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 Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]

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MessageSujet: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Dim 28 Juin - 15:59

Bien que les heures diurnes mourraient peu à peu, les heures noires refusaient d’émerger de l'horizon. Celui ci demeurait d'un azur immaculé … Il ne se noircissait pas encore, ne se consumait des rayons flamboyants d'un crépuscule dont je me languissais. Il demeurait éclatant, parsemé de nuages aux délicates volutes et aux bordures décharnées, ainsi que les reliquats du blanchissement de l'aube, inhumée depuis de longues heures dans ces catacombes célestes.  Ils m'évoquaient des pétales d'aubépines trempés dans les eaux lisses d'un lac de saphir, voués à je ne sais quel mystérieuse décoction … J'aurais aimé ouvrir les veines des anges plongés dans l'ennui et la lassitude, ne rêvant qu'aux beautés chthoniennes. J'aurais voulu que leur sang noir se confonde aux eaux du ciel, et le pâme de cette nuit dont j'étais avide … Les précipiter ainsi du haut de leur plénitude pour l'Enfer qu'ils admiraient, envieux de ses arômes,  et leur offrir les supplices dont leur peau satinée était privée. Une adorable douleur dont leur épiderme frémissant jouirait longuement.
Je passais délicatement ma langue sur le pale et fin ourlet de mes lèvres. Je me délectais des images s'ébattant ainsi sous mon crane, enfermant mes pensées dans une cage de peau blafarde et de lourde chevelure blonde. Lorsque je me mirais dans la glace, mes mèches m’évoquaient les rayons de miel de l'astre flamboyant nimbant le monde diurne, m'incommodant au plus haut point et que je ne regardais qu'avec répugnance.

Laissant là les angéliques souffrances et les fades heures du jour, je me détachais doucement du mur sur lequel je me reposais, les bras croisés sur la poitrine. Il était bientôt dix sept heures, et je devais donner mon premier cours aux quelques vampires pouvant hanter ce manoir. Un unique livre sous le bras, je me mettais en marche. Mon pas feutré ne résonnait qu'à peine sous la voûte du couloir. Ou du moins m’imaginais-je une voûte. Un gracieux arc supportant le poids du marbre séculaire, ainsi qu'un martyr condamné à supporter le poids de sa propre souffrance, lacérant sa peau marbrée. Je m'imaginais errer dans une galerie de pierre, encerclant une cour plongée dans la pénombre. Je songeais que si je détournais le visage, je contemplerais la végétation au travers de la lumière évanescente s’échappant d'un vitrail monumental. Et que de l'autre coté, les splendides peintures des artistes illustrant les œuvres de Blake ou de Milton se donneraient à mes regards. J'imaginais tout les tourments qu'exprimeraient les visages peints, figés dans un cri qui jamais ne s'évanouirait, dont seuls les spectateurs étaient à même de goûter leur détresse. Ces songes ornaient à merveille les paroles d'Amaranth que le groupe Nightwish susurrait doucement dans mes écouteurs. Les oniriques rayons lunaires que je pensais contempler donnaient corps à la dolente pluie de larmes, blanche comme la neige, que la chanteuse me décrivait d'une voix désespérée, aux tonalités sombres et dramatiques. Mais lorsque le morceau changea, mon songe s'écroula tel un décor. Un vulgaire décor. Tel une fragile et arachnéenne architecture, il s’effondra sur lui même aux dernières et harmonieuses notes de la mélodie. La voix profonde du chanteur de Paradise Lost, me hurlant Never for the Damned lui succéda, comme le couloir et la porte de la salle de classe succédèrent à mon songe, ainsi que le changement de décor que suggère le passage d'un acte à l'autre. Un cillement indifférent de ma part fut la tombée puis le lever de rideau. Mes paupières voilèrent mon regard comme le lourd velours dissimulerait un scène. J'arrachais les écouteurs de mes oreilles, m'imposant le silence qui précédait la sortie de cours des élèves et le doux brouhaha regorgeant de vie qu'ils provoqueraient en se rendant au sein de leur prochaine salle. Je glissais le Mp3 dans la poche intérieure de ma veste en cuir, dont les manches étaient lacérées avec soin. Mon arrivée dans cette époque qui m'était étrangère m'avait donné goût à un style vestimentaire différent légèrement de mes habitudes aristocratiques. Un slim noir en cuir lui aussi recouvrait mes jambes. Néanmoins, je portais sous ma veste une chemise de velours noir de style XIXe, dont le col était recouvert par un lourd ruché orné d'un cristal Swarovski, aux verts reflets d'une flasque d'absinthe. Délectable spiritueux … J'ouvrais la porte face à moi, qui ne grinça pas.

Je posais négligemment mon livre sur le bureau de verre. Sur la couverture, en gracieuses lettres gothiques et  stylisées, s'étendait le titre éponyme du morceau écouté à mon entrée dans la pièce. « Never for the Damned », dont l'auteur s'était perdu dans les siècles. Un sourire cruel fendit le pli sensuel de mes lèvres. Ils ne savaient pas à quel point … Les damnés que nous étions méritaient tout. Nous étions aussi avides des beautés défuntes du jour et de la nuit que du vin tiré des vignes vénales s'étirant sous la peau parfumée des mortels. Notre malédiction était un don. Et c'est cela que je comptais leur enseigner. Je comptais leur apprendre à jouir de l'éternité, de la douleur, à trouver plaisir dans la damnation. Que notre sentiment intérieur de mort et de putréfaction était la plus belle parure de l'âme. Ma pédagogie serait sans doute controversée, mais peu importe. C’était par l'acceptation de ce que nous sommes que nous apprenions à nous maîtriser et à nous délecter pleinement de nos facultés. Parfois à nos dépends.

Je posais ma veste sur le bureau, près de l'unique livre l'ornant tel une tombe éphémère. Un savoir défunt y reposait … Une tombe délaissée que nul ne venait à présent fleurir. Mais je comptais faire de leurs regards autant de bouquets de chrysanthèmes s’épanouissant sur le marbre blanchâtre. D'un pas léger et gracieux, je me dirigeais vers le mur du fond pour m'y adosser, ainsi à mon aise pour observer l'arrivée des élèves. J'étais curieux de savoir quel genre de vampires ils étaient … Ou croyaient être. Ce sourire cruel ne m'avait pas quitté tandis que je dénouais mes cheveux, les laissant retomber entre mes omoplates.

Le son signifiant la fin des cours précédant retentit pour moi comme la douce mélopée du glas.  
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Mer 1 Juil - 20:51

Edith avait horreur des cours. Trop de bruit, trop de monde. Et puis, il y avait ces personnes joyeuses et souriantes. Elle les détestait. Elle avait horreur de cette joie communicatif. Elle aimait son monde à elle, composé de son violon et de son silence.
Pour l'instant, la seule personne a l'avoir vu sourire était SungKyu, un élu qui partait du Refuge. Elle avait aimé discuter avec lui, malgré sa question qui l'avait dérangée elle. Il y avait bien Julie aussi mais c'était différent. Elles ne parlent que peu, préférant se regarder. Et surtout, les bonnes manières n'étaient pas coutumes quand elles se croisaient. Mais la jeune vampire aimait être comme ça.
Malheureusement, il fallait bien qu'elle aille en cours si elle ne voulait pas redoubler indéfiniment. Mais décidément, elle n'aimait pas ça.

Elle prit tout son temps pour se rendre à sa salle. Cela n'empêcha pas qu'elle soit la première élève à arriver. Elle jeta un coup d'œil circulaire a la salle. Le professeur se tenait à l'arrière de la salle, adossé au mur. Elle lui lança un "Bonjour" rapide. Elle le trouvait étrange avec ses cheveux longs mais ne rajouta rien. Elle se dirigea vers le fond de la salle, côté fenêtre et posa son étui de violon à côté de sa table. Elle comptait trouver un endroit calme après cette heure-ci pour en jouer, pour renouer avec la bête.

Elle replaça une de ses mèches blondes derrière son oreille d'un geste négligé et rajusta son chemisier. Elle n'aimait pas être habillée comme tout le monde. Elle n'aimait pas ces vêtements actuels tous fait de matières synthétiques et taillés de manières qu'ils n'étaient pas confortables a porter. Bien sur, elle en avait dans sa commode mais juste quand elle voulait sortir du Refuge.
Elle sortit de son sac un carnet et un crayon. Elle n'avait pas besoin de plus pour prendre des notes.
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Jeu 2 Juil - 5:11

Le couloir qui menait à ma salle de classe se trouvait à être étrangement vide. Nous ne sommes peut-être pas l’espèce qui évolue le plus entre ses murs, mais j’étais en train de me demander si le cours avait véritablement lieu maintenant. Il m’avait fallu d’une grande pousser pour venir cours, alors si en plus de cela il n’y en avait pas… Je connaissais très peu les autres vampires du manoir, alors pour moi ce cours était plus un moyen de découvrir les autres individus de mon espèce. Prendre part à la classe n’était pas vraiment mon intention. Il y avait bien un vampire répondant au nom d’Anathème dont j’ai fait la connaissance, mais mon répertoire s’arrêtait là. Un étrange garçon sombre et mystérieux sont les mots qui me viennent à l’esprit pour associer ce vampire. C’était une personne intéressante, mais j’espérais avoir l’occasion de rencontrer d’autre congénère qui diffère de cette part sombre réputé de notre espèce.

Les pans de ma courte robe verte lime voletait à chacun de mes pas tandis que j’approchais en direction l’unique porte ouverte de ce couloir. Aucun son, aucune parole ni même bruissement de chaise ou de bureau ne me parvenaient aux oreilles. C’était très silencieux… Je dirais même trop. Pourtant, une fois le chemin entre la classe et moi parcouru, il y avait bel et bien des âmes errantes dans la pièce. Enfin, il en avait seulement deux. Une jeune fille assise au fond de la classe et un homme adossé au mur du fond. La jeune fille semblait plus jeune que moi, mais il était bien possible que ça ne soit pas le cas. Un étui reposait à ses pieds, alors je supposai rapidement avoir droit à une musicienne. Quant à l’homme, son style vestimentaire semblait être resté figé au 19ei siècle. Si je me fie à cela, il doit donc avoir plus de 200 ans. Parfois je me demande si notre jeunesse éternelle est une si bonne chose. Cet homme, remplit d’années de connaissance accumulées au cours de ses deux siècles d’existence ne pouvait être nul autre que notre professeur.

Après cette rapide analyse je pénétrai dans la classe, mon habituel sourire amusé accroché aux lèvres.

« Eh bien, c’est la fête ici ! » Ne puis-je m’empêcher de m’exclamer.

Suite à cette entrée, je pris place sur l’un des bureaux ornant les côtés de la pièce. Je spécifie « sur » puisque je m’assis sur le dessus du bureau en attendant l’arrivée des prochains élèves. Pour me reprendre de mon entré bruyante, je repris la parole enfin de saluer convenable la fille et l’homme.

« Enfin, bonjour à vous deux. »

Puis laissai retomber doucement mon sac sur le sol.
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Dim 5 Juil - 12:07

olala....mon sport avait pris un peu trop de temps, oui je voulais parfaire mon saut mais sans utiliser mes capacités de vampiresse. Je me dirigeai en courant vers ma chambre pour me changer, je n'allais pas aller en cours en jogging et tee-shirt court. Une fois changée, je pris mon sac et y déposa des feuilles blanches, ma trousse et un cahier, si il fallait plus le professeur nous le dira. Je longeai le long couloir en cherchant dans quelle salle le cours aller être.

Je marchais rapidement mais plongé dans mes pensées : ça aller être la première fois que je rencontrais des personnes d'ici et des vampires. J'aimais être seule ou seulement entourée de mes amis d'enfance.

Une fois arrivé devant la porte, je toquai doucement puis entrai en m'excusant :

- Bonjour et pardonnez moi du re...tard

je n'avais pas fini ma phrase de suite car mes yeux d'argent me firent découvrir que nous n'étions que deux élèves et que je n'étais pas si en retard que ça, je regardai le professeur adossé contre le mur. Qu'allez t'il nous apprendre et j'espère qu'il n'y aura pas trop de sang, j'ai peur de ne pas pouvoir me contrôler. Je me dirigeai vers un bureau vers la fenêtre je me mis entre le milieu et le fond. Après avoir sortit un stylo, un crayon, mon cahier et des feuilles je posai mon sac au sol et commençai à dessiner en rêvassant déjà pour attendre les autres élèves.
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Lun 10 Aoû - 21:58

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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Dim 25 Oct - 13:55

Sujet rouvert sur demande.
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Dim 25 Oct - 19:12

Le bruissement des feuilles sous mes pas n'avait d'égal qu'au froissement des pages se tournant les unes après les autres sous mes doigts pales. Aussi blanchâtres qu'une page vierge, ils me semblaient eux aussi être des feuilles défuntes. Des spectres arborescents se mouvant au gré d'une volonté asservie à l'amertume et à mes mélopées intérieures … A ces recueillements mélodieux, doux et tristes, lors desquels je m'abandonnais à la littérature ou à la musique. Comme ces arts pouvaient être semblables … Tandis que l'un enfantait une réalité limpide et disgracieuse, l'autre engendrait un harmonieux chaos dont les volutes nous pénétraient, nous faisaient frémir. Je levais parfois les yeux, délaissant les mots qui bientôt s'endormiraient à l'ombre de la couverture, et embrassais du regard les jardins intérieurs. Je les traversais de cette démarche indolente et alangui qu'est la mienne, interrompant parfois ma lecture pour apercevoir où me menait mes pas. Rien ne me différenciait des feuilles inhumées dans la terre humide que je foulais sans le moindre remord : un ange sylvestre ayant chut d'un arbre dénudé par la mort, auquel il était promis des ailes mais qui ne connu que l'ivresse de la chute et le désespoir du renoncement. J'humais avec ravissement les arômes de l'automne s'épanouissant peu à peu, éclosant dans les cendres fanées léguées par la chaleur estivale. La décadence qu'exhalait les mots auxquels je m'abandonnais m’apparaissait d'autant plus capiteuse, alors que les obscènes parfums de cette agonie saisonnière m’enivraient. Chaque terme semblait une flétrissure, une plaie suppurante ornant avec faste le cadavre suranné et diaphane de la littérature. L’œuvre, écrite l'année de ma naissance, en 1880, semblait signifier le testament des Lettres, s'éteignant avec le XIXe siècle. Sa renaissance, avec les années mille neuf-cent, était insipide et dépourvue de charme. Presque insalubre pour les sens d'un esthète. Quand à la littérature de ce siècle, je n'aurais daigné m'exprimer à son propos sans encourir le risque de verser dans le pamphlet et l'opprobre. Un soupire glissa sur mes lèvres, tandis que je me replongeais dans la lecture du roman d'Huysmans dénommé A Rebours. L'ennui de Des Esseintes, sa déchéance, son amertume me semblait être miens. Nuancée par les pensées kierkegaardiennes,l’œuvre possédait le charme d'un silence sempiternel dont l’éloquence saisirait chacun d'effroi et d'admiration devant tant de sentences obséquieuses et pertinentes.
Intérieurement, je savourais cette heure libre qui m'était accordé avant le dernier cours de la journée. Un roman à la main, je m'isolais à l'ombre d'un saule pleureur pour me délecter des larmes d'encre versées par les auteurs. Hélas, déjà, l'heure s'achevait. Le manoir résonnait bientôt de la mélodie annonçant la fin des cours précédents, cacophonie mêlant grincements de chaises et de portes, paroles indistinctes se confondant dans le tumulte des visages enjoués ou esseulés des élèves. Je refermais doucement la couverture de l'ouvrage : je ne pensais qu'il était si tard. Je glissais une main dans les pans de mon long manteau de velours noir, tirant de l’étoffe enténébrée ma montre à gousset ; si je ne m’éternisais pas, il me serait possible d'arriver à l'heure. Tandis que l'art obscur de Huysmans se trouvait occulté dans la pénombre endormie de l'ouvrage, je me fondais dans celle, inconstante, des couloirs du manoir.

La rentrée avait eu lieu il y a quelques jours à présent. Ce qui semblait pour de nombreux élèves les funérailles de leur liberté, les cours défilant comme autant de longs corbillards dans leurs âmes, m’apparaissait seulement comme la veillé funèbre de mon ennui. J'aimais apprendre de nouvelles choses, enrichir mes pensées, apporter de nouvelles notes à la partition de mes connaissances. L'éternité était longue, et la sonate de la mélancolie la rendait parfois trop douceâtre. La symphonie du savoir était à la fois distrayante et divertissante. Tandis que j'arpentais les couloirs, je replaçais mon roman dans la sacoche que je portais en bandoulière, d'un noir d'encre, et songeais au cours auquel je me rendais. Alors que des élèves me frôlaient, que d'autres m'évitaient ostensiblement, des réminiscences de l'an passé me revinrent. Notre professeur de l'an dernier, monsieur Granger, n'avait que peu officié. Ces cours ne me satisfaisait guère : ils m’apparaissaient trop superficiels, trop rigides. J’espérais intimement que le professeur de cette année soit davantage à ma convenance.
Les élèves se raréfiaient à l'approche de ma salle de cours : les vampires étaient au Refuge bien moins nombreux, et certains élèves les craignaient trop pour s'approcher de leur salle de classe. Cette absence de nuisances sonores était des plus agréables : le délicat murmure du silence était pour moi le plus somptueux, succédant à celui du piano. Il m’apparaissait tel le soupire de l’âme, la muette confidence de la nuit éplorée, le râle d'agonie du jour défunt. J'écoutais avec ravissement ce violoniste fantomatique, ayant fait de ce couloir son opéra, de mon âme pervertie l'orchestre l'accompagnant. Dans mes pensées s'éleva le chœur des plaisirs éphémères, l'Eden corrompu promit par les paradis artificiels. J'inspirais profondément l'algide air flottant dans le couloir tel une nappe de brouillard glacial et indiscernable. Mon sang froid retrouvé, je m’efforçais de me départir de ces morbides tentations, de ces méphitiques pensées : d’être autre que le calice recueillant le sang mon lymphatique désespoir.
Les échos de mes pas me semblèrent se poursuivre longtemps après que j'eus cessé de marcher, m’étant arrêté devant la porte de la salle de classe, demeurée ouverte. Un nouveau regard à l'égard de ma montre m'appris que j'étais précisément à l'heure, honorant ainsi le flegme et la calme assiduité qui était la mienne. Cela s'était néanmoins avéré de justesse. Je pénétrais la salle, avec une légère appréhension ; celle ci se manifesta tandis que je lissais le pan de mon manteau, éternelle habitude inconsciente étant mienne.

D'un regard, j'embrassais la salle. Un premier saisissement m'étreignît lorsqu'il m'apparut que j'étais le seul élève ayant été présent l'année dernière. Aucun d'eux ne s'était présenté aujourd'hui, ou bien peut être avaient ils d'ores et déjà quitté le manoir. Leur sort me laissait indifférent … Je me sentais tel un fantôme émergeant du passé, dévoué à consigner le présent dans un journal intime, témoin blafard du temps ruisselant. Nous n'étions que quatre élèves : assise nonchalamment sur un bureau, je reconnu Iseul, que j'avais rencontrée dans les vapeurs de l'alcool et du jeu ; une vampire aux cheveux noirs dont je n'avais connaissance même du nom, dessinant ; et enfin, une autre jeune vampire aux longs cheveux blond, pareils aux ailes d'un Eurema Hacabe. Elle me semblait au premier regard aussi élégante et fragile que ce papillon; je remarquais également l'étui à violon disposé à coté d'elle. Musicienne … Peut être nous serions nous entendus.
Le second saisissement m'enserra et m'emprisonna plus qu'il ne m’étreignît. Une vague sentiment de dégoût et d'horreur s'empara de moi lorsque, m’apprêtant à saluer les vampires présents, mes yeux se posèrent sur notre professeur. Plus qu'un vampire, il s'agissait d'un véritable cauchemar. La contemplation de ses yeux gris orage, du cruel sourire qui illumina son visage à mon entrée, me pétrifia. J'y revis toute l'horreur du meurtre de mes parents, l'incendie, la poussière et les cendres … Cendre. Le frère de celle m'ayant recueilli après l'hécatombe qui fut celle de ma lignée. Eux dont la famille avait décimé le clan Vyrad, n'en préservant que l'héritier dans un acte de bonté qui ne fut approuvé de tous. Cendre en était le chef de file: j'éprouvais face à lui une terreur innommable, ineffable, pareille a celle que je ressentais à la vue du feu. Cette angoisse suffisait à faire taire toute rancœur, toute animosité envers ce vampire n'estimant que la pureté du sang et sa noblesse ; envers cet être dont la haine consuma ma famille car ma mère eut le malheur de naître anglaise et d'épouser mon père, un vampire.
Mes yeux se voilèrent, ma mâchoire se serra : j'éprouvais un violent désir de m'enfuir, de me calfeutrer dans l'ombre, loin de cette pièce m’apparaissant dès lors comme un tombeau. Comme le mausolée de mes souvenirs sinistres. Je tentais de refréner mon angoisse, dissimulant mon trouble sous l'habituelle mélancolie de mes traits. Articulant un faible « Bonjour », je gagnais de ma démarche indolente la place à coté d'Iseul. Je me débarrassais lentement de mon manteau noir, avant de m’asseoir et de tirer de ma sacoche un bloc note ainsi qu'un crayon. Rajustant d'un geste vague ma chemise aux manches bouffantes d'un pourpre profond, je lissais également un pli de mon pantalon de velours noir. Je ne pouvais m’empêcher de songer au cours à venir. Je connaissais Cendre et sa considération du don obscur, ainsi que sa pensée au sujet de son usage. Je m'attendais donc au pire. Ainsi s'assombrit le plaisir que j'éprouvais à reprendre les cours.
   
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Dim 22 Nov - 13:54

Le garçon aux cheveux roses était, probablement, le seul et l’unique Vampire à se perdre dans le chemin qui menait à l’endroit où il allait apprendre à contrôler ses pulsions. Tout était si triste, de perdre son chemin alors que l’on était un simple nouveau, un simple nouveau Vampire dans un endroit que l’on ne connaissait pas. Il avait dû emprunter milles chemins pour retrouver celui qui était véritablement celui qui mené à ce fameux endroit. Têtu comme il pouvait l’être à certains moments, le jeune Vampire préféré suivre son instinct plutôt que de suivre les instructions que l’on aurait pût lui donner à son arrivée au Manoir. Personne n’allait changer cette sottise qui s’était encrée dans son caractère, lui-même ne pouvait rien y faire.

Il était habillé d’une manière bien trop classique, un simple jean, un pull large et de couleur de noir, et de simples converses grises.  Son style pouvait paraître bien sombre, bien triste, mais ce ne fût pas son cas. De temps en temps, il mettait de la couleur, mais la couleur de ses cheveux lui suffisait amplement. Après plus d’une bonne vingtaine de minutes, le jeune coréen finit par prendre les instructions pour réellement se retrouver dans cet immense Manoir. Son instinct était bien beau, mais jusqu’ici, il ne l’avait pas emmené au bon endroit. Ce qui pouvait l’agacer à certains moments. Les yeux rivés sur le plan, il suivait la ligne rouge, drôle de couleur quand on y pense, qui montrait le chemin.

Il tenait la bandoulière de son sac, lui étant posté sur l’une de ses épaules, avec fermeté, marchant dans ce fameux couloir. Ce fameux couloir qui lui paraissait légèrement sombre, et frais, voire glacial. Il n’avait pas réellement peur, bien que la peur ne fût en réalité pas une chose aussi ignoble ou minable qu’elle pouvait le faire paraître. Ce ne fût qu’au bout de cinq petites minutes à encore gambader dans les couloirs que le jeune asiatique arriva à destination.

D’un simple geste, il frappa doucement à la porte, regardant dans la salle. Ne fût pas sa surprise quand il vit que les Vampires n’étaient pas aussi nombreux au Refuge. Il regardait, non loin de là, le professeur adossé au mur du fond de la salle, puis les quelques personnes qui étaient déjà présentes. Il baissa le regard vers ses chaussures, timide comme il pouvait être. D’un simple murmure, il salua le professeur ainsi que les plusieurs élèves assis un peu éparpillés dans la classe. Il décida de s’asseoir devant une jeune demoiselle aux cheveux blonds, posant son sac à ses pieds, restant aussi calme qu’il le pouvait.

♥♦♣ Le Refuge. Pouit nous accompagne. ♥♦♣
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Sam 26 Déc - 10:44

Ce que je pouvais m'ennuyer... C'est fou comment un cours pouvait devenir barbant quand la personne qui le donnait était inintéressante ! J'avais déjà eu l'occasion de m'en rendre compte depuis deux ans, mais enfin... D'où sortait cette femme ? Elle était molle, elle était lente... Moi qui avait toujours été pleine d'énergie, sa simple vue me donnait une irrépressible envie de bailler. Intérieurement, je me demandais si elle n'était pas une élue avec pour don le sommeil instantané. Non parce que sérieusement, il suffisait de voir le reste des élèves pour voir combien suivaient encore ! C'était affligeant. Et si je n'avais jamais été assidue en cours, là, c'était pire que ça. En fait, je ne savais même pas de quoi le cours parlait depuis le début de l'heure, tant l'écouter serait une perte de temps. Alors avec ma voisine, d'un regard, on s'était mise d'accord. Et nous jouions au pendu, morpion et autres jeux du même genre entre deux bâillements à s'en décrocher la mâchoire. Super comme journée, n'est-ce pas ?

Alors, à peine la cloche eut-elle le temps de retentir que nous étions déjà tous dehors, en une volonté commune d'échapper à cet assommoir vivant. Si au moins ça avait été un mec sexy... Mais même pas ! C'était une femme. Non, décidément, je ne savais pas si je remettrais les pieds ici. M'étirant pour remettre l'intégralité de mon corps en marche, mes pupilles furent un instant happées par le soleil qui commençait à se coucher en cette période hivernale, et sa beauté me réjouie grandement. J'hâtais cependant le pas, peu encline à être en retard. Si les cours n'étaient pas ma tasse de thé, ceux pour vampire étaient cependant la raison de ma présence en ces lieux. Et puis, il paraissait qu'un nouveau professeur allait faire son entrée, donc inutile de se faire remarquer dès le premier cours. Je me mis donc à courir, appréciant faire fonctionner mes muscles et sentir la vitesse me fouetter le visage. S'il était interdit de courir dans les couloirs ? Aucune idée, mais ça ne m'avait jamais arrêté de toute façon.

Malheureusement, ma salle n'étant pas vraiment proche de l'aile dédiée à ma race, je mis plus de temps que prévu, et arrivais un poil en retard. Du moins c'est ce que je présumais le couloir étant vide d'âmes errantes. Soupirant, je me recoiffais à la va vite avant de toquer avec mon petit point et ouvrir l'imposante porte. Mon regard ne s'attarda pas sur la salle à moitié vide, étant donné que j'y étais habituée, côtoyant ces murs depuis maintenant deux ans. Cependant, mes iris cherchèrent irrémédiablement le nouveau vampire qui nous ferait cours, et, une fois que je le vis appuyé contre le mur, un frisson me parcouru. Pas de peur, rassurez vous ! Mais... Qu'est ce qu'il était beau ! C'était pile le genre de beauté froide dont toutes les filles rêvaient, son corps et son visage si parfait qu'on l'aurait cru taillé dans le marbre par dieu lui même. Des étoiles pleins les yeux, je finis par me rendre compte que j'étais resté planté la depuis tout à l'heure sans dire mot. Je me reprenais donc, me raclais la gorge, puis souriais.


« Bonjour ! Ou bonsoir d'ailleurs... Bienvenue monsieur ! » Bah quoi, il était nouveau ! J'avais bien le droit de lui souhaiter la bienvenue, non ? Ce n'était pas du tout intéressé, juste par pure politesse... Détournant de ce fait le regard de ce dieu vivant, je m'attardais un instant sur les élèves avant de me décider à m'asseoir à coté d'un jeune homme que je n'avais jamais vu, et dont la plastique me semblait tout aussi alléchante. Il se tenait juste devant une occidentale à la crinière blonde à qui je fis un bref signe de tête pour la saluer, avant de sourire pleinement à mon nouveau voisin de table. Un prof sexy et un camarade craquant... Hum, je sens que j'allais être assidue en cours !
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MessageSujet: Re: Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]   Mer 27 Avr - 13:40

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Maître Namu.

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Vois dans le sang les plaisirs dont l'éternité te prive [Cours des vampires]
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