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 Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]

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MessageSujet: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Sam 29 Aoû - 12:52

Autour de moi, une cour délabrée. Des pierres fracturées gisant sur le sol, violemment empilées les unes sur les autres. Des touffes d'herbe inégales disséminées un peu partout, anarchiquement. Un sol de terre crissante et effritée, légèrement humide, recouvert de petits cailloux. Des morceaux de verre tranchant sur lesquels rebondissent les rayons de soleil. Un lierre sauvage grimpant sur des vestiges de murs. Et la bise qui soufflait dans mes cheveux châtains.

J'inspirai une bouffée d'air. Jamais la nature ne m'avait parue aussi belle.

Ce paysage délaissé, je le savais, n'était là que pour faire fuir les intrus. Je ne devais pas m'y fier. Mais les Directeurs se trompaient en me mettant en garde contre mes premières impressions. J'aimais cette cour, son aspect sauvage et libre. Je l'aimais car elle signifiait que j'étais arrivée à la maison. Les oiseaux ne vivent pas dans des hôtels trois étoiles, mais dans les arbres. Et j'allais enfin pouvoir apprendre à être un oiseau en apparence, et plus uniquement dans mon âme.

La vie me semblait magique en cet instant.

Tant bien que mal, le cœur battant, je m'avançai dans cet espace circulaire. Les roues de ma lourde valise noire buttaient sans cesse contre les cailloux, et je progressai par tressautements, tandis que mes yeux bleus-gris se glissaient dans chacune des crevasses comme s'ils voulaient les apprendre par cœur. Je souhaitais me souvenir de chaque seconde de mes premiers pas au refuge. Juste pour le sens du moment.

Néanmoins, n'ayant jamais été athlétique, mes bras commençaient à m'élancer. J'avais peut-être sous-estimé le poids de mon bagage en refusant que mes parents ne m'accompagnent jusqu'à la porte. Ils m'avaient laissée à l'entrée du chemin, tristes de ne me revoir qu'aux prochaines vacances. N'étant pas totalement adeptes du principe de l'internat, ils ne comprenaient pas vraiment mon insistance à m'inscrire ici, et la séparation n'en avait été que plus difficile. Mais je ne pouvais pas leur révéler le caractère surnaturel du Refuge, alors ils continuaient de penser que j'aimais les oiseaux. Je ferais avec.

Une volée de pas de plus, et je m'arrêtai. Pourquoi n'avaient-ils pas aménagé un sentier autour de la cour ? Les pierres, le lierre et le verre me plaisaient mais ne semblaient pas vouloir que je les traverse. La fatigue pointait doucement le bout de son nez.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Sam 29 Aoû - 14:26



Charlie & Ombe
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Charlie passa le portail, une petite valise dans les mains. Ça y est. Elle quittait le refuge. Pour aller vivre autre part. Avec Shane, son ami d'enfance. Ils s'étaient perdus de vue pendant quelques années, mais s'étaient finalement retrouvés. C'était un coup de chance. Si Charlie croyait en Dieu, elle se serait mise à genoux et l'aurait remercié. À la place, elle s'est contenté de sourire et de hurler le prénom de Shane, avant de courir vers lui pour lui sauter dessus. Le revoir l'avait fait pleurer de joie, elle s'en souvenait comme-ci c'était hier. Pourtant, ça faisait maintenant deux ans que ça c'était produit. Le soleil brillait de nouveau pour elle. Les choses semblaient redevenir comme avant. Le bonheur arrivait, peu à peu.

La lionne devait récupérer ses dernières affaires. Ensuite, elle partirait. Ne reviendrait que pour les cours. Ah, elle avait l'impression d'être majeur avant l'heure ! Et cet endroit où elle avait vécu pendant cinq longues années allait lui manquer. Ne plus voir ses camarades de chambre le matin, ne plus déjeuner dans la salle commune... mais elle ne s'était pas vraiment fait d'amis, donc ce n'était pas une grosse perte. Oh, si elle avait su, elle en aurait profité. Certes, Charlie considérait avoir déjà bien profité du manoir pendant cinq ans, mais cet endroit lui manquerait tout de même. Mais qui sait, peut-être qu'un jour, elle s'y ferait. De toute façon, à moins de devenir un membre du personnel et de dormir dans le dortoir, elle aurait fini par partir. Mais le plus important était que la vie continuait. Elle continuait, et ne s'arrêterait pas avant un bon moment.

C'est en souriant que Charlie se dirigea vers l'entrée. La mission du jour : entrer, récupérer ses affaires et retourner à l'appartement. Simple comme bonjour. À peine quelques secondes plus tard, l'adolescente aperçut une forme. Elle pencha la tête sur son épaule et se dirigea vers la forme en question : c'était une jeune fille, qui devait avoir son âge ou presque, et qui était dotée de magnifiques cheveux châtains. Charlie s'approcha encore un peu, alors que sa valise roulait sur les pierres, et s'arrêta une fois à quelques mètres d'elle.

« Tout va bien ? », demanda t-elle en enfonçant une main dans la poche de son sweater rouge.

Avec le haut, elle avait mit un jogging noir et des Converses bleues. Ses cheveux étaient ondulés et lâchés, tandis que son front était à moitié caché par un bonnet bleu. Elle, frileuse ? Non ! disons juste qu'elle aimait bien ce bonnet. Ses cheveux avaient des racines brunes, mais les pointes étaient blondes. Un dégradé qui lui allait bien, selon elle.


Dernière édition par Charlie D. Fournier le Dim 30 Aoû - 13:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Sam 29 Aoû - 16:43


"Tout va bien ?"

Apostrophée, je tournai la tête. Une adolescente se tenait à quelques mètres de moi, en souriant. A première vue, je lui donnai un peu plus de mon âge - peut-être dix-sept ou dix-huit ans. Elle portait ses cheveux ondulés, dégradés en blond, lâchés sur ses épaules et recouverts d'un bonnet bleu. Ce dernier était plutôt hors-saison mais colorait joliment son visage.
Je trouvai à cette inconnue un air simple, sûrement dû à sa tenue décontractée, qui me la rendit sympathique. De plus, elle était venue me parler alors que rien ne l'y obligeait et même, à en juger par la valise qu'elle tenait dans les mains, qu'elle devait avoir autre chose à faire. Pas une installation comme c'était le cas pour moi cependant, sa valise semblait si légère qu'elle devait être vide.

Finalement, je hochai la tête à sa question, un sourire doux en guise de merci. Tout allait bien, il y avait juste de fortes chances que je finisse la journée avec des courbatures. Cela m'apprendrait à vouloir caser le maximum d'affaires en une seule fois, alors que j'aurais très bien pu faire plusieurs voyages, et les ramener au fur et à mesure de mes besoins.

Par contre, si je pouvais m'en sortir avec ma valise, j'avais plus de doutes pour le bâtiment se dressant au bout de la cour. Le Refuge me paraissait déjà grand de là où j'étais, et il y avait fort à parier que ces murs en cachaient plusieurs autres, ainsi qu'une flopée de couloirs labyrinthiques. Or je n'avais pas envie de déambuler de couloirs en couloirs, encore chargée d'un tel poids.

Aussi, je plongeai la main dans le petit sac brun se balançant sur mon épaule gauche pour en ressortir les deux objets dont je ne me séparais jamais : mon petit carnet mauve et son crayon assorti, que j'avais passé tant de temps à décorer au masking tape.

Je suis nouvelle, traçais-je en lettres rondes. Sais-tu qui je dois aller voir ?

Je tendis ensuite le carnet ouvert à la fille. Depuis le temps que je développais ce moyen de communication, j'avais adopté une écriture parfaitement lisible, semblable à celle des ordinateurs, pour éviter toute confusion à mon interlocuteur. La blonde ne devrait donc pas avoir trop de problème avec ça.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Sam 29 Aoû - 19:43



Charlie & Ombe
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La jeune fille tourna la tête vers Charlie, qui lui fit un petit sourire. Peut-être qu'elle la dérangeait ? Ou peut-être qu'elle avait eut peur ? Charlie espérait que non, ça la rendrait mal à l'aise. Son but premier n'était pas de lui faire peur, mais de lui demander si tout allait bien. Vu sa grosse valise, elle semblait nouvelle. Elle était sûrement perdue, comme beaucoup d'autres personnes. Le sourire de la lionne s'élargit lorsqu'elle pensa aux nombreux nouveaux qu'elle avait guidé. Oui, ce n'était pas facile d'accéder au manoir, ni de se repérer. Mais il fallait juste... avoir l'habitude. À force de marcher et de repérer les lieux, on finissait par connaître cet endroit comme sa propre poche. Le plus dur restait les couloirs, qui se ressemblaient tous. Combien de fois était-elle arrivée en retard à un cours à cause de tous ces couloirs ? Plus d'une dizaine de fois, elle en était sûre et certaine.

En voyant la jeune fille – qu'elle devinait être un Hybride, sûrement grâce à son instinct animal – lui sourire, Charlie avança d'un pas, jusqu'à être devant elle. Ainsi, elle était sûre de l'entendre correctement. Elle remarqua ses yeux bleus, son nez fin, ses sourcils arqués et sa petite bouche rose. De plus, des tâches de rousseur avaient décidées de s'installer sur son nez. Elle était mignonne comme tout. Semblable à un petit chat, ou à ces oiseaux, de toutes les couleurs... les colibris ! Oui, un colibri. Son visage contenait tellement de lumière et de couleurs qu'elle ne pouvait être qu'un colibri. Charlie l'imaginait avec des plumes sur les bras et le visage, en train de montrer sa beauté au monde entier. Cette vision ajouta une nouvelle couche de joie dans son esprit.

La jeune fille sortit un carnet de son sac, alors que Charlie penchait la tête sur le côté en entrouvrant ses lèvres, qui formaient un petit « o ». Avait-elle envie de dessiner ? Non... non, elle écrivait dessus. C'est là que la dure réalité frappa Charlie de plein fouet : son joli colibri ne pouvait plus chanter. Elle ne connaissait pas cette fille, mais Charlie se sentit mal en constatant qu'elle était... différente. Non. Il fallait qu'elle arrête de penser comme ça ; ils étaient tous différents. Elle était juste une jolie fille que la vie avait gâtée d'une autre manière. Oui, voilà. C'était ça. La vie l'avait gâté d'une autre manière.

Alors Charlie commença à lire ce que son joli colibri avait écrit, et un sourire fendit son visage. Elle releva les yeux vers les pupilles bleues de la chanceuse, et hocha la tête.

« Tu dois aller dans le manoir, et une fois là-bas tu vas à l'accueil. C'est comme dans un internat normal ! Mais bon, continua Charlie, tu m'as l'air un peu perdue. Si tu veux, je peux te guider ! Suffit que tu me suives, joli colibri. », finit-elle avec un clin d’œil.


Dernière édition par Charlie D. Fournier le Lun 31 Aoû - 15:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Dim 30 Aoû - 22:02

A mon sourire, l'inconnue répondit par un autre, plus large. Ses pommettes se creusèrent, rehaussant tout son visage d'une légère teinte rose, sa bouche fine s'étira pour dévoiler deux rangées de dents blanches, et toute la figure de la jeune fille se trouva doucement illuminée. Je trouvai que la blonde avait un sourire réellement beau ; cependant pas de la beauté de ces mannequins souriant exagérément aux caméras. C'était quelque chose de plus chaleureux, de plus accueillant, quelque chose d'animal aussi -de félin, avec le côté un peu sauvage que cela impliquait. Et la pensée me vint que ses lèvres, dans un dessin animé, auraient été représentées d'une ligne s'étirant d'une oreille à l'autre.

La fille qui me faisait face depuis quelques instants finit par s'avancer d'un pas en ma direction, ce qui était effectivement plus pratique si un dialogue s'instaurait. Je senti son regard se promener sur mon visage et se glisser dans ses reliefs. Ses prunelles brunes semblaient pleines de jolies pensées et je me demandais ce qui pouvait bien pailleter son esprit pour qu'elle m'observe de la sorte.

Puis je sortis mon carnet et paillettes et sourire retombèrent sur le sol. Un "o" étonné vint se glisser entre son nez droit et son menton arrondi comme que mon crayon lézardait le papier. J'avais tendance à oublier que ma mutité ne se voyait pas au premier coup d’œil, ne se voyait pour ainsi dire pas, d'ailleurs. Il fallait une absence de parole pour que les gens se rendent compte que j'en était incapable, et j'étais toujours désolée des excuses qui s'affichaient sur leurs visages. J'allais bien, sincèrement. J'avais les notes de la flûte et la mélodie des oiseaux ce qui, selon moi, valait bien toutes les voix du monde. Mais heureusement, la fille au bonnet sourit à nouveau en lisant mes lignes, sans que je ne comprenne cependant pourquoi, avant de hocher la tête.

« Tu dois aller dans le manoir, et une fois là-bas tu vas à l'accueil. C'est comme dans un internat normal ! Mais bon, continua-t-elle, tu m'as l'air un peu perdue. Si tu veux, je peux te guider ! Suffit que tu me suives, joli colibri. »


La première partie de sa réponse me rassura. C'était donc assez simple, même si je n'avais toujours aucune idée d'où se trouvait l'accueil. Mais au moins je savais ce que je cherchais. La deuxième partie me trouva vraiment reconnaissante: mon précédent problème s'envolait, et j'aurais incliné la tête de remerciements si la dernière phrase ne m'avait pas prise au dépourvu.

"Joli colibri". C'était la première fois que l'on m'appelait de la sorte, mais j'aimai ce surnom. Sa spontanéité m'arracha un léger rire silencieux, et lui-même me ravie : il effleurait la réalité. Pour autant, je me demandai comment la jeune fille avait deviné que j'étais un oiseau, un peu oiseau chanteur de surcroit. A ce que j'en savais, il existait de multiples possibilités : Elus, Sorciers, Elfes en plus d'Hybrides qui comprenait déjà un nombre considérable d'animaux. Était-ce écrit sur mon front ?

J'aimerais beaucoup, écrivis-je pour répondre à sa proposition. Je suis un merle, mais comment tu as pu deviner que j'étais un oiseau ? Puis, après une petite hésitation, je continuai. Et toi, qu'es-tu ?

Je lui tendis le carnet à nouveau, répondant à son clin d’œil par un regard enjoué.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Lun 31 Aoû - 16:59



Charlie & Ombe
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Voir le joli colibri sourire et lâcher un petit rire muet rendit Charlie plus que joyeuse. Elle était en quelque sorte fière d'elle. Rare étaient les personnes qui la trouvait drôle et pas trop envahissante ; lorsqu'elle voulait accueillir et aider quelqu'un, elle ne le faisait pas à moitié. La jeune fille faisait tout pour mettre la personne à l'aise, mais ça n'arrivait que très rarement, malheureusement. De plus, Charlie n'était pas le genre de fille hyperactive, qui parlait chaussures et chiens toute la journée. Peut-être que si ç'avait été le cas, les gens l'auraient apprécié. Mais non, elle se contentait de poser des questions, de répondre à certaines et d'arborer un grand sourire. Elle ne pouvait pas faire plus, sauf si le nouveau – ou la nouvelle – lui était sympathique. Heureusement pour le joli colibri, elle lui semblait sympathique. Qui sait, peut-être deviendraient-elles amies ?

Charlie lut une nouvelle fois ce qu'avait écrit la jolie châtaine. Comment avait-elle su ? Elle n'en savait rien ! peut-être était-ce son instinct animal. Pour le merle, elle ne s'en serait pas douté, ayant encore un peu de mal à différencier les espèces. Pour certains Hybrides, c'était naturel, mais pas pour elle. La lionne avait encore besoin d'entraînement. La blonde eut une petite moue et se contenta de hausser les épaules, sans vraiment savoir quoi dire. Elle gonfla ses joues et souffla, avant de se gratter le bout du nez en cessant de réfléchir. Elle se torturait les méninges, à chercher une réponse convenable.

« Aucune idée, avoua t-elle avec un petit sourire, qui fit apparaître ce que sa mère appelait des belles rides aux coins de ses joues. Je crois que c'est instinctif. Ce serait comme... reconnaître la voix d'une personne dans une foule immense, si tu vois ce que je veux dire. C'est compliqué. », soupira t-elle en pinçant les lèvres. Comment expliquer ça à une nouvelle, alors qu'en lisant ses propres cours elle avait du mal ? Charlie fit une nouvelle moue en réfléchissant une nouvelle fois. Tant pis, elle dirait ça. « Je vais pas être très claire, mais je sais pas comment expliquer ça. C'est notre côté hybride qui doit faire ça. Reconnaître les gens comme nous. Ce serait comme reconnaître un membre de sa famille, en fait. Et avec de l'expérience, on peut aussi différencier les races. J'ai encore un peu de mal avec ça. », finit-elle en rigolant.

Ce qu'elle était ? Charlie avait peur. Sincèrement. Peur de montrer à son joli colibri – ou merle, quelle importance ? – ce qu'elle était réellement. Un monstre. Elle était peut-être jolie comme ça, en étant humaine, mais le félin en elle la rendait horrible. La jeune fille secoua la tête en souriant, bien qu'un éclat de tristesse se promenait dans son regard. Les gens ne l'acceptaient pas comme elle était. Il fallait qu'elle reste humaine pour ne pas faire fuir les autres. Il fallait qu'elle ferme la cage, et qu'elle jette la clé au fond d'un puits.

« Promets-moi de ne pas t'enfuir en hurlant. », murmura Charlie, consciente que ses paroles étaient maladroites. Malgré tout, si elle était atteinte de mutisme, elle aurait aimé que les autres ne fassent pas attention à ce qu'ils disaient.

La blonde murmura qu'elle était un félin, une lionne qui plus est, et décida de montrer au joli merle son vrai visage. Elle baissa la tête, les yeux de l'oiseau la troublant, et commença à se transformer. Ses yeux virèrent au bleu clair et des crocs apparurent. Charlie releva la tête et un léger grognement lui échappa, alors qu'elle se forçait à sourire. Avec un sourire, tout allait mieux.

Pour mon joli colibri :
 
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Mer 2 Sep - 19:41

Effectivement, je me senti perdue face à ce que la blonde tenta de m'expliquer. A son ton et ses hésitations, je perçus néanmoins quelque chose d'intrinsèque, une sorte de lien profond, une impression de nous connaître. Et je me souvins comme je m'étais sentie proche des oiseaux dès mon enfance, comme si nous étions liés. Aussi, je m'émerveillais en écoutant la jeune fille : une telle capacité, sans parler ni se connaitre, me semblait magnifique. Juste sentir, à l'instinct, pour reprendre ses mots. Une sorte de communication entre Hybride. L'on apprenait donc cela au Refuge ? J'avais hâte de m'y mettre, et je me préparais à noter cette dernière question sur mon carnet quand l'adolescente aurait fini de parler.

A force de pratique, j'avais appris à reconnaître lorsque mes interlocuteurs avaient fini leurs réponses ou non ; et cela me servais bien pour leur répondre à mon tour. Je n'aimais pas écrire alors que quelqu'un me parlait, cela me semblait impoli -comme si je pensais à autre chose qu'à ce qu'ils me disaient- et je ne pouvais pas répondre directement dans un silence. Il me fallait le temps de tracer des lettres, si bien qu'il mettait déjà arrivé d'être surprise par une parole pas encore finie, mais que je pensais comme telle.

Je ne mettais pas trompée. Après un petit temps d'hésitation, durant lequel deux étincelles de tristesse germèrent dans les yeux me faisant face, elle reprit, avec une demande qui me surprit, mais à laquelle je n'eus aucun mal à répondre oui de la tête. D'abord parce que je ne risquais pas de me mettre à hurler, et ensuite parce qu'il n'y avait aucune raison que je parte : un animal était un animal après tout.

Cependant, ce qui je vis m'étonna beaucoup. La jeune fille se transforma juste après m'avoir répondu, ce qui ne pouvait pas être un fruit du hasard. Elle contrôlait donc son don ? Quelle chance, me dis-je, elle avait de pouvoir se transformer à volonté...
Mais la métamorphose elle-même me surprit encore plus. La fille aux sweat rouge ne devint pas totalement lionne... Ses iris passèrent de brun à azur, de petits crocs pointus poussèrent sous ses babines, ses traits se creusèrent, ses yeux s'enfoncèrent.... Mais au lieu de passer à quatre pattes et de se courir de fourrure, elle conserva son corps humain.

C'était donc cela, être Hybride ? J'en étais presque déçue, m'attendant à ce que le changement soit complet, même si cette attente n'était fondée sur rien de solide, à part mon imagination. Je n'avais jamais vu quelqu'un modifier son apparence de la sorte, et c'est pourquoi je n'étais que presque déçue : l'expérience était extraordinaire. Je ne me sentais pas le moins du monde effrayée, le sourire de la jeune fille me prouvant que c'était bien elle.

Alors je lui souris à mon tour, pour la rassurer. Je voyais qu'elle était stressée, mais je ne comptais pas m'éloigner en courant. Je préférai plutôt me ressaisir de mon carnet et d'y tracer toutes les questions qui venaient en la voyant :

Je ne vais pas m'enfuir. Tu es impressionnante. Tu peux vraiment te transformer comme tu veux ? Est-ce qu'on peut se transformer entièrement, pas juste à moitié comme tu l'as fait ? On a des cours pour ça au Refuge ?
Et je n'ai pas très bien compris comment tu avais pu me reconnaitre, mais y a-t-il un cours pour cela aussi ? Je suis désolée ça fait beaucoup de questions...


Puis je lui retendis mon carnet. J'espérais ne pas l'ennuyer avec es interrogations, mais je me sentais si fébrile... Je voulais savoir ce que le Refuge me réservait. Quelles surprises s'y cachaient. Et j'avais hâte, hâte de commencer.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Ven 11 Sep - 13:13



Charlie & Ombe
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Tant de personnes s'étaient enfuies en voyant le vrai visage de Charlie. Elle était une belle fille avec une crinière de lion, pour certaines personnes, une dominante terriblement sexy pour d'autres. Mais ils oubliaient toujours que derrière chaque Hybride se cachait l'animal, et bien que certains soient beaux à regarder, d'autres l'étaient moins. Charlie faisait partie de la deuxième catégorie. Le lion en elle voulait sortir, rugir et arracher le visage de tous ceux qui l'avait rejeté. Son lion était un monstre, qu'elle enfermait dans sa cage. Qu'elle se transforme complètement ou non, il y avait toujours une partie d'elle qui jetait la clé dans un coin, qui combattait la bête. C'était horrible : les autres Hybrides n'avaient pas besoin de se contrôler, même les nouveaux, et elle si. Comment se sentir plus faible et inutile ?

La transformation était toujours un moment douloureux. Plus gros l'on était, plus mal ça faisait. C'était ce que pensait Charlie. Les yeux changeaient parfois de couleur, des crocs apparaissaient et le nez s'élargissait pour être pratiquement relié à ses sourcils. Le plus souvent, la lionne avait une migraine, mais il arrivait parfois que des douleurs articulaires la prenne. Et ces bruits... des grognements. Elle n'avait plus rien d'humain, et elle ne ressemblait pas du tout à un animal, comme ça. Elle ressemblait à un monstre, rien de plus. Pourquoi n'avait-elle pas décidé de se transformer complètement ? De cette manière, Ombe n'aurait pas parue aussi surprise et déçue, et Charlie n'aurait pas honte de sa véritable nature. La raison était extrêmement simple : elle ne souhaitait pas gâcher un jean et un sweater. Un lion était plutôt gros et imposant, il ne rentrerait jamais dans les vêtements d'une jeune fille de dix-sept ans... alors autant garder ses habits et ne pas se retrouver entièrement nue.

Ignorant les griffes qui remplaçaient désormais ses ongles, Charlie se gratta distraitement le sourcil en lisant ce que le joli colibri avait écrit. Elle, impressionnante ? Ses joues prirent une jolie teinte rose. Personne ne lui avait jamais dit ça. C'était nouveau. À la première question, elle hocha la tête en faisant une petite moue, avant de sourire en continuant de lire ce qu'avait écrit la jeune fille en face d'elle. Charlie entrouvrit les lèvres en réfléchissant, avant de lever son index pour faire signe à Ombe de patienter une minute. Autant redevenir humaine. Il lui fallut plusieurs secondes pour faire ça, et elle fit une grimace en relisant les questions.

« Tout d'abord, merci ! Ensuite, oui, je peux me transformer complètement, à moitié, à... un quart, un tiers, je sais pas comment dire... », avoua t-elle avec un petit sourire gêné. À un tiers, sérieusement ? « Oui, on a des cours pour ça, c'est là que j'ai appris. C'est des cours d'hybridisme. Je sais pas non plus comment j'ai fait... je crois pas qu'il y ait de cours, mais ça viendra avec le temps ! C'est l'instinct animal qui fait ça, je crois... Et t'inquiètes pas pour les questions, ça me fait plaisir de t'aider ! Autre chose, joli colibri ? », finit-elle avec une voix mielleuse.

Elle ne la considérait pas encore comme une amie, mais ça ne devrait tarder. Une amie ne ferait pas de mal au manoir, une fille à qui parler en cas de problèmes, ou avec qui elle pourrait faire des conneries ! Charlie serait heureuse, de cette façon. Mais il fallait qu'elle se concentre sur le joli volatile, qui avait peut-être d'autres questions. Pour le reste, elle verrait plus tard.


Dernière édition par Charlie D. Fournier le Lun 5 Oct - 7:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Dim 20 Sep - 21:39

La main de la jeune fille se referma sur mon carnet, le tableau ainsi créé me prenant par surprise. Sa main n'était en effet plus réellement humaine. Elle ne ressemblait pas vraiment à une patte mais, à l'image du corps entier, pouvait être considérée comme animale. La paume avait rétréci, les doigts s'étaient raccourcis et arrondis. Les ongles, recourbés et aiguisés, rappelaient sans difficulté les griffes des félins, même s'ils demeuraient encore trop larges pour y ressembler tout à fait. J'eus ainsi l'impression, sans pouvoir encore voir le lion, qu'un félin se saisissait de mon petit cahier ; sensation des plus étonnantes même en connaissant les éléments dont je disposais, puisque les animaux ne font pas ce genre de choses. L'idée d'Hybrides, et plus généralement d’Élus, m'était encore trop peu familière.

Puis l'adolescente se pencha sur mes lignes. Son visage réagissait au fur et à mesure qu'elle lisait, ce qui fut à nouveau pour moi une source d'étonnement. Une lionne se grattait le sourcil. Rougissait. Souriait. Le corps avait beau être à moitié animal, ses expressions avaient tout d'humain. Même les meilleurs films de fantastique que j'avais pu regarder n'étaient pas si réaliste, et pour cause : la blonde était bien réelle. Je ne cessais d'être étonnée et émerveillée à son contact, mais espérai que cela ne se voyait pas trop : il n'était pas agréable de se sentir dévisagée.

Finalement, elle redevint humaine après un signe de l'index et répondit à mes multiples questions. Tandis qu'elle parlait, je tirai sur les manches longues de mon pull bordeaux pour enfouir mes mains dedans. Cette vieille habitude, qui déformait inévitablement les manches de mes hauts, se manifestait au moindre coup d'émotion. Là, c'était la hâte qui me poussait à tirer sur le tissu comme, j'en étais quasiment certaine, elle devait faire pétiller mes prunelles.

J'écoutai attentivement les explications de la lionne et hochai la tête à sa dernière phrase. Il me restait une dernière chose à dire, ou plutôt à écrire, qui me semblait essentielle après toute l'aide que m'avait apporté cette blonde inconnue. Une chose qui la ferait tout à fait se dresser au rang de première rencontre au Refuge : son prénom. Cela faisait un moment que nous étions toutes deux dans la cour du manoir, mais elle ne connaissait toujours pas le mien, pas plus que je ne savais le sien. Aussi, je récupérai mon carnet d'entre ses mains redevenues humaines, et y traçai encore quelques mots.

Ombe.
Et toi ?


C'était assez minimaliste comme présentation, je n'avais même pas fait de phrase complète, mais j'espérais que cela suffirait. De cette façon, la jeune fille pourrait me désigner autrement que par "joli colibri", surnom que j'aimais mais qui ne me correspondait pas tellement puisque j'étais un merle -et il n'était pas dit qu'un merle était joli. De mon côté, elle ne serait plus la lionne au bonnet bleu. Et puis la jeune fille m'étais sympathique, l'idée que nous devenions amies ne me paraissait pas du tout impossible.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Mer 4 Nov - 13:12

Sujet fermé pour inactivité. Veuillez contacter un membre du Staff pour le rouvrir. 




Namu. 

♥♦♣ Le Refuge. Pouit nous accompagne. ♥♦♣
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Lun 22 Fév - 8:19

Topic rouvert sur demande.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Lun 22 Fév - 13:10



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Elle voyait bien que le joli colibri – qui était un merle – la fixait. Mais elle préférait l'ignorer. Ce n'était pas quelque chose de gênant, elle aurait sûrement réagi pareil à sa place. Charlie aussi était parfois impressionné par les autres Hybrides. Aucun doute que l'oiseau en face d'elle l'était. Mais la blonde savait que, lorsque la jeune fille en face d'elle se transformerait en merle, elle serait aussi impressionnée qu'elle. La lionne, après avoir lu ce que la châtaine avait écrit sur son carnet, leva l'index pour lui faire signe de patienter. Elle se voyait mal continuer ses explications à moitié transformée. Ça demandait de la concentration, et Charlie se voyait mal se transformer en véritable lionne sous les yeux ébahis du joli colibri. C'était comme un effort mental de se transformer à moitié. Comme si elle devait enfermer une partie d'elle dans une cage, pour ne pas être totalement libre. Elle était entre deux corps, si elle pouvait dire. C'était complexe, très complexe. Mais elle se contenta de redevenir humaine, et de répondre aux questions de la petite nouvelle – nouvelle très charmante.

Charlie la voyait tirer sur les manches de son pull. Elle voyait ses yeux dilatés par l'excitation. Ça la fit sourire, un sourire très grand, qui montrait ses gencives. Elle était adorable, vraiment. Avec son visage, qui lui donnait envie de tirer sur ses joues. Elle l'écoutait parler, comme un enfant qui écoute un grand-père. Ça la vieillissait un peu de se comparer à un papi, mais c'était tout de même flatteur. L'oiseau buvait ses paroles. Elle hochait la tête. Charlie se retint de lui ébouriffer les cheveux. Une vieille habitude qu'elle avait prise avec Shane, quand elle voulait l'embêter. Chose qu'elle faisait constamment.
Joli colibri récupéra son carnet et écrit quelque chose. Charlie patienta gentiment, et lut ce qu'elle avait écrit quand elle lui tendit l'objet. Ombe. C'était donc son nom. Ombe. C'était beau. Doux sur le bout de la langue. La blonde sourit doucement en relevant les yeux vers Ombe. Elle ? Elle n'avait aucune raison de ne pas lui répondre. Même si son nom semblait moins beau que celui de joli colibri. Ou joli merle ? Elle préférait colibri.

« Charlotte. Mais tu peux m'appeler Charlie, rajouta-t-elle avec un sourire. Donc, Ombe, mon joli colibri, accepterais-tu mon aide ? Pour te montrer l'accueil, les dortoirs, tout ça. »

Elle posa sa main sur le bagage d'Ombe, bien qu'elle est elle aussi une valise – aussi légère qu'une valise... vide. Charlie pressa ses doigts sur ceux de l'oiseau, et lui sourit doucement, comme pour lui demander silencieusement si elle pouvait l'aider. Elle ne pensait pas que sa cousine Hybride était une incapable, ou une assistée : elle avait juste envie de l'aider, parce que ça lui faisait plaisir.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Mar 23 Fév - 21:19

Elle m’offrit un sourire, un autre de ces sourires de dessin animé, grand, gigantesque, qui dévoilait deux larges rangées de dents et même sa gencive. Un sourire du chat de Cheshire, sans le mystère que Lewis Carroll mettait derrière. Mais je n’étais pas Alice, je ne pris pas peur, n’essayai pas de fuir. La lionne m’avait souri bon nombre de fois depuis le début de cette conversation –de cette rencontre. J’avais compris que c’était juste sa façon d’être, souriante, avenante, accueillante. Si elle ne m’avait paru aussi grande et mature, je l’aurais trouvée trop mignonne.

Elle finit par lire mes mots et me répondre. Charlie donc. Ça lui allait bien. C’était simple et cool, un peu comme le style que lui donnaient son sweat et son bonnet. Je lui souris en retour, et opinai de la tête à sa proposition. Pas seulement parce que j’allais me perdre à coup sûr si je m’y rendais seule, mais aussi parce que sa compagnie m’était sympathique.

J’allais lui écrire que j’acceptai avec plaisir qu’elle m’accompagne, quand la jeune fille posa sa main sur ma valise et pressa légèrement mes doigts. Cela me surprit. Non pas qu’elle envisage de tirer ma valise, mais qu’elle me le demande de cette façon. Sans utiliser sa voix, alors qu’elle en avait une. Alors qu’elle aurait très bien pu parler. C’était assez inhabituel comme comportement, mais la brune ne m’en plut que davantage.

A sa question silencieuse, je répondis donc tout aussi silencieusement en renfermant mes doigts autour de la poignée tout en souriant pour la remercier. Je réajustai derrière mon oreille une mèche bouclée qui me tombait devant les yeux, puis repris mon crayon.

J’accepte de te suivre avec grand plaisir, ça a l’air énorme ici ! Mais ça ira pour la valise, mes bras tiennent le coup. Merci beaucoup pour ton aide.
Au passage, on t’a déjà que tu ressemblais au chat de Cheshire ? Enfin ton sourire lui ressemble…


Je tendis la feuille à Charlie. Je n’avais pu résister à ajouter la dernière ligne, même si elle n’avait rien à voir avec la conversation. Cette comparaison me trottait trop en tête, elle semblait en offrir tant, des sourires…
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   Sam 2 Avr - 12:28

Sujet clôturé pour inactivité. Merci de contacter un membre du staff si vous souhaitez le rouvrir.
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MessageSujet: Re: Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]   

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Un sourire est le début d'une amitié [Charlie - Ombe]
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