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 Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]

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MessageSujet: Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]    Lun 23 Fév - 11:15

Un léger soupir franchit mes lèvres tandis que je refermais doucement la couverture du livre. Les nombreuses pages émirent un bruit sourd en se rencontrant, tandis que je caressais la couverture du bout des doigts, une mine de répugnance sur le visage. Ce livre était particulièrement … insipide. Je détestais le Naturalisme du XIXe siècle, mes goûts se dirigeant plus vers le Romantisme. Pour changer, j'avais tenté de m’intéresser  a ce courant qui me dégoûtait tant auparavant. Cela n'avait pas changé. J'en étais à peine surpris. L'esquisse d'un sourire amusé se peignit sur mes lèvres lorsque je songeais ne pas avoir franchi le deuxième chapitre. Ma lecture avait débuté il y a exactement dix minutes, ce qui pour un vampire est suffisant pour achever une cinquantaine de pages. Leurs saveurs acres et dénuées de volupté me prenaient encore la gorge … C'en était tellement insupportable  que j'aurais aimé avoir de l'eau pour me désaltérer et noyer ce souvenir … horrible. Je me levais avec lenteur, quittant ma place habituelle dans la bibliothèque, afin d'aller replacer l'ouvrage dans le rayon adéquat. Je me promettais par ailleurs de ne jamais y retourner, quelque soit le prétexte.
En retournant à ma place, j'adressais un signe de tête à la bibliothécaire pour la saluer, ce que je n'avais pas fait en arrivant. Le fait d’être un habitué ne me dispensait pas de toute politesse. De nouveau devant la table, je glissais délicatement mes affaires dans mon sac tout en jetant un regard évasif vers les aiguilles dansant leur ballet monotone sur le cadran en verre de l'horloge. Dix sept heure vingt huit. Il était l'heure d'y aller. Je passais mon sac noir en bandoulière à mon épaule gauche avant de gagner les escaliers qui menaient aux hauteurs de la bibliothèque.

Mon pas feutré bruissait légèrement sur les marches en bois verni. J'étais fasciné par cet escalier : le bois sombre luisait faiblement dans la pénombre, illuminé seulement des quelques traits éthérés parvenant jusqu'ici. Malgré les grandes fenêtres parsemant ci et la les murs des étages, les escaliers étaient quelque peu délaissés. Comme si il s'agissait de l'ombre d'une vaste silhouette, l’envers du décor. Or n'était ce pas plutôt la lumière qui était l'ombre des ténèbres ? Les véritables intrigues ne se dépeignaient elles pas à l'abri des regards, plongées dans une noirceur salvatrice ? Plus que cette ombre relative, j'aimais le bruit de mes pas sur le bois assombrit, comme si des vases tout entiers d’encre noire s'y étaient déversés. Un son feutré, discret, qui m'évoquait les gracieux battements d'ailes des corbeaux ou le bruissement d'une page qui se tourne. Un envol, un oubli … Les paliers se succédaient, comme autant d'oiseaux quittant leur branche, comme autant de chapitres clos et refoulés au plus près du titre. Le nom de l’œuvre ?  « Souvenir ». L'auteur ? « Escalier de la bibliothèque ». Ça ne sonnait pas très bien … Il faudrait trouver mieux. Un sourire amusé apparut sur mon visage voilé par les ombres et l'antipathie. Un éclat malicieux illuminait faiblement mon regard, nouvel éclat dans les ténèbres qui flottaient au dessus des marches. Je les gravissais peu à peu, sans que le moindre grincement ne s'en élève. Les corbeaux ne croassaient donc pas lorsque mes pas les effleuraient … Je marchais sur des oiseaux … Peut etre allais je atteindre le ciel ?

Je fus vite déçu en parvenant enfin au sixième et dernier étage de la bibliothèque. L'escalier y pénétrait depuis le coin inférieur gauche, si toutefois l'on pouvait parler de coin : la pièce était circulaire. Une grande fenêtre perçait un pan du mur, telle un œil ouvert sur l’extérieur. Au dehors, l'on pouvait apercevoir un autre iris flamboyant, qui ne tarderait pas a achever sa course derrière l'horizon. Cette ligne qui n'a de cesse de s'éloigner lorsque l'on s'en rapproche se refermerait alors sur lui, telle une paupière plongeant la prunelle dans un repos salvateur. Mais pour l'heure, n'était ce pas plutôt cette étoile brûlante de mille feux qui nous observait ?
Quelques tables occupaient l'espace, comme autant d’îlots isolés dans cet océan exigu. Car oui, la salle n’impressionnait pas par ses dimensions. L'avantage résidait aussi dans le fait que l'on pouvait se faire entendre sans trop élever la voix. Un échiquier en verre était déposé sur une petite commode, sous la fenêtre. J'avais toujours apprécié ce jeu … On en apprend beaucoup plus sur quelqu'un en jouant aux échecs en sa compagnie qu’en une dizaine de conversations. Ne serait ce qu'en lui laissant le choix de la couleur qu'il souhaitait prendre. Je joue toujours avec les noirs.
Les murs étaient comblés de vastes bibliothèques, mais celles ci étaient vides. C'est pour cela que j'avais choisi d'occuper cette pièce pour le club de Littérature. Lorsque Mr. Jang, le directeur, m'avait confié l'animation de ce club ainsi que les horaires (de dix sept heures trente à dix neuf heure trente), il m'avait aussi demandé si je pensais à un lieu en particulier. Je n'avais pas pensé uniquement à cette pièce parce qu'elle se trouvait dans la bibliothèque (même si cela allait de soit de tenir un tel club en un tel lieu) mais pour deux autres raisons : dans un premier temps il s’agissait d'un lieu isolé, ce qui nous laisserait libres de converser sans déranger les lecteurs et les élèves absorbés par le travail dans les étages inférieurs. La seconde résidait dans la présence de ces rayonnages vides : nous aurions ainsi loisir d'en peupler les rangées avec des œuvres de notre choix. Une anthologie à échelle humaine. Ou a échelle elfe. Ou vampire. Bref.
Le fait est que je posais ma sacoche près de la commode et de l’échiquier qui y trônait, me dirigeant vers l’armoire non loin. J'ouvrais celle ci en grand : elle était garnie de feuilles, de stylos, d'encriers et même de plumes. Si nous abordions la question de l'atelier d'écriture, tout ceci pourrait nous être utile.
Je n'avais encore aucune idée du programme. Je pensais que nous pourrions d'abord faire connaissance, partager nos goûts. Ensuite, selon la proportion des élèves présents et souhaitant écrire, nous pourrions peut être débuter un thème ou un projet quelconque. Cela promettait d’être intéressant.

L'idée d'animer ainsi un club ne m'aurait jamais traversé l'esprit en arrivant ici. Jetant un regard absent par la fenêtre, je songeais aux cinq mois que j'avais déjà passé ici. Je n'avais pas fait la connaissance de tant de monde que cela, m’abstenant de tout contact pendant les cours et me complaisant dans l'isolement. J'avais nouer quelques liens oui, mais évasifs et superficiels. Certains d'entre eux se présenteraient peut être aujourd'hui d'ailleurs. A cette pensée, je vis mon reflet me sourire doucement. Je dévisageais ce faux portrait de moi même, qui ne possédait de moi que l'apparence. Il était vêtu d'une chemise noire cintrée, collant à son corps, le col relevé et couvrant son cou. Ses mains étaient recouvertes par des mitaines ornées de rivets, dont la partie supérieure étaient glissée sous sa chemise et rejoignait son coude. Son pantalon et ses chaussures étaient noirs eux aussi, les maillons d'une chaîne pendant du coté droit de son jean noir, cintré lui aussi. Quelques mèches de ses cheveux de jais tombaient ci et la sur son visage, comme autant de traînées d'encre sur la page blanchâtre de sa peau. Je ne parvenais pas à me reconnaître. Ce n'était pas vraiment moi. Lui, il semblait froid, inatteignable, antipathique. J'étais fragile, à fleur de peau, mélancolique. Ses traits n'exprimait que l’indifférence, je ne ressentais que la perdition.
J'avais de nombreuses fois tenté de converser avec lui, cherché à savoir comment il pouvait afficher une apparence aussi sereine et empreinte d'intensité. Jamais il ne daignât de m'apporter la plus infime réponse.

Je secouais imperceptiblement la tête pour quitter mon songe, quittant aussi du regard l'horizon qui ne tarderait plus à rougir de gêne en sentant le désir ardent du soleil contre sa peau. Je m'adossais donc au mur, près de la fenêtre, attendant l'arrivé de mes camarades.
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MessageSujet: Re: Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]    Sam 28 Fév - 16:32

La jeune fille se dirigeait vers la bibliothèque d'un pas las. Il était pourtant l'heure de se rendre au club de littérature auquel elle s'était inscrite de son plein gré. Cependant elle était anxieuse de ne pas savoir comment allait se dérouler l'animation de ce club. En fait, elle n'avait jamais été dans aucun club, et c'était peut-être cela qui l'angoissait le plus.
Elle, ce qu'elle voulait, c'était lire et écrire. Elle aimait entrer dans le monde d'un écrivain et entrer dans la peau de ses personnages tous droits sortis de son imagination. Elle aimait inventer des histoires aussi étranges soient-elles, avec des personnages plus improbables les uns que les autres mais se rapportant bien à elle.
En fait, elle avait peur de ne pas pouvoir se laisser aller totalement.

Lilia savait qu'il y aurait pas mal de monde avec elle certainement tous aussi passionnés, mais pour une raison inconnue elle n'avait pas très envie de partager ses opinions. Elle ne les avait jamais partagés avec personne d'autre qu'elle-même ou des personnes qui ne s'y intéressaient pas comme elle, alors elle se sentait déstabilisée. Peut-être était-elle à côté de la plaque?
La jeune blonde avait un style de lecture particulier. Elle aimait surtout le romantisme et l'aventure, pourtant parfois certains livres pouvaient la ravir alors que leurs semblables pouvaient l'ennuyer.
Trait de sa personnalité qui s'adoptait bien évidemment à merveille avec son caractère.

Elle passa une main dans ses cheveux, tentant de se calmer. Ridicule. Elle était complètement ridicule. Elle angoissait pour cela, alors que c'était toujours elle la plus pénible dans ce genre de situations. Les personnes du club auraient certainement de quoi se plaindre avec elle, si rien ne lui convenait. Ce qui serait certainement le cas étant donné qu'elle était pas mal casses-pieds.
Elle monta les escaliers, pas mal lentement. Toutefois Lilia constata que plus elle avançait, plus elle se détendait. Il régnait une drôle d'ambiance ici qui ne lui déplaisait pas. "Étrange." Pensa t-elle.

Arrivée en haut, elle observa ce qu'il y avait tout autour d'elle. Elle aimait bien cet endroit, elle le trouvait reposant. Parfait pour un club de littérature. Elle posa ensuite son regard sur un jeune homme d'environ son âge certainement, appuyé contre le mur. Elle lui envoya un "Bonjour." quelque peu froid mais cela ne changeait pas de d'habitude. La jeune blonde avait toujours parlé de cette manière, surtout avec des personnes qu'elle ne connaissait pas.
Elle continua ensuite d'observer la pièce, et se dirigea lentement vers une table disposée dans la salle. Elle en choisit une au hasard, et se mit devant. "Pour une fois, je vais faire un effort puisque c'est le club de littérature." Généralement elle se dirigeait toujours vers les tables tout au fond, mais puisqu'elle aimait tant que cela lire et écrire, elle ne voyait pas l'intérêt de se mettre tout au fond.
... Quoiqu'en y réfléchissant bien, elle ne voyait pas tellement la différence.

Elle soupira et posa son sac près de sa table. Qu'avait-elle à se prendre la tête comme cela? On s'en fichait complètement. Lilia glissa un bras dans ses cheveux et s'appuya contre la table. Elle n'avait pas tellement envie de s'asseoir alors comme cela elle était mi-debout, mi-assise.
La jeune blonde posa ensuite de nouveau son regard sur le garçon dans la salle. Elle croisa ses bras sur sa poitrine et attendit patiemment que ses camarades arrivent avant de détourner le regard et de le poser en face d'elle.
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MessageSujet: Re: Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]    Sam 6 Juin - 17:02

Edit Tagada : Le personnage ayant été supprimé, merci de ne pas tenir compte de ce message.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]    Ven 26 Juin - 19:01

Esther posa le livre sur le petit surplomb de son bureau en souriant à l'élève qui était venue le lui emprunter. Celle-ci le lui rendit avant de sortir de la bibliothèque. Grâce à son don, elle avait pu voir qu'elle était toute excitée à l'idée de lire les premières pages de l'ouvrage. Quoi de plus normal quand on aime lire, qu'on a seize ans et qu'on emprunte un récit d'aventure, de chevalerie, d'amour et de magie ? Il était vrai que ce n'était pas le goût de toute les adolescentes de cet âge. Au contraire. Mais c'était toujours un plaisir pour elle de découvrir les émotions des jeunes (ou moins jeunes) gens qui s'apprêtent à lire ou à continuer une petite merveille d'assemblement de mots.
Elle même, du haut de ses cinquante-sept ans, ne se privait pas du plaisir de plonger au coeur des pensées d'un écrivain.

Un jeune vampire passa devant elle en la saluant : Anathème. Lui-même ne la connaissait pas vraiment mais elle, elle connaissait bien ses goûts en matière de lecture. Plus particulièrement le romantisme. Lorsqu'il en lisait ou empruntait ce style de livre, son coeur prenait une jolie teinte rosée, sans allée dans le rose bonbon comme elle voyait parfois, preuve de son impatience et de sa joie. Pourtant il restait bien impassible. Qu'importe, tant que ses lectures lui plaisaient, elle n'avait aucun souci à se faire.

Elle le regarda un instant monter le grand escalier, vers le sixième étage de sa bibliothèque où il animait le club de littérature. Il y avait bien des années, lorsqu'elle-même était étudiante, la salle qui se trouvait en haut servait de "dépotoir" où les livres en mauvais état attendaient les bons soins de la bibliothécaire. Lorsque celle-ci était partie en retraite, il y a dix ans de cela, et qu'Esther avait pris sa place, cette dernière s'était assurée, avec la précieuse aide de son mari, que chaque lire ait retrouvé sa place avant la rentrée, et avait transformée la salle en lieu où l'on pouvait discuter entre amis à propos des ouvrages.
Cette salle n'avait jamais servie jusqu'ici. Ainsi, lorsque le directeur lui avait parlé du club de littérature qui s'y tiendrait, elle s'était empressée d'y faire un brin de ménage et d'approvisionner correctement l'armoire en fournitures.

Deux jeunes filles passèrent à quelques minutes d'intervalle devant elle. La première, une jolie blonde, venait souvent mais pas la seconde, une jolie brune, qui la salua. Elle les regarda monter l'escalier. Sans doute d'autres recrues du club de littérature.
Elle sourit doucement et mis un petit panneau sur son bureau disant qu'elle ne reviendrait pas de suite et qu'il faudrait aller au sixième étage pour la trouver si jamais il y avait un problème urgent. Ensuite, elle pris deux petits sacs : l'un contenait quelques livres qu'elle voulait présenter au club - rien que des classiques de littérature anglaise et française pour le moment - et l'autre des petits gâteaux et quelques boissons qu'elle pensait indispensable pour que le club se fasse dans la bonne humeur.

Elle monta lentement les marches. Elle ne se pensait pas particulièrement vieille mais il fallait quand même qu'elle fasse attention, elle ne pouvait plus monter les marches en courant comme lorsqu'elle avait quinze ans. Arrivée en haut, elle sourit aux trois jeunes gens présent.

—Bonjour à tous !

Elle se tourna ensuite vers Anathème et posa le sac de casse-croûte à côté de lui.

—J'ai apporté un petit en-cas pour le cas où l'on aurait faim.

Enfin, elle alla s'asseoir à l'un des bureaux.
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MessageSujet: Re: Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]    Lun 3 Aoû - 9:48

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MessageSujet: Re: Au bout de la hampe d'une plume ne naissent pas uniquement les mots d'un autre. [Club de Littérature]    

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