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 L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]

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MessageSujet: L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]    Mar 24 Fév - 11:01

« Échec et mat. »

Le fou noir quitta mes doigts blanchâtres tandis que le roi diaphane roulait lentement jusqu'au bord de l’échiquier de verre. Un sourire sinistre s'étira sur mon visage tandis que je relevais les yeux vers mon partenaire. Ou plutôt mon adversaire, qui affichait une mine des plus effarées. Mon regard aux couleurs dépareillées, azuré et argenté, plongea dans le sien, brunâtre. J'y décelais la perplexité, mais également un effroi dont je me délectais. Je voyais dans ses prunelles mon reflet : un sourire carnassier étirait mes lèvres rosées d'une grimace sinistre, mes yeux luisaient d 'un éclat rougeâtre. Mes traits d'ordinaire doux et mélancoliques ne renvoyaient que le mépris et l'arrogance. Des mèches noires tombaient ci et là sur mon visage, éternels barreaux de ma prison corporelle. La soif m’étreignait la gorge. Avec un soupire de contentement, je me laissais aller contre le dossier moelleux de mon fauteuil. De la main gauche, je me saisissais de la tasse d'Earl Grey encore fumante posée à mon coté, éclat de porcelaine sur le bois sombre de la table . Des volutes grisâtres s'élevaient du liquide ambré comme autant de spectres insatiables. Je la portais à mes lèvres, sans pour autant quitter du regard le jeune homme face à moi. Physiquement, il était bien plus âgé que moi. Quelques taches de rousseurs constellaient son visage, le parsemant comme autant d’étoiles chthoniennes. Sa peau était mate, halée. Nous venions de faire connaissance, ayant accepté une partie en sa compagnie. Il contemplait maintenant l’échiquier devant nous, tandis que son roi déchu cessait de rouler sur le bord du plateau de jeu. Ses yeux se levèrent de nouveau vers moi.

« Tu te débrouilles bien Vyrad. Je n'ai pas l'habitude d’être battu.

C'est Lord Vyrad, morveux.

Comment ?! T'es plus jeune que moi demeuré ! »

Le ton de sa voix s'était fait plus rude, tandis que l'effroi avait disparu de ses yeux. Je n'y lisais plus que la frustration, la colère. C'est tout moi ça : tomber sur un mauvais perdant. Il devait bien avoir vingt cinq ans, alors que je ne devais pas avoir l'air d'en avoir plus de seize ou dix sept. D'où son incompréhension … J'étais cependant bien plus âgé. Mais cela il ne pouvait s'en douter bien entendu. J'étais moi même excédé, a fleur de peau. Je n'avais qu'une envie, lui sauter à la gorge et le siphonner de toute trace de vie. Je me retenais. Il aurait probablement un goût de rance.
Je ne disais mot, demeurant impassible, le nectar ambré me brûlant la gorge. La tasse m'incendiait les lèvres, ce qui n'était pas désagréable.


« Lord ?! Il y avait quoi dans ton thé sérieux ? »

Il éclata de rire. Quelques personnes se retournèrent vers nous depuis leurs propres fauteuils, avant de vouer leur attention à leurs propres boissons ou à leurs propres jeux. Les volutes de fumées s'échappant des tasses se confondaient avec la brume nocive des cigarettes, s’ébattant librement dans la lumière tamisée du café. « L'Arlequin à damiers » n'était pas seulement un bar : la maison mettait également à disposition un large éventail de jeux. Tarot, échecs, bridge, dés … Quelques bruits sourds émanaient le plus souvent des tables où se disputaient des parties de bataille corse. J'y passais de temps à autres, afin d'exercer ma réflexion autour des soixante quatre cases d'un échiquier. C'était distrayant. Je ne le faisais cependant qu'en certaines occasions, dans un certain … état.
Je reposais délicatement la tasse de porcelaine sur la table, passant ma langue sur mes lèvres pour mieux savourer les dernières gouttes de ma boisson. Mes iris se rivèrent de nouveau dans ceux, bruns, de mon interlocuteur.


«Crois moi, tu n'as pas envie de le savoir. »

Un nouveau sourire sinistre et antipathique déforma mon visage. Je le vis pâlir peu à peu, comme effrayé. Il tressaillit mais retrouva vite son sang froid.

« Ce que tu peux être drôle … Bon je te laisse ranger il faut que je file. A un de ces jours pour la revanche »

Il m'a sourit, a revêtit son manteau avant de traverser la salle et de filer par la porte transparente qui donnait sur la rue. Je le regardais partir, un rictus au bord des lèvres. Dans le fond de ma tasse se mêlaient aux taches ambrées du thé quelques point rougeâtres. La fiole contenant la liqueur incarnat était encore à moitié pleine, a l'abri dans la poche de ma veste de velours noir.
Je ne supportais pas de me nourrir dans les sachets en plastique que l'on nous distribuait au Refuge. Je détestais ça. Aussi sortais je toujours avec une fiole de sang, la versant dans mon thé à l'abri des regards. Quant à la provenance du sang … Il était soit transvasé depuis les sachets, soit il s'agissait des reliquats de l'un de mes égarements nocturnes. D'une perte de contrôle.

Je détournais le visage vers la vitre à ma gauche. Notre table était située contre le mur du fond, de sorte que mon reflet me narguait depuis mon arrivée. Son regard croisa le mien. Il était froid, haineux, hautain. Ses traits ne reflétaient qu'une âme avili, conforme aux ténèbres de ma condition. J'étais drapé dans mes éternels vêtements noirs, mes mains recouvertes de mitaines ornées de rivets. Ma veste de velours noir était ouverte sur mon T-shirt tout aussi noir. Mon pendentif en argent à l'effigie d'une rose luisait faiblement sur mon torse.
En sortant de cours, je m’étais sentit partir loin de moi même, j'avais cessé de m'appartenir. J'avais ressentit le besoin de détruire, d’annihiler, de réduire en cendre, de mordre. Vainement, j'avais tenté de refouler cette pulsion qui ne me ressemblait pas, qui était si rare. Ma mélancolie s’était retrouvée exilée de mes pensées, reléguées dans l’abîme de mes sensations. Je ne voulais plus que succomber au vice et à la décadence. A ce désir ardent de consumer autrui, qui m'envahissait. Le jeu étant une meilleure alternative que la morsure, j'avais pris la direction de L’Arlequin.
Et j'y avais pris du plaisir. J'avais aimé sentir le piège qui se refermait sur mon adversaire, qui broyait ses possibilités de jeu comme se broient les os. Sentir la défaite le transpercer comme la chaleur de la peau par les canines blanchâtres m'avait enivré. Voir l'espoir de vaincre le quitter comme le sang s’échappe d'une plaie m'avait exalté. J'avais cédé un instant au vice du jeu, a la volonté de rabaisser et de mépriser.


Enfin. Enfin je suis lui, ce reflet, ce portrait … Cette image putréfiée et maudite que je me renvois !

Les pupilles de mon alter ego de glace s’écarquillèrent tandis que je fixais de nouveau l'échiquier. Le roi blanc était couché sur le coté, le roi noir se dressait, fier et victorieux, triomphant. Le triomphe de la noirceur et de la déchéance.
Toujours adossé contre le dossier confortable de mon fauteuil, je passais une main sur mon visage, les lèvres tremblantes. Je revenais peu à peu à moi même, et le réveil n'était jamais des plus agréables.


« Mais qu'est ce que je suis en train de faire ... »

Ma voix n'avait été qu'un murmure. Lentement, avec des gestes précautionneux, je replaçais les pièces unes à unes sur l’échiquier. Je créais de nouveau cette peinture de jais et d'ivoire, cet équilibre intact. Je pansais mes pensées, tentais de retrouver mon propre équilibre au dessus de l’abîme.

Aucun jeu n’était intéressant sans prise de risques.
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]    Sam 7 Mar - 20:22

J’observais en silence, du fond de la pièce, ces deux hommes débattre une partie d’échec. Une tasse de café fumante à peine entamé reposait entre mes mains, réchauffant mes doigts. Mon attention était en particulier dirigé vers cet homme à l’allure sinistre.  Cheveux couleur corbeau, vêtements sombres et sans oublier ce regard froid. Le visage impassible, il restait concentré sur la partie tandis que celui de son adversaire trahissait l’impatiente de cette partie perdue d’avance. Ce n’est pas la première fois que j’ai l’honneur de le voir en jeu. Ceci doit être la deuxième, ou troisième tout au plus, que je le croise. À chaque fois, le même spectacle s’était offert à moi. Celui d’un adversaire dépité ayant perdu contre cet homme mystérieux. Ce même spectacle s’offrait à moi, en ce moment même. C’est le regard rempli de mépris que son adversaire démontra son désarroi. Une victime de plus.

Je lâchai un soupir face à la scène qui s’offrait à moi. Ce monde est fou. Comment un simple jeu peut-il entrainer les gens à se comporter ainsi ? Mais ceci dit, c’est amusant et divertissant. Je pris ma tasse le creux de ma main pour la porter à mes lèvres, la vapeur me cachant la vision durant un bref instant tandis que j’absorbai le breuvage chaud. Une fois que je l’eus remise à sa place, sur la table, je vis du coin de l’œil le perdant enfiler son manteau avant se diriger à l’extérieur du café, se laissant envelopper par le temps gris.

Un sourire amusé prit place sur mon visage. Voilà ma chance d’approcher ce garçon. Après tout, il ne devait pas être bien plus âgé que moi, d’après ce que son physique m’offrait. Récupérant mon café, je me soulevais du banc sur lequel je reposais. Une fois levée, je remis en place les plies de ma jupe écarlate et abaissai le tissu de mon haut gris aux manches mi-longues. Je m’approchai finalement de la table de ce loup solitaire faisant claquer les talons de mes bottines sur le sol  crasseux du café. Arrivé à ses côtés, je m’assis face à lui, l’accueillant d’un sourire charmeur. Je déposai mon café sur la table, mais à ce moment une douce odeur me caressa les narines. Une odeur des plus alléchantes, celui du sang. Mon regard fut détourné en direction de sa tasse de thé où y flottait un liquide rougeâtre. À la vue de cette délicieuse substance, mon café me semblait bien fade. Alors ce garçon et moi sommes de la même espèce ? Intéressant. Mon regard retourna croiser celui du jeune homme mon sourire s’étant quelque peu élargi.

« Bien le bonjour cher compagnon, dis, tu es fort doué à ce jeu. Puis-je me permettre une faveur de ta pars ? »

Je le laisse lui-même méditer sur ce « compagnon », je suppose qu’il est capable de comprendre tout seul que nous sommes de la même famille. Je posai un coude sur la table pour ainsi laisser ma main soutenir ma tête fixant toujours le vampire. Ces yeux semblaient refléter le trouble. Un tournant qui m’était impossible de deviner. Tandis que les miens laissaient place à l’amusement, un amusant égoïste de pouvoir approcher cet homme mystérieux. Ce garçon qui allait me permettre de me divertir de cette journée qui semblait bien partie pour être des plus ennuyeuses.

« J’aurais bien aimé me permettre de jouer contre toi, mais malheureusement, je mis connais guère à ce jeu. J’aurais pensé que tu pourrais avoir la gentillesse de bien vouloir m’apprendre et ainsi nous pourrions l’un de ses jours ce permettre une partie digne de ce nom. Qu’en penses-tu ? Si bien sûr ceci ne te dérange pas. »

Je terminai cette dernière phrase accompagné d’un rapide clin d’œil. Il est vrai que je connais peu de détails sur les échecs. Mes connaissances se limitent aux noms des pions et que pour gagner il se doit de se débarrasser du roi ennemi tout en protégeant notre roi. Je ne m’étais jamais véritablement intéressé à ce jeu, mais il n’est jamais trop tard pour. Du coin de l’œil j’observais le sang reposer dans la tasse de mon futur maitre avec envie. Quand était-ce la dernière fois que je m’étais abreuvée ? Moi-même je ne m’en souvenais plus. Je serai le poing sous la table, mais quelle idiote d’oublier ! Pour le moment je me sens bien, j’espère seulement que ceci n’allait pas finir par causer problème. Je reportai mon attention vers celui qui se trouvait devant moi pour une dernière question.

« Oh ! Laisse-moi me présenter, je m’appelle Iseul Yoon ! Et toi ? »
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]    Sam 21 Mar - 22:40

Mes doigts flottaient au dessus du plateau de jeu, recomposant peu à peu ce tableau monochrome que formaient les pièces et les cases. Je ne voyais dans le blanc et le noir qu'une même couleur, une même créature. Ce n'en serait que ses deux visages. Le beau et le sublime, le bonheur et le plaisir, la vie et l'existence, la mort et la volonté … Autant de choses qui s'opposent mais qui ne forment qu'un. Les nuances d'une même couleur, engendrant le délicieux camaïeu que nous appelons vulgairement « Réalité ». Des langues faussement philosophes se délient parfois pour la surnommer « Vérité ». Ce nom ne lui sied guère. Il est dépourvu du charme de « Mensonge », de la volupté de « Douleur ». Bien que tout ceci ne s'oppose pas de nature, et soit difficilement indissociable.
Mes mains gantées de noir se mouvaient donc au dessus de cette peinture de nous même, comme le ferait un spectre drapé dans les lambeaux de l'Erèbe. Les pièces regagnaient peu à peu la place qu'était la leur, s'alignant comme autant de tombes dans un cimetière sans couleurs. Le fossoyeur que j'étais les déposais avec des gestes précis et précautionneux, comme craignant de fêler la surface de ces sépultures de verre. Tandis que s'équilibraient les allées chromatiques, mes pensées perdaient peu à peu leur lucidité. Ou du moins, cette cohérence avec moi même qui s'était manifestée quelques instants auparavant. La tristesse s'enfermait de nouveau dans les profondeurs de moi même, y sombrant comme l'épave noirâtre disparaît dans les abysses. La mélancolie me serrait toujours contre elle, mais le discret désir qui m'avait poussé dans cette église du jeu murmurait toujours ses psaumes à l'ombre de mon crane. La peine était au confessionnal, le mépris et l'antipathie arpentaient la nef. Ce désir d'annihiler prêchait toujours aux marches de l'autel de cette ténébreuse cathédrale qu'est mon enveloppe charnelle. La chaude lumière du réel était filtrée par les deux vitraux aux couleurs froides qui ornaient les murs, tamisant d'argent et d'azur les songes qui se pressaient en moi comme autant de fidèles. Mon esprit résonnait de leurs prières inlassables et morbides. Ces litanies me poussaient encore au vice, au plaisir de la contemplation de la défaite d'autrui, comme le plus fastueux des dogmes. A m'amuser d'un autre, tous n'étant là que pour me distraire, pour assouvir ma quête de distraction et rehausser ma vanité. Ils n'étaient qu'une fleur qui fanerait bien vite, attachée au revers de ma veste. Un ornement comme un autre. Une source d'amusement comme une autre.

Une délicieuse fleur déposait par ailleurs ses pétales grisâtres et écarlates sur le fauteuil face à moi. Elle possédait l'attrait de la nouveauté, et les traits d'une jeune fille au visage fin et harmonieux. Celui ci se dépeignait d'un sourire des plus charmants, tandis que son regard dérivait vers ma tasse de thé. Il y flottait encore un fond d'Earl Grey aux teintes rougeâtres, de part la présence de cette liqueur sanglante que nous autres, vampires, affectionnons tant. Elle rivait alors son regard dans le mien. Le mot « compagnon » qu'elle employa me fit doucement sourire. J'avais déjà déduit, à son regard insistant et au frémissement de ses narines, qu'elle avait perçu l'odeur du sang et qu'elle l'avait appréciée. Ce mot employé d'une manière pouvant paraître anodine était en réalité lourd de sens, et me confirmait dans mon impression. Dans ses yeux luisait un amusement qui ne m’échappait pas non plus. Ces quelques longues années d'existence avaient le mérite d’affûter nos sens comme nos esprits, nous permettant de jouir d'une capacité de déduction que nombre de mortels nous auraient envié. Voilà qui promettait d’être distrayant.
Durant ces quelques instants, les pales fantômes drapés de noir qu'étaient mes mains avaient cessé d'hanter le cimetière chromatique qu'est le plateau de jeu, leur besogne achevée. Les pièces s'alignaient donc, pareilles à des sépulcres attendant de s'écrouler de nouveau. Je la détaillais légèrement tandis que sa question rejoignait le murmure incessant qui agitait le café. L'air de celui ci était sans cesse en mouvement, étrange alchimie de courants d'airs, de bavardages et de fumée. Le visage de ma compagne était des plus agréables à contempler, et l'air amusé qui illuminait ses traits la rendait d'autant plus charmante. Ces vêtements, du moins ceux que je pouvais discerner depuis mon fauteuil, lui seyait bien. Restait a savoir si elle s’avérait aussi belle de pensée qu'elle l'était de paraître. Car quoi que l'on en dise, seuls ceux étant véritablement superficiels font abstraction de l'apparence. La Beauté se savoure comme n'importe quelle œuvre, se contemple comme n'importe quel présent de la Nature. En tant qu'artiste, je n'en était qu'un simple étudiant. J’espérais un jour pouvoir la faire naître de mes mots.

Sa requête me parut des plus intéressantes, mais je la trouvais également touchante dans une certaine mesure. Cette jeune fille commençait à m'intriguer, et le jeu est idéal pour découvrir quelqu'un. Mes lèvres aux couleurs comparables à celles d'une rose fanée adressèrent l'esquisse d'un sourire à cette fleur éclosant dans les volutes nocives des cigarettes et du vice. Je lui répondais avec mon habituel ton voluptueux, de cette voix suave et douceâtre contrastant tant avec l'apparence antipathique et froide qu'était la mienne.


« En aucun cas faire partager ainsi mon goût pour ce jeun ne me serait apparu comme un dérangement. Ce serait au contraire un véritable plaisir de jouir de quelques instants passés en ta compagnie. Je tacherais de faire de mon mieux pour que nous puissions vite nous abandonner au temps et nous livrer une partie des plus mémorables. »

Je lui souriais avec douceur et amusement mêlés. Les connaissances relatives aux échecs étaient vastes, l'essentiel lui même étant assez varié pour que l'on puisse s'y attarder plusieurs heures. Cet après midi ainsi que la soirée qui l’achèverait, comme l'acte final conclut la pièce, s’avéraient comblés. Mais cette longue représentation théâtrale, dont la scène serait l’échiquier et les comédiens nos humbles pensées, ne serait en rien sordide. Nous saurons nous en délecter comme d'un somptueux spectacle, comme nous nous délectons du vin incarnat tirés des vignes veineuses.

« C'est un beau nom que tu as … Il laisse en celui qui l'entend un écho glacial, comme le regret d'un  désir inassouvi, d'une tentation à laquelle l’âme n'a su céder. Les noms ne sont que des mots apposés sur nos visages, une simple étiquette … Et il est toujours savoureux d'observer la différence entre ce qu'un nom évoque et celui qui le porte … Je m'appelle Anathème. Anathème Vyrad. »

Le disgracieux. Le décadent. Le désespéré. L'atroce. Je tendais la main vers la tasse de porcelaine qui gisait sur la table, comme les corps délaissés des amants gisent dans les fleuves de pétales fanées et les lambeaux de nippes parfumées. Je portais à mes lèvres cette allégorie funeste, savourant le fond de ma boisson. Le goût douceâtre du thé se mêlait aux saveurs métalliques du sang, faisant frémir mes papilles de sensations exquises. Tandis que les dernières gouttes du breuvage gagnait le fond de ma gorge, la tasse vint quitter mes doigts graciles pour regagner le bois usé de la table. La mélancolie, la lassitude, cet éternel besoin de faire le mal me rongeait comme l'est le cadavre par une armée de vers. Relevant le visage vers elle, je lui demandais ce dont elle avait déjà connaissance concernant les rouages de ce jeu. Le plaisir ne venait que lorsque on se laissait porté par le doux son du mécanisme, en contemplant seulement ses allers et venues.

« Si tu le veux bien, nous pourrions peut être commencer par les ouvertures. Vois tu, les premiers coups sont souvent les plus décisifs d'une partie. Toute symphonie est dirigée par ses premières notes. Il en va de même pour cet opéra contrasté »

Je plongeais mes yeux dans les siens. Peut être avait elle une préférence concernant l'ouverture à étudier, si elle en connaissait déjà quelques unes. Dans le cas contraire, je n'aurais qu'à lui parler, pour commencer, des plus communes.
Je tirais de la poche intérieure de ma veste mon propre paquet de cigarettes ainsi qu'un briquet, posant ce dernier sur la table. Je ne fumais que rarement, le plus souvent en de pareilles circonstances. J'avais besoin de sentir quelque chose brûler en moi, quelque chose qui puisse me consumer sans m'aveugler. Sentir un autre poison se répandre dans mes poumons, un autre venin que celui se distillant lentement dans mes veines. Autre que cette damnation qui m’empoisonne et me pousse vers le tombeau.
J'en tirais une puis la portais à mes lèvres, avant de tendre le paquet à ma compagne d'infortune, l'interrogeant du regard.


« Je trouve qu'il s'agit la du plus délicieux des plaisirs. C'est exquis et vous laisse sur votre faim … On dit que les véritables plaisirs sont éphémères. Je pense plutôt qu'il s'agit des déviances auxquelles nous pouvons succomber inlassablement.   »

Le paquet demeurait entrouvert, au bout de mes doigts, comme une invitation à pénétrer les profondeurs de cet espace clos, où se mêlent les spectres grisâtres de la fumée aux étranges parfums du tabac. Où s'ébat le désir du jeu comme une ténébreuse sirène dans un océan de péchés. Dans ce petit écrin feutré de noirceur.  
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]    Dim 26 Avr - 18:20

Topic clôturé pour inactivité, vous n'avez pas posté depuis un mois ou plus.

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MessageSujet: Re: L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]    Sam 2 Mai - 17:46

J’attendais patiemment que mon mystérieux interlocuteur réponde à ma question, m’amusant à cerclé le tour de ma tasse avec mon doigt. Qu’il accepte ou non ma requête n’allait pas apporter grand changement à la situation. J’étais déjà installée et je n’avais pas l’intention de partir si rapidement. Mais en découvrant le sourire qui arqua ses lèvres, illuminant quelque peu ce visage monochrome, que je compris que je n’allais pas avoir besoin d’insister pour rester en sa compagnie. La réponse qu’il m’offrit était des plus satisfaisantes, mais quelle étrange manière de parler. Bien que cela soit des plus plaisants à entendre. Avec un tel personnage face à soi, nous sommes sûrs d’avoir droit à une conversation bien remplie et des plus intéressantes !

« Me voilà ravi de l’entendre ! Quant à moi, je vais faire en sorte d’être une élève digne de tes connaissances. »  

J’étais étonnée de découvrir tout ce qu’un simple prénom pouvait lui révéler. Comment tout cela pouvait-il lui passer par l’esprit. Je mentirais si je dirais que je comprenais parfaitement où il voulait en venir avec ces paroles. Mais le côté poétique de la chose restait doux à attendre et on ne pouvait qu’apprécier. Lorsqu’il me dévoila son nom, je me contentai de sourire tout en hochant la tête. Il était inutile d’ajouter plus que ce qu’il était déjà dit.

Suite à une gorgé de cet étrange thé que seul les être de la nuit, tel que nous, connaisse la véritable contenance, il commençait ses explications sur le jeu. J’espérais ne pas lui sembler trop perdu au courant de l’apprentissage. On pourrait dire de moi être plus que débutante à ce jeu. Sans même y prêter attention, j’avais haussé un sourcil suite à ses paroles.

« Je ne pensais pas que le premier pion déposé apportait une si grande importance au jeu. Il me semble avoir déjà entendu parler que si l’on m’était la pièce sur une case noire ou sur une case blanche, il y avait une signification. Mais je ne te mentirais pas, je ne connais pas la différence que cela apporte. »

Je m’abstins de dévoiler que le simple terme d’ouverture me portait à confusion. Je savais que les échecs n’étaient pas simples à comprendre, c’est d’ailleurs pourquoi je ne me suis jamais véritablement intéressé au jeu. Mais je ne m’attendais pas à de quoi d’aussi complexe au point où il existe plus d’une méthode pour débuter. Il va falloir que j’écoute attentivement le déroulement de cette expérience pour m’assurer d’être à la hauteur…

Tandis que j’étais perdu dans ma réflexion, mon partenaire avait sorti un paquet de cigarettes. Je n’y avais pas trop prêté attention jusqu’au moment où il tendit dans ma direction le paquet. Je n’avais que très peu souvent fumé au courant de ma courte vie. Pour moi, fumée était une manière de me rebeller contre mes parents, mais ce moment ne représentait pas pour moi un acte de rébellion contre mes proches. Seulement un cours privé qui avait pour but principal de me divertir sur le moment. Ce qui ne m’empêcha pas de tendre la main en direction du paquet pour me procurer l’une des cigarettes reposant parmi les siens. En guise de remercîment je lui souris alors que j’apportais à ma bouche la cigarette, patientant que mon partenaire utilise son feu avant de me servir à mon tour.
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est le prix de la défaite. La déchéance est celui de l’Échec. [Iseul Yoon /Anathème Vyrad]    Mer 1 Juil - 12:44

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