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 "En tuant le temps on blesse l'éternité" [Ryujia Dragonstone/Bonnie Flinfletcher] [TERMINE]

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MessageSujet: Re: "En tuant le temps on blesse l'éternité" [Ryujia Dragonstone/Bonnie Flinfletcher] [TERMINE]   Mer 1 Juil - 0:34

Elle sourit quand je lui parlai de mon oncle gourmet. Sûrement imaginait-elle un gros vampire, eux qui sont pourtant d'un naturel si beau selon les traditions. Elle n'avait pas réellement tort, si telles étaient ses pensées, car mon oncle - alors même que les vampires ont un métabolisme leur permettant de dépenser bien plus vite - ne faisait que manger, et cuisiner, et n'accordait que très peu de temps à l'exercice. Ainsi, il avait clairement une certaine bedaine, mais son visage était bien dessiné et lui avait permis de conquérir déjà quelques cœurs. Comme quoi, la beauté ne se base pas que par le poids, et on peut être beau sans être maigre, et laid sans être gros.

"—C'est intéressant... Il faudra que je pense à demander à l'infirmière comment elle fait pour mettre le sang en canette et pour fermer hermétiquement la canette !"

Ma question parût la rendre un instant nostalgique, son soupir le démontrant:

"—C'était il y a deux ans. J'étais dans ma chambre, au dessus du casino de mes parents. Et d'un coup, j'ai entendu une voix dans ma tête qui me disait que j'avais des pouvoirs, que je pouvais me transformer en dauphin.... J'ai toujours été fascinée par la mer mais à ce point... Je peux vous dire que j'ai pas mal flippé. Quand mes parents ont eu fini leur travail, je leur en ai parlé. Je m'en souviens très bien, on était en train de préparer notre dîner, juste avant qu'ils aillent faire leur service de nuit. Ils étaient très impliqués dans leur travail. Ils n'ont même pas été étonné. En même temps, on vivait à Las Vegas alors... Tous les jours en allant au lycée je croisait des Elvis bourrés et des jeunes mariés allant terminer leur nuit de noce dans un hôtel... Et le soir je les recroisait dans l'autre sens, les Elvis pas bourrés et les mariés au bras de quelqu'un d'autre souvent. Alors que leur fille se transforme en dauphin... C'était limite normal."

Quand bien même ils vivaient à Las Vegas, ses parents me paraissaient assez peu préoccupés pour leur fille. Peut-être qu'au fond, elle avait un peu hérité du même type de parents que moi. Des gens beaucoup trop nobles et "de la haute" pour prêter de l'attention à leur fils, perdu, qui fut obligé de se débrouiller seul pour survivre. J'avais réfléchi à ça depuis longtemps, et je leur avait pardonné. Premièrement, ils étaient sur le déclin et ne possédaient pas toute leur tête, ce qui est le risque en prenant de l'âge. Je ne connaissais pas de vampires morts de vieillesse, mais vers 4 siècles, la folie guette, même si certains sont épargnés, soit par les chasseurs qui leur évitent d'avoir à vivre assez longtemps pour devenir fou, soit parce qu'ils possèdent une résistance mentale à toute épreuve. Je n'espérais pas grand chose, mais je ne voulais pas devenir fou, ça c'était une certitude.
Mes craintes éclatèrent un peu lorsque Bonnie enchaîna:

"—Mais vous savez, même s'ils n'ont pas l'air de bien s'occuper de moi dit comme ça, c'était amusant d'être leur fille. A mon avis, c'était même les parents les plus cool de la terre ! Bref, le lendemain de mon annonce, ils m'ont aidé à préparer mon sac de voyage et je suis partie à l'aventure pour rejoindre le Refuge. Ça aussi c'était très amusant !"

Il est vrai que cette jeune fille semblait vivre pour l'aventure, ce qui était une bonne fin en soi. Dangereuse, mais bonne. Toujours mieux que le pouvoir ou l'argent, qui eux étaient dangereux pour la personne mais aussi pour les personnes de son entourage. Pour ma part, je vivais pour le savoir, l'expérience, mais aussi un peu pour l'amour. Bien que ce ne soit pas ma préoccupation principale, j'étais assez romantique dans l'âme, en sachant pertinemment que c'était mauvais pour moi dans beaucoup trop de cas de figures.
Son sourire se fit soudainement plus petit, et elle me dit d'une voix assez sérieuse:

"—Vous disiez tout à l'heure que vous aviez connu plusieurs guerres, lesquelles ? Ça devait être horrible... Vous participez ? Vous étiez dans quel camp ?"

Je réfléchissais à toute allure pour me souvenir de tout ceci. En effet, j'avais parlé tout à l'heure de guerres auxquelles j'ai participé. Cela ne me dérangeait pas tant que ça d'en parler. Je me raclai donc la gorge et lui répondit:

"La première guerre que j'ai vu fut la révolution française, puisque mes parents étaient là-bas quand cela se passait. Je n'en ai que très peu de souvenirs, j'étais alors âgé d'une soixantaine d'années.
Mes premiers pas en tant que soldat fut dans la deuxième guerre anglo-marathe. Je n'ai eu qu'une simple cicatrice sur le flan gauche, un coup de couteau que j'ai à peine eut le temps d'esquiver. On a totalement écrasé l'empire marathe, et toute les batailles furent gagnés.
La deuxième guerre que j'ai mené fut la septième guerre cafre, celle de 1846. J'étais du coté des britanniques mais j'ai déserté avant la fin, et j'en ai récolté une deuxième cicatrice, à la jambe gauche. Un coup de sabre. Au final j'ai peut-être bien fait de déserter car 3 mois plus tard, les Xhosas avaient gagnés face à l'Angleterre.
La troisième guerre auquel j'ai participé, c'était en tant que soldat russe lors de la guerre russo-turque de 1877. J'ai récolté une cicatrice au pectoral droit, une balle perdue lors de la bataille de Lovcha. C'était aussi une guerre que l'on a gagné avec succès, même si le siège de Plevna avait fait de nombreuses victimes et que la victoire se fit attendre.
Mon repos fut de courte durée, car je décidai de me lancer dans ma quatrième guerre, la guerre américano-philipine de 1899, sous la bannière américaine, et c'était la première fois que je gardais la même identité que la guerre précédente. Je me souviens encore de mon nom: John Connor. J'ai pas vraiment fait dans le surprenant, je voulais que se soit réaliste. En tout cas on a gagné, et la Philippine est devenue un protectorat américain, alors que je pansais ma plaie béante dans le dos.
Et pour finir, la dernière guerre à laquelle j'ai participé c'est la première guerre mondiale, sûrement la plus meurtrière de toute, au coté des américains. J'ai participé au débarquement, et je peux te dire que c'était un sacré bordel. C'est là que je me suis pris un morceau de shrapnel quelque part sur mon corps, mais je préfère pas te dire où, pour rester dans le politiquement correct. Et j'imagine que je n'ai pas besoin de te dire qui a gagné.
"

Vivant les souvenirs que j'évoquais, je lui jetai un regard un peu plus ouvert que d'habitude, plongé dans une réflexion intense dont elle ne voyait que la partie visible de l'iceberg. Avais-je vraiment participé à toute ses guerre? C'était le cas en effet, et bien souvent se fut au détriment de mon frère, que mon oncle élevait en attendant. Comme quoi, l'ennui peut vous conduire aux frontières de la mort.
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MessageSujet: Re: "En tuant le temps on blesse l'éternité" [Ryujia Dragonstone/Bonnie Flinfletcher] [TERMINE]   Mer 1 Juil - 19:10

Bonnie devait bien avouer une chose : elle ne connaissait que deux des guerres qu'il avait mentionnées ! Et encore, de très loin... Même si elle était bien entendu au courant des évènements généraux de la Seconde Guerre Mondiale, en ce qui concernait la révolution française... Et bien elle était américaine alors elle ne s'était jamais vraiment sentie concernée.

—Tout cela a dû être terrible... Même si je dois dire que je ne connais que deux des guerres que vous avez citées... Vous avez vraiment été autant blessé ? Pardon, mauvaise question, évidemment que vous l'avez été, sinon vous ne l'auriez pas dit...

Elle s'interrompit. Son imagination lui faisait défiler un tas d'images des blessures que Ryujia lui avait citées. C'était tout bonnement effroyablement et avait dû être effroyablement douloureux !
Elle ne savait pas quoi dire. Il n'y avait que des banalités du style "je suis désolée pour vous" ou "j'espère que ça va mieux" qui lui venaient à l'esprit. D'autant qu'il devait aller mieux puisqu'il était là devant elle sans sembler avoir mal le moins du monde ! Quelle cruche elle faisait parfois !
Elle finit par se décider pour d'autres questions, qu'elle posa d'une toute petite voix, un peu timide. Après tout, c'était sans doute de mauvais souvenirs !

—Vous avez eu très mal je suppose... Les vampires ressentent-ils la douleur autant que les humains ? Est-il vrai que vous avez la faculté de vous... "réparer" plus vite ?

Mille autres questions lui venaient mais, pour une fois, elle se contint. Un seul sujet déplaisant à la fois !
Du coup elle espérait vraiment qu'il enchaîne de lui-même sur une autre question pour elle. De préférence avec une réponse longue. Du genre, qu'est-ce qu'elle aimait faire ne dehors des cours... Ou pourquoi elle s'était teint les cheveux...
Parce que même si elle était curieuse, elle n'aimait pas aborder des sujets déplaisants - que ce soit pour elle ou pour son interlocuteur. Bien sûr, le surveillant semblait très ouvert et disposé à répondre à toutes ses questions quelles qu'elles soient. En fait, après lui avoir répondu, il lui avait lancé un regard plus ouvert qu'avant.
Habituellement, elle aurait prit ça comme invitation à aller plus loin encore, sans gène et sans chichis, mais elle était vraiment mal à l'aise pour le coup. Fait très rare s'il en est.
C'était peut-être parce que Ryujia lui parlait comme une personne normale depuis plus longtemps que n'importe qui. Ou parce qu'il était sympathique. Quoi qu'il en soit, elle préférerait changer de sujet.
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MessageSujet: Re: "En tuant le temps on blesse l'éternité" [Ryujia Dragonstone/Bonnie Flinfletcher] [TERMINE]   Mer 1 Juil - 20:48

"—Tout cela a dû être terrible... Même si je dois dire que je ne connais que deux des guerres que vous avez citées... Vous avez vraiment été autant blessé ? Pardon, mauvaise question, évidemment que vous l'avez été, sinon vous ne l'auriez pas dit..."

Je haussai les épaules. Il est vrai que ça semblait plutôt surréaliste pour quelqu'un de penser que la personne à coté est un vétéran de 5 guerres qui se sont déroulés, qui plus est, sur environ 2 siècles. Mais si elle pensait que j'étais hors du commun, c'est qu'elle n'avait jamais vu aucun vampire, car la plupart des vampires avaient des histoires du même type, même si rares sont ceux qui partaient à la guerre par ennui.
La jeune fille semblait chercher une question à me poser, ou en tout cas quelque chose à me dire, et elle dit finalement, semblant tout de même avoir du mal à trouver de nouvelles questions:

"—Vous avez eu très mal je suppose... Les vampires ressentent-ils la douleur autant que les humains ? Est-il vrai que vous avez la faculté de vous... "réparer" plus vite ?"

Je réfléchis. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question, pour moi la douleur physique était gênante tout au plus, et si jamais on me coupait le bras, je pense que je souffrirais vraiment, mais sans plus. Peut-être en effet avait-on une plus grande tolérance à la douleur que les humains. Néanmoins une esquisse de contre-exemple me vint en tête:

"Et bien pour tout te dire, j'imagine que oui, on a un plus grand seuil de résistance à la douleur, et je pense aussi que nos tissus se régénèrent rapidement, néanmoins la lumière du soleil est désagréable, et une forte exposition à celle-ci peut risquer de nous tuer. Je suis d'un naturel résistant à la lumière, mais je préfère éviter de rentrer en contact avec parceque je pense que c'est ce qui se rapproche le plus de la vraie douleur. C'est comme une étreinte de glace, une brûlure gelée. C'est très désagréable, en somme."

Je décidai, après avoir conservé un peu de silence, de poser une autre question à Bonnie. J'ouvris la bouche, mais au même moment, un bruit se fit entendre en haut. Comme un objet qui se fracassait par terre. Je fermai donc la bouche et haussai un sourcil, l'air circonspect. Je me tournai alors vers Bonnie, prit sa main et y déposai un petit baiser puis je la regardai et lui dis:

"Excuse-moi, le devoir m'appelle. Vraiment ravi de t'avoir connu, Bonnie, et tu es une fille plus intéressante que tu ne peux le penser."

Je me levai alors, enlevant la saleté de sur mon postérieur, et marchai d'un pas vif mais silencieux vers l'escalier menant à l'étage, prenant soin de ne pas toucher un seul rai de lumière.
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MessageSujet: Re: "En tuant le temps on blesse l'éternité" [Ryujia Dragonstone/Bonnie Flinfletcher] [TERMINE]   Mer 1 Juil - 21:20

Bonnie essaya d'imaginer ce qu'était une brûlure gelée. Ce n'était pas si difficile, il suffisait de savoir ce que ça faisait de tomber à la patinoire sans avoir de gant et de poser sa main sur la glace. Ça faisait vraiment mal. Mais de son point de vue presque humain, moins que de se faire couper un bras.
Le silence s'installa un instant. Plutôt agréable en fin de compte.

Finalement, le surveillant sembla vouloir lui poser une autre question mais au même moment, un grand bruit de fracas, comme lorsque quelque chose se casse par terre, retentit. Elle leva les yeux vers le plafond et les redescendit aussitôt vers Ryujia qui venait de lui prendre la main... et d'y faire un baise-main ! Elle en rougit légèrement et un grand sourire étira ses lèvres.

—Je suis ravie de vous avoir connu également Ryujia ! Et merci beaucoup.

Elle le regarda s'éloigner et resta assise contre le mur un moment après qu'il soit parti, songeuse, repensant à tout ce qu'il lui avait appris. Puis elle se souvint qu'elle était censée se rendre à un cours. Elle regarda sa montre et constata distraitement qu'elle avait au moins un quart d'heure de retard. Tant pis. Elle se leva, sans précipitation, épousseta son pantalon et se dirigea vers la sortie. Finalement, elle allait aller contempler la rivière.
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MessageSujet: Re: "En tuant le temps on blesse l'éternité" [Ryujia Dragonstone/Bonnie Flinfletcher] [TERMINE]   

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