticipa une éventuelle question en reprenant : une des Hybrides du Refuge est un serpent de mer. Or un jour, elle a failli se noyer et a développé une peur envers les lacs, les rivières, d'une manière générale les rives trop profondes. Tu imagines ? Avoir peur de l'eau et être attirée par elle contre sa volonté, pire, en avoir besoin pour se protéger et vivre. La relation de confiance à développer et bien plus dure qu'avec un autre être humain, car l'abandon, la confiance et la communication avec l'autre doivent être naturels et presque totaux... Tu arrives à me suivre ? s'enquit-il.

L'Elfe laissa le silence s'installer quelques instants entre eux, le temps de laisser son interlocutrice assimiler pleinement les mots qu'il venait d'énoncer. Parler de cela devait sans doute être très important pour elle, pour prendre contact avec l'Animal qu'elle était. Il continua alors de lire tranquillement la suite de ce qu'elle lui avait écrit, et s'assura qu'elle était prête à l'entendre de nouveau avant de reprendre.

- Je pense qu'il y a de bonnes chances de croire que tu pourras me comprendre en étant sous ton autre forme, si j'utilise mes sifflements. En revanche, ce qui m'intéressait serait également de savoir si un oiseau Hybride peut toujours saisir le langage humain... Ou s'il doit l'apprendre (quoiqu'il n'y a pas véritable besoin de le faire). Et en quelle langue il pense également.

Irland baissa à nouveau ses yeux sur le cahier et sur les mots qui lui étaient adressés. Les dernières étaient un peu plus bas, mises en évidence par quelques lignes vides entre elles et le reste, et il fut surprit que son œil ne les lut pas en premières. néanmoins, ce qui l'étonna le plus fut le sens de ses paroles, car la demande qu'on lui faisait témoignait d'une certaine confiance, inhabituelle après si peu de temps ensemble. « La magie des oiseaux, le chant des sirènes », se répondit-il simplement, en prenant une expression radieuse. Il comprit mieux alors cette réaction soudaine qu'elle avait eu tout à l'heure, après s'être arrêtée d'écrire pendant quelques instants.

- Je pourrais dire non que la leçon a déjà commencé, je n'ai pas vraiment le choix, dit-il en passant une main sur ses cheveux, un sourire presque gêné. Je ne possède pas la Vérité universelle, ni professeur en aéronautique, ajouta-t-il en s'imaginant donner des conseils à un albatros, mais si tu penses que je peux t'aider, ce sera avec un plaisir, chère élève.

Alors il reprit sa paire de lunettes laissée un peu plus loin, et les posa sur le bout de son nez, mimant un air austère qui contrastait grandement avec la forme étoilée de ses verres pare-soleil. Et il lui redonna le carnet, comme s'il lui rendait un devoir. Et après un sourire, il cessa son petit jeu, car tout le monde sait bien que les meilleurs blagues sont les plus courtes.
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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Sam 9 Juil - 14:34

Inconsciemment, Ombe s’était relevée tandis qu’Irland parlait, comme pour mieux entendre ses paroles. Elle avait croisé ses jambes en tailleur et se tenait légèrement penchée en avant, le dos arrondi, le visage caché par sa chevelure bouclée, les yeux dans le vague. Toute son attention passait par son ouïe et se focalisait sur les mots du blond. Elle n’était plus qu’écoute, un fil tendu vers cette voix dans l’intention de comprendre, ou ne serait-ce que d’effleurer toute l’étendue de son Don. Dans le même temps, elle sondait son esprit – ou son âme - dans l’espoir d’y trouver un écho, une réaction. Mais rien, l’oiseau demeurait inexorablement silencieux. La jeune Danoise ne sentait pas même sa présence ; et pourtant elle savait qu’il était bien là, terré quelque part au fond d’elle-même et apeuré.

L’Elfe lui demanda si elle arrivait à suivre et elle releva la tête pour opiner. Son discours semblait lui ouvrir de nouvelles portes. Il lui permettait d’entrevoir des réalités auxquelles elle n’aurait jamais pensé. L’adolescent avait eu raison de supposer qu’elle avait questionné ses professeurs et ses camarades, et ils lui avaient en effet appris bien des choses ; mais personne avant lui ne lui avait parlé de peur. Un Don lui avait toujours paru simple à accepter. Or, si un humain pouvait refouler ses capacités par peur, pourquoi un animal ne pourrait-il pas fuir son humain ? Il devait être bien dur pour un oiseau de naître avec des bras et des jambes…

Lorsqu’Irland se remit à parler, ce fut sous un regard brun qu’Ombe renonça à cacher de nouveau. Regard qui devint légèrement pensif quand il évoqua le langage des Hybrides – il y avait tant de questions auxquelles elle avait hâte de répondre. Il y eut un second court silence, le temps qu’il lise les dernières lignes et qu’un sourire gêné s’installe sur ses lèvres. Puis les prunelles de la musicienne s’illuminèrent en l’entendant répondre favorablement à sa demande. Elle allait pouvoir apprivoiser son colocataire.

La jeune fille eut un sourire amusé en entendant le « chère élève » qu’il lui octroya, et rit franchement – mais silencieusement – en le voyant jouer au professeur. Il n’était absolument pas crédible avec ses lunettes en forme d’étoiles et sa fausse austérité. Elle récupéra le carnet qu’il lui tendait cérémonieusement et le remercia d’un mouvement de tête tout aussi exagéré. Le manège cessa finalement et la mine de carbone se remit à glisser sur le papier blanc.

Ce n’est pas tant la norme que je cherche, écrivit-elle, mais plutôt l’expérience. Ne pas rentrer dans un moule ne me dérange pas, après tout avoir un Don peut déjà être considéré comme « anormal » et je pense que pas mal de gens prendraient peur en découvrant le Refuge. On est même bien placé pour parler de différences. J’ai posé pas mal de questions aux autres Hybrides oui, mais parce que j’ai envie de me transformer et que je crois que leurs avis ou leurs propres expériences peuvent m’aider à installer cette relation de confiance, comme tu dis. Ce serpent de mer par exemple : je n’aurais jamais pensé que l’on puisse avoir peur de son animal, ce doit être vraiment horrible pour elle. Et bien un Hybride qui n’aurait pas son problème pourrait l’aider à dépasser sa peur de l’eau ou à trouver un compromis avec son côté serpent peut-être… Voilà pourquoi je t’ai demandé à toi de m’apprendre, et non pas à un professeur d’aéronautique ^^.

Pour revenir au langage, je pense que je comprendrais l’humain. Un ami panthère arrivait à me lire même transformé… Par contre, c’est vrai que les pensées doivent être spéciales dans ces moments.


Ombe détacha un instant ses yeux du carnet et tourna le regard vers sa droite. Le petit merle, qui dardait jusqu’à présent des pupilles intriguées sur la paire de lunettes tendue par Irland, sautillait d’un air désemparé dans l’herbe à présent que l’Elfe avait récupéré son bien. Son expression était simple à déchiffrer pour la Danoise, rompue à ce jeu. Mais qu’il y avait-il dans sa tête ?

En fait, être dans la tête d’un oiseau doit être une expérience étrange. Le monde est sans doute perçu de façon totalement différente, conclut-elle avant de tendre le carnet à son camarade.

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MessageSujet: Re: Le chant des sirènes. [Ombe Andersen / Irland Fawn]   Sam 1 Oct - 11:28

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