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 Laissons nous emporter par la Nuit. Elle est plus douce que n'importe quelle voix ... [Edith C. Thompson /Aloïs N. Wilson]

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MessageSujet: Laissons nous emporter par la Nuit. Elle est plus douce que n'importe quelle voix ... [Edith C. Thompson /Aloïs N. Wilson]   Mer 6 Mai - 12:05

Le son lancinant du larsen me déchira le tympan comme il déchira la toile de pensées dans laquelle je m'étais empêtré. D'un geste, je tournais le bouton indiquant le volume sonore que dégageait l'amplificateur, mes lèvres plissées par la surprise et cette douleur des plus désagréables. Esquissant quelques notes supplémentaires pour m'assurer que ma guitare était convenablement accordée, j’éteignais le matériel devant lequel j'étais accroupi, me relevant par la suite. D'un geste las, je retirais la sangle de mon instrument pour poser ce dernier au trépied lui étant dévoué, non loin des coulisses. C'est à ce moment ci qu'une voix me parvint.

« Nothing pitié … Coupe le son quand tu joues. Je pense que cela fera du bien à tout le monde ici.

« Il n 'y a que nous deux dans cette salle. Et si je coupais le son pour jouer, cela poserait un léger problème d'audition pour tes clients … Si toutefois certains se déplaceraient juste pour ton trou à rat.

«Cause toujours.

« Tu pourrais au moins m'offrir un verre … Je vais être déshydraté lorsque il va falloir que je donne de la voix.

« N'y pense même pas. Je préfère que tu sois sobre, quitte a être moins exalté. La dernière fois que tu avais bu et qu'une gamine est montée sur scène pour te féliciter après ton tour de chant, tu as commencé à lui faire des bruits bizarres et des propositions douteuses.

« Je ne m'en souviens pas …

« Tant mieux pour toi. Car elle t'as mis un râteau mémorable.

« Rho ça va … »


La moue qui se dépeignit sur mon visage provoqua l'hilarité de mon ami. J'avais rencontré Allister au Refuge quelques années auparavant, lorsque nous y faisions nos études. Bien que plus âgé que moi, il ne savait pas resté sérieux plus de deux secondes. J'avais toujours trouvé du réconfort dans son regard bleuté, de l'apaisement lorsque il me serrait contre lui pour me rassurer, lorsque l'angoisse me saisissait, que j'étais seul. … oui ça va un garçon m'a serré contre lui. Mais son étreinte était si douce que cela ne se refusait pas. De tout les bars où je jouais parfois en soirée, le sien était de loin mon préféré. L'ambiance feutrée qui s'en dégageait, les volutes de fumées qui s’entrelaçaient comme des amants impalpables et grisâtres, accomplissant leurs ébats dans nos poumons, la grisante odeur de l'alcool … Un night-club parmi tant d'autres, mais dont les souvenirs, la chaleur, les rires imprégnaient chaque mur, chaque cloison. Chaque pan de béton qui faisait la battisse était tagué, de la porte des toilettes jusqu'à l'arrière du bar. On y trouvait des noms de groupes de hard rock, des phrases comme autant de bribes de pensées, des symboles ésotériques … Et derrière la scène un vaste mur orné d'une fresque colorée, luisant faiblement dans la lumière azurée et irréelle des projecteurs. Je me souvenais encore de l'été, de la canicule dont la chaleur nous étouffait de ses mains écarlates, durant laquelle nous l'avions peinte tout les deux. C'était l'année où il avait emménagé dans ces locaux, où, armés de simples pinceaux comme l'écrivain de sa frêle plume coulante d'encre, nous avions laissé couler notre imagination dans la peinture. Certes le résultat ne valait pas un tableau du Louvre, mais ces arabesques et ces courbes colorées étaient le cadre d'un refuge pour bien des adolescents en perdition. Ces jeunes à qui je chanterai bientôt la mort, la volupté, la crainte de la solitude … Des adolescents aux poignets délicats et noueux échappant des manches de leurs vestes de cuir trop longs, drapant tel un linceul froid leur peau parcheminée et blafarde, couverte de rimmel noir. Comme si il cherchait dans le noir un voile pour les dissimuler, protéger leurs esprits fragiles de leurs propres démons … Je ne pouvais que les comprendre. Après tout, j'avais moi aussi trouvé refuge dans le noir lors de mon adolescence … Il avait été mon confident. Ses ténèbres sont si rassurantes … Puis j'avais découvert la lumière. Celle des spot lights, celle des yeux d'Allister, celle de ses yeux, à elle aussi, que toute lumière avait depuis longtemps quitté et dont les regards ne sont plus que de profonds orbites vides. Ne saluant pas même les vers qui devaient ronger sa peau. Charmant.

J'avalais ma salive avec difficulté, me dirigeant vers l'avant de la scène. Je m'asseyais sur le rebord, un peu à l'avant du micro, passant mes jambes dans le vide où je les laissais se balancer faiblement. Tout en tirant mon briquet de la la poche de mon slim noir, savamment mis en lambeaux  aux genoux, pour allumer la cigarette qui tremblotait déjà entre mes lèvres pales, je regardais les Docs noires dont j'étais chaussé osciller doucement dans le vide. Tel deux nuages noirs dans un ciel d'orage.


« Hé Nothing, pas de Marijuana avant de monter en scène !

« Je suis déjà sur scène.

«Tu as compris ce que je voulais dire.

« T’inquiètes, c'est juste du bon vieux tabac dégelasse …

« Tu n'auras plus de voix après ça. Fais attention a toi jeune idiot.

« Oui papa. Promis »


Nos rires firent de nouveau résonner la salle. Allister avait toujours été protecteur avec moi, peut être parce que j'étais plus jeune. Peut être parce que j'étais le seul vrai ami qu'il n'avait jamais eu. Peut être parce que la vision de son petit frère avec un couteau dans le ventre, agressé pour quelques dizaines d'euros, le hantait encore au cœur de ses insomnies. De ses moments de profondes terreur nocturnes, où les réminiscences de son impuissance lui inspiraient un profond dégoût de lui même. Peut être oui.
Je tirais doucement sur ma clope, dont l'embout rougeoyant luisait et crépitait faiblement dans la pénombre du bar. Je tenais d'une main ma cigarette, me caressant distraitement la peau du bras de l'autre. J'avais passé un T-shirt décoré de l’illustration du fameux ange de Stairway To Heaven, morceau des Led Zeppelin. Il me suffisait d'y penser pour que les paroles affluent dans mon crane. Je l'improviserai peut être tout à l'heure. Les manches s’arrêtaient un peu en dessous de mon coude, le tissu me collait au corps. La coupe de ce vêtement était étrange, mais il me plaisait.
J'entendis vaguement Allister quitter son bar, me criant qu'il allait ouvrir et que je devais me tenir prêt. Il était 21h, et la soirée allait commencer. Le soleil se couchait peu à peu sur cette journée estivale par son apparence.  Je ne chantais que dans une demi heure, mais je préférais moi aussi être prêt. Je tirais une longue latte de tabac, inhalant la fumée et la laissant serpenter entre mes lèvres. Je me levais après l'avoir écrasée dans le cendrier qui traînait toujours sur le bord de la scène, m'appuyant sur mes mains fines où plusieurs anneaux étaient passés, aux poignets chargés de bracelets en tout genre, de cicatrices en tout genre. Je sautais au bas de la scène, passant une main dans mes cheveux pour me recoiffer en retombant. Mes cheveux étaient teints en noir, et il fallait que je repense à me faire une couleur. Le blond délavé et fadasse commençait à s’apercevoir aux racines.
Je laissais ma main à quelques centimètres de mon visage, la regardant peu à peu tandis qu'elle verdoyait, se changeait peu à peu en fleur. J'observais les veines de la plante qu'était mon membre, parcourues d'un étrange sang sylvestre, pulsant au rythme de l’activation de mon don. Je le faisais souvent, comme pour me persuader que toutes ces années avaient bien été réelles, et pas seulement un cauchemar dans un moment de nocturne solitude. Secouant légèrement mon bras qui redevenait peu à peu normal, j'allais m'accouder au bar, le visage tourné vers la porte. Les spectateurs allaient affluer, et je devrais bientôt les ravir d'une voix suave. Je tachais de fredonner les quelques paroles de mon premier morceau, Poisoned Embrace. Encore quelques minutes à attendre, et je pourrais m'y abandonner. M'abandonner à eux.
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MessageSujet: Re: Laissons nous emporter par la Nuit. Elle est plus douce que n'importe quelle voix ... [Edith C. Thompson /Aloïs N. Wilson]   Dim 7 Juin - 20:43

Edith était chaussée de bottines à talon noires empruntées à une camarade de chambre. Le collant la gênait et la jupe rouge la serrait trop. Seul son haut ample et noir lui convenait parfaitement. Elle s'était légèrement maquillée les yeux mais avait surtout insisté sur son teint et ses lèvres. Ses cheveux blonds étaient relevés en une coiffure jolie mais lâche et ses ongles étaient manucurés en noir.
Edith aimait cette tenue. Elle l'aimait parce qu'elle était l'opposé d'elle même. Cependant, elle la portait moins qu'elle l'aurait voulue. Mais, c'était une de ces vieilles "amies" d'avant le Refuge qui avait insisté pour qu'elle la porte ce soir là, pour une soirée où elle leur avait fait le plaisir de retoucher à son violon. Violon rangé dans l'étui qu'elle tenait à la main.

Alors qu'elle se dirigeait vers le Refuge, un night-club retient son attention. D'extérieur, il ne paraissait pas super accueillant mais je n'eut pas le temps de réfléchir que les portes s'ouvrirent. Sans hésiter, elle m'engouffrait à l'intérieur.
La salle était à son goût. Pas trop lumineuse, une décoration simple. La seule touche de couleur était la fresque derrière la scène. D'ailleurs sur cette scène se tenait un garçon - peut-être la vingtaine tout au plus - les cheveux noirs et, quand on y regardait bien, les racines blondes. Les autres clients étaient pour la plupart vêtus de noir de la tête au pieds. Elle se sentait étrangère dans ce décor mais ça ne lui déplaisait pas.

La jeune vampire s’approcha du bar et s’y accouda, tenant toujours de son autre main l’étui.

- Bonsoir, un cocktail sans alcool s’il-vous-plait, demanda-t-elle.

Une fois, qu’elle fut servie, elle se dirigea vers une petite table devant la scène. Le night-club commençait à se remplir et elle attendit que quelque chose d’intéressant ce passe. Pour le moment, elle se contentait de balader ses yeux bleus d’une personne à d’autres. Elle trouvait même le bar bizarrement calme malgré le bruit incessant.
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MessageSujet: Re: Laissons nous emporter par la Nuit. Elle est plus douce que n'importe quelle voix ... [Edith C. Thompson /Aloïs N. Wilson]   Dim 12 Juil - 19:46

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