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 Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]

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MessageSujet: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Sam 14 Fév - 19:53

La lumière rougeâtre du soleil tentait vainement de filtrer au travers de l'horizon, chargé de noirs nuages. Elle faisait faiblement briller l'asphalte trempé par la pluie, comme si il eut plut des torrents sanglants. Le fruit de l'incandescence de l'astre déclinant dans le ciel du soir teintait de rouge les quelques flaques dispersées ci de là le long de l'avenue, lui accordant cette douce nuance si semblable au nectar s'écoulant dans nos veines. On eut dit que le sol était lacéré de blessures béantes et sanglantes … Les plaies découvraient un firmament infernal dans lequel étaient suspendues des étoiles chthoniennes, des lunes de cauchemars. Le ciel pouvait aussi bien avoir pleuré des larmes rougeâtres devant la perte de son unique astre flamboyant, dont la lumière n'éclairerait plus l'azur. Il le laisserait à la proie des ténèbres qu'engendrent les heures nocturnes. La nuit fondrait alors sur l'azur éthéré tel un sombre phénix, dénué de toute défense et elle de toute pitié. Elle le dévorait et le peindrai de son sang noirâtre.  
Je frissonnais doucement tandis que je m’écartais pour laisser passer un couple sur le trottoir. Ces pensées n'avaient rien de réjouissant et je les trouvais tout simplement dénuées de beauté ou de sublime. Elles étaient fades et creuses, sanglantes au possible mais sans attrait. Elles ne pouvaient illustrer la beauté du jour déclinant, rompu par la fatigue d'avoir si longtemps maintenu l'étoile solaire à bout de bras dans le ciel. L'instant vespéral étaient embrumé par la présence de lourds nuages noirs dont les larmes abreuvaient l'asphalte avec ardeur. On eut dit de majestueux fantômes errant dans la nuit s’annonçant, comme mués par le désir d’apparaître d'ors et déjà dans le monde tangible.  
Des gouttelettes ruisselaient sur mon visage, détrempaient mes cheveux noirs et mon long manteau à la couleur du jais. L'eau était glaciale, comme si le soleil qui avait brûlé toute la journée auprès des nuages n'avait pu dénuer leurs paupières de givre. Leur larmes me frigorifiaient donc, tandis que je tremblais sous la brise. Je me maudissais de ne pas avoir pensé à prendre quelque chose pour m'abriter. J'aimais beaucoup la pluie, la sentir ruisseler sur mon visage, y creuser des rigoles aqueuses … Mais celle ci était bien trop froide même pour un vampire, pourtant moins sensible à cette sensation qu'un humain. L'avantage résidait cependant dans le fait que l'avenue était presque déserte, comme le serait sans doute ma destination.
La silhouette du centre commercial se profilait, émergeant de la pluie tel un glacier grisâtre dans une mer déchaînée. Je n'étais pas particulièrement heureux de devoir m'y aventurer, mais je devais ajourner ma garde-robe. Les chemises du XIXe siècle ne sont pas confortables en toutes circonstances, bien qu’extrêmement belles. J'avais bien quelques T-Shirt noirs ou blancs mais cela m'avait lassé. Je savais qu'une boutique proposant entre autres des vêtements gothiques résidait au centre, aussi avais je voulu aller y faire un tour. Et cela aurait au moins le mérite d'occuper cette soirée pluvieuse. Appréciant état d'esprit de ce mouvement assez proche du mien, et trouvant les tenues très belles, j'avais désiré jeter un œil plus attentif.
Je fredonnais faiblement un air de musique, dont les notes me semblaient convenir à l’atmosphère délicate et mélancolique que la pluie parvenait à créer quelque soit l'endroit. Cette idée me fit doucement sourire alors que je passais les portes du bâtiment.

La galerie marchande était, comme je m'y étais attendu, déserte ou presque. Quelques individus flânaient ci et là, peu hâtifs de rejoindre de nouveau l'avenue sombrant sous les eaux à l’extérieur. Je pouvais les comprendre.
Les boutiques défilaient les unes après les autres tandis que je recherchais celle qui m’intéressait. Elle offrait un panel assez riche et varié de styles vestimentaires, de sorte que chacun puisse y trouver ce qui lui convenait. Des gouttes de pluies coulaient encore sur mon visage, glissant de mes tempe, ruisselant sur mes joues avant de quitter mon visage et de sombrer n direction du sol. Elles s’évanouissaient sur le dallage, comme s'évanouirait bien vite le souvenir de cette pluie torrentielle dans les jours à venir. Certaines perles aqueuses trouvaient source près de mes paupières et suivaient le même chemin que le comparses, si bien que l'on aurait pu songer que je pleurais. Mes traits mélancoliques auraient pu conforter quiconque dans cette idées : or mon visage était aussi détrempé que mon manteau ... Et jamais je n'avais vu d'étoffe verser des larmes.

Enfin j'arrivais à la boutique qui m'avait attiré jusqu'à cet endroit, en dépit de la pluie et de mon humeur sombre qui m'incitait peu à sortir. Celle ci pouvait se lire sur mon visage : mon regard aux couleurs dépareillées était perdu dans le vide, mes prunelles brillaient d'une lueur douceâtre. Mon teint était blafard, même pour un vampire, et la pluie ayant mouillé mes joues ne faisait qu'ajouter à cette illusion. Je cessais de fredonner en franchissant les portes vitrées.
De nouveau, il n'y avait pas foule. Une petite dizaine de personnes vaquaient ci et là dans les rayons, flânant ou retirant des vêtements des cintres pour aller les essayer dans les cabines prévues à cet effet. Je me sentis soudain un peu perdu : le magasin était vaste, les articles que proposaient l'enseigne nombreux. Je risquais bel et bien de passer plus de temps à trouver le bon rayon que de faire le tour de ce qu'il proposait.
Je passais une main dans mes cheveux trempés avec un soupir, les rabattant vers l'arrière. Mon autre main vint lisser le pli de mon manteau, pourtant impeccable, comme j'avais l'inconsciente coutume de le faire lorsque j'entrais quelque part.
Avec des pas mesurés, je commençais à passer de rayons en rayons.


Dernière édition par Anathème Vyrad le Dim 22 Fév - 20:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Dim 15 Fév - 2:00

Une histoire racontait, elle ne savait plus laquelle, qu'à chaque fois qu'il pleuvait, il s'agissait en réalité d'un Ange qui pleurait. C'était quelque chose d'assez triste, en soi, mais qui gardait sa beauté, surtout lorsque l'on voyait cette pluie s'échouer en personne sur le sol. Souvent, Merry s'était demandé qu'est-ce qui pouvait bien faire pleurer une aussi belle créature dans ciel. Bien évidemment, elle savait pertinemment que cette histoire était fausse, et qu'il s'agissait là d'un phénomène météorologique plus que banal, mais elle se plaisait à y croire. Elle se permettait parfois même, lorsqu'elle en avait l'occasion, de sourire au ciel lors de ces jours pluvieux. C'était idiot mais, si les Anges pleuraient, alors peut-être que de la voir leur sourire leur ferait plaisir ?
Elle se berçait beaucoup d'illusions, mais rêver était bien plus simple que d'affronter la réalité.

Aujourd'hui était donc un jour triste pour les cieux, visiblement, et c'était pratiquement en slalomant entre les flaques qui jonchaient à présent le sol que Merry avançait dans les rues de la ville. Heureusement, elle avait eu le réflexe de mettre ses bottes noires aujourd'hui, celles avec ces espèces de strass à l'arrière qui rappelaient vaguement des clous. Elle n'en avait pas voulu de véritables dessus, trouvant ça un peu trop « agressif » à son goût. Elle s'en serait voulu de frapper accidentellement quelque chose avec, ou de blesser quelqu'un, ce serait plutôt gênant... C'était seulement pour le style du vêtement, elle aimait ce côté rockeur qu'il pouvait lui donner. Ça ne collait pas vraiment à sa personnalité, elle était bien trop douce pour ce genre de choses, mais c'était beaucoup trop beau pour qu'elle sache y résister. Si elle avait la liberté d'expression, alors celui de se vêtir de la façon qu'elle souhaitait lui était commit d'office...

Vêtue de sa parka noire, sa capuche de fausse fourrure sur la tête, pour la protéger des gouttes qui tombaient, l'adolescente avançait dans son pantalon bordeaux. Si elle avait su, elle serait sans doute restée bien au chaud au Refuge, et serait sortie un autre jour, mais la pluie avait attendue qu'il soit déjà trop tard pour elle pour pointer le bout de son nez. Les Anges étaient hargneux, visiblement, mais elle ne leur en voulait pas.

Ce fut donc avec un soupir de soulagement que la sorcière passa les portes du centre-commercial, retirant sa capuche pour finalement la laisser pendre dans son dos. D'un geste vif, elle secoua la tête pour décoincer ses cheveux de ses vêtements, laissant de légères boucles d'un brun foncé retomber sur ses épaules. Quelques semaines plus tôt, elle avait dit adieu à sa longue chevelure, plus encombrante qu'elle ne pouvait être belle. Surtout que ça demandait un entretien démesuré, c'était abusé... Mais elle ne s'en plaignait pas, loin de là ! Le rendu n'était pas horrible, et elle préférait se voir ainsi plutôt qu'avant. A moins que ce ne soit psychologique et qu'elle ne se trouvait tellement pas bien avant que tout lui paraîtrait mieux, quitte à ce qu'elle n'ait plus un seul cheveux sur la tête !
Ah, les complexes, c'était bien un truc de filles, ça.

Ouvrant son manteau pour avoir moins chaud, et dévoilant ainsi un simple pull gris, l'étudiante avançait dans les différentes allées à la recherche de quelque chose qui pourrait attirer son attention. Bien sûr, elle savait exactement ce qu'elle voulait, mais ça ne coûtait rien de regarder, après tout, le coup de foudre arrive si vite ! Si si, elle parlait bien de vêtements.
Ce qu'elle recherchait, aujourd'hui, et qu'elle était d'ailleurs quasiment certaine de trouver ici, c'était la perle rare, le Saint Graal. Loin d'être un truc fashionista, c'était plutôt un accessoire de mode indémodable, l'indispensable, comme cette paire de jean que n'importe qui se devait d'avoir dans son armoire. La base, quoi, même si tous le monde ne pouvait pas se le permettre. Ce qu'elle voulait, c'était un perfecto. Cette magnifique veste de cuir que toute adolescente qui se respecte adule, le clou du spectacle! C'était un véritable phénomène de mode, auquel Merry n'avait pas su résister. Quand l'appel de faire les boutiques est plus fort que celui d'étudier, on ne peut rien y faire... Heureusement que ce genre de choses ne lui arrivaient que très rarement, et qu'elle ne passait pas sa vie dans les magasins.

L'une des boutiques attira finalement son attention, alors qu'elle fronçait les sourcils en s'arrêtant devant. Tiens, celle-ci, elle ne l'avait jamais vu avant aujourd'hui. Ses yeux bruns scrutant l'enseigne, elle haussa finalement les épaules avant d'y pénétrer, ne sachant trop à quoi s'attendre. Après tout, ça ne coûtait rien de regarder, et peut-être que quelque chose lui plairait ?

Le style des vêtements semblait assez particulier, en tout cas ça ne ressemblait pas à ce à quoi elle était habituée, mais ce n'était dénué d'intérêt pour autant, certains articles valaient même le coup d’œil ! Tout ce qui était original avait quelque chose de spécial.

Merry avançait à un rythme régulier entre les différents rayons, tournant un peu sur elle-même pour tout voir afin de ne rien rater, avançant parfois même à reculons. Une chance pour elle qu'elle ne soit pas maladroite, sans quoi elle serait sans doute tombée depuis un petit moment.
Se retournant vivement d'un coup, elle tomba nez-à-nez sur un jeune homme, qui ne semblait pas loin d'avoir son âge, avant de se reculer rapidement pour ne pas lui rentrer dedans.


« Pardon ! S'excusa-t-elle, levant les mains devant sa poitrine comme pour clamer son innocence. Désolée, je... J'avais pas vu. »


Effectivement, de dos, à moins d'avoir des yeux derrière la tête, elle ne pouvait pas y voir grand chose, logique. La Réfugiée adressa finalement un léger sourire désolé au concerné, attendant qu'il réagisse. Il ne pouvait pas, en soi, faire quelque chose de bien extraordinaire, mais elle pouvait s'attendre au genre de remarques banales comme quoi elle pouvait faire plus attention où elle mettait les pieds. Ou alors ça pouvait totalement l'indifférer, c'était selon son bon vouloir.
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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Dim 15 Fév - 16:54

J'y songeais encore. Mes pensées ne pouvaient se départir de l’étrange fascination que la pluie au dehors avait exercé sur moi. Je ne savais plus si il s'agissait bel et bien du ciel ayant laisser couler des larmes amères, ou si un ange lassé de son éternité avait choisit de mettre fin à ses jours en laissant courir sur sa peau d'argent une lame nuageuse. Le halo rougeâtre dont émanait la pluie sous la caresse des soupirs du crépuscule faisait encore comme une brume dans mon esprit, si bien que je regardais ce qui m'entourait sans vraiment le voir. J'entendais sans écouter la rumeur qui courrait le long des rayons, chœur de bavardages et de vrombissements nés du système d'aération. Mon esprit était entièrement dirigé vers le souvenir de cet horizon incarnat, comme si il eut fleurit dans le ciel une myriade de lycoris aux pétales carmins. J'aurais aimé pouvoir gagné cet Éden céleste, pouvoir me pencher au dessus des fleurs sanglantes et les retirer de leur terre divine. J'aurais ainsi pu épingler à ma veste le fruit né des blessures d'un ange, j'aurais pu m’enivrer des senteurs qu'il exhalait. Déjà, le doux parfum exaltait mes sens : une faible et timide odeur, teintée des senteurs d'une rose fanée, d'une rivière sous la neige. Ces senteurs si particulières qui brouillent nos sens lorsque elles pénètrent nos esprits, au cœur d'une aurore hivernale … Qui nous font sourire sans que l'on en connaisse véritablement la raison. Et bien entendu, l’indéfinissable nuance métallique qu'est celle du sang. Cette effluve dont la proximité seule suffisait à me faire frissonner de plaisir.
Mon propre sang frémissait dans mes veines tandis que d'autres fleurs rougeâtres s’épanouissaient sur mes joues blafardes. Ces pensées douceâtres éveillaient en moi un émerveillement indicible : non que je ne m’émerveille de mes propres pensées, encore moins de la façon dont je les imaginais, mais simplement de ce qui les provoquait. Je m’émerveillais devant l’éternel spectacle que nous offrait la Nature alentour, l’éternelle source d'inspiration que laissait couler dans mon âme. Elle était, après mon ressentit, ce en quoi je puisais tant pour penser, pour écrire, pour exister. Mes sentiments influaient bien entendu ma vision de la Nature : pourtant, au travers du voile sombre qu'est celui du regard de mon âme, elle ne m'en paraissait que plus sublime.

Mon sourire s’effaça peu à peu tandis que les nuances rougeâtres et crépusculaires de mes pensées se retiraient dans l'ombre pour céder placer aux couleurs grisâtres des murs et au noir des vêtements que j'avais sous les yeux. J'avais enfin trouvé le rayon que je recherchais, et je l'arpentais depuis déjà plusieurs minutes … Si toutefois ma sensation du temps écoulé ne me trompait pas. Lorsque je m’abandonnais à l’étreinte mes rêves et cauchemars éveillés, j'abandonnais aussi mon enveloppe charnelle. Les repères temporels me manquaient donc momentanément.
J’éprouvais de la main la consistance du tissu d'un noir profond : soyeux et vraisemblablement confortable. Je tirais le T-shirt du rayonnage, afin de le regarder plus aisément : sur un fond noir, un ange était penché au dessus d'une pierre tombale, ses longues ailes diaphanes étendues derrière lui. En dévalant sur sa joue, ses larmes y faisaient fleurir d’étranges arcanes pourpres. Les passant en revue, je finis par trouver ma taille. Je déposais donc le vêtement choisi sur mon bras, avant de poursuivre ma recherche dans le rayon. On y trouvais vraiment de tout : pantalons, long manteaux de cuir, chaînes, chemises baroques au tissu d'ébène chatoyant dans la lumière artificielle …  Mon regard se porta sur des mitaines ornées de rivets et de serrures, en coton noir. J'en tirais une pour la passer à mon bras gauche : elle tranchait violemment avec la pâleur de ma peau, la laissant apparente au delà de ma troisième phalange jusqu'au bout de mes doigts fins. Je pianotais faiblement dans le vide, portant ma main a hauteur de mon regard. Le tissu me couvrait le bras jusqu'au creux du coude. La chaleur baignait mon membre ainsi couvert, et son confort n'était pas des plus désagréables. Ces mitaines feraient donc l'affaire.
Je retirais celle recouvrant mon bras gauche avant de me saisir de sa jumelle et de les tenir dans ma main droite, maintenant le T-shirt précédemment vu sur le bras de ce même coté. Leur noir me siérait bien, du moins le pensais je. Peut être même pourrais je charmer un ange défunt … Un ange qui m'offrirait une fleur ayant baigné dans ses plaies afin que je puisse l'épingler au revers de ma veste. Une de ces fleurs dont j'avais rêvé un peu plus tôt.  

Je m’apprêtais à me diriger vers les pantalons lorsque un choc soudain m'arracha de ma contemplation poétique. Je cillais plusieurs fois, comme cherchant à trouver une prise dans l'existence physique, m'y ancrer et ne pas y dériver comme je le faisais au cœur de mes songes.
Une jeune fille que je n'avais ni vu ni entendu arriver se confondit en excuse, portant ses mains contre son cœur comme pour se défendre de toute condamnation. Encore a moitié perdu au sein de mon abandon contemplatif, je me demandais un instant si ce n'était pas un envoyé céleste venu m'offrir une rose sanglante. Étrangement, je comparais souvent les jeunes filles que je rencontrais à des anges. J'avais toujours la sensation qu'elle abritait un inaccessible paradis au fond de leur regard, que leur âme était dénuée de toute trace de vice. Que leur beauté était un reliquat de celle les ayant quitté lorsqu'elles churent du paradis. Ne le faisais je que par opposition à l'image maudite et malfaisante que je me renvoyais moi même ? Je n'aurais su le dire. Les anges pouvaient s’avérer plus trompeurs et tentateurs encore que les démons. Personne n'était à l'abri de leur pleurs innocents qui vous laceraient le cœur. La douleur qu'ils pouvaient causer n'était jamais de leur fait … C'est les voir souffrir qui causait notre propre douleur.
La jeune fille donc, ne semblait pas dotée d'ailes. A moins qu'elle ne les dissimule sous le pull gris où reposaient ses mains.  

Mon regard égaré se posa dans le sien tandis que j'esquissais un faible sourire. Elle avait de très beaux yeux bruns, s'accordant avec celui de ses cheveux encore trempés par la pluie. Elle devait être a peine plus âgée que moi, ou du moins physiquement. La probabilité qu'elle soit une vampire était assez mince, comme celle qu'elle connaisse notre existence. A ses yeux, je devais juste paraître excessivement pale.


« Il n'y a pas de mal ne t'en fais pas. Cependant tu aurais pu tomber … Prend garde à ne pas trébucher »

L'expression de mon visage tranchait avec l'attention et la douceur dont résonnait ma voix. Mon expression était demeuré mélancolique, mes traits froids et indifférents, en opposition totale avec l’inquiétude qu'aurait pu supposer ma voix. Je voyais des gouttes d'eau courir encore le long de ses boucles brunes, celles ci ne semblant pas encore tout a fait sèches. Je penchais doucement la tête sur le coté, esquissant un pale sourire.

« Tu ne crains pas d'avoir froid ? Tes cheveux sont trempés »

Ces propos m'étaient venus spontanément, si bien que je les avais laissés filer entre mes lèvres, comme un murmure. Cependant, cela était plutôt risible : mes propres cheveux dégoulinaient encore des larmes du ciel, refroidissant ma nuque. Des mèches noirâtres collaient mon front et mes joues, tant et si bien que paraître ainsi inquiété était … étrange et inapproprié. Je n'y avais pas prêter garde.
Je lui tendis alors le T-Shirt que j'avais gardé à la main. Il n'y avait personne aux alentours, et il valait mieux qu'un bout de tissu soit trempé plutôt qu'elle tombe malade. Je n'aurais qu'a m'en trouver un autre.
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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Lun 16 Fév - 23:53

Merry observait silencieusement le jeune homme face à elle. Il avait ce qu'elle pouvait ainsi décrire comme étant un style assez sombre, mystérieux. Elle s'était toujours faite une image assez particulière des gens comme ça. Un peu dépressifs, toujours portés vers la mort, la douleur physique comme morale. Mais elle n'en avait jamais réellement côtoyé, et si ses a priori étaient nombreux, elle serait ravie de régler la chose afin de pouvoir effacer toutes ces mauvaises idées qu'elle pouvait se faire sur ce type de personnes.

L'adolescente remarqua le léger sourire qui s'était étiré sur les lèvres de son camarade. Est-ce que c'était elle qui le faisait rire ? Elle ne pensait pas que la situation puisse être sujette à la plaisanterie, mais pourquoi pas.
Son regard vint se poser sur le sien et... Silence radio. Elle cessa tout geste le temps de, se contentant de le regarder. Des yeux vairons ? C'était la première fois qu'elle en voyait, enfin, en ayant la personne face à elle. La couleur habituelle dans ces cas-là était généralement le brun et le bleu, mais lui non. Si l'un des deux était bleu, l'autre virait plus vers le... Gris. Il n'y avait même pas de mot pour décrire l'intensité de son regard, c'était tout simplement électrisant, même s'il ne dégageait rien de particulièrement agréable. Est-ce que c'était ne serait-ce qu'humainement possible ?

La douceur de sa voix, lorsqu'il lui adressa la parole, fut flagrante, elle aussi. Elle ne ressemblait tellement pas à l'image qu'il pouvait donner, physiquement, de lui. L'espace d'un instant, elle se surprit à l'imaginer, prisonnier de sa propre apparence. Comme l'oiseau que l'on priverait de toute sa beauté, admiré entre les barreaux de sa cage par la foule.
L'idée de lui arracher ses vêtements pour le libérer ne lui avait pas traversé l'esprit, hein, mais si on lui avait proposé de l'aider à pouvoir alléger le fardeau qu'il pouvait porter, elle l'aurait sans doute fait.

Il l'avait directement tutoyée, sans doute plus par réflexe qu'autre chose. C'est parce qu'elle était jeune, c'était quelque chose de naturel, on ne vouvoie pas les jeunes personnes. Mais ça ne la dérangeait pas, au contraire. Elle se serait sans doute un peu mal sentie s'il l'avait vouvoyée, surtout qu'en général, lorsqu'on ne connaissait pas la personne, ça s'accompagnait d'un « Madame », et là, ça aurait été carrément déplacé, de quoi rendre ses propos peut-être un peu cinglant.
Elle n'était pas une dame, et bien qu'ils aient retiré l'appellation de la langue française, c'était toujours « Mademoiselle », pour elle. Mais il avait sans doute fais ce qu'il fallait, en s'adressant à elle à la deuxième personne du singulier, ça lui allait parfaitement, et elle aurait sans doute fait la même chose à son égard.

Il lui conseilla de faire plus attention, à l'avenir, ce à quoi elle lui répondit en s'excusant de nouveau. Oui, ce n'était sans doute pas vraiment la réponse à laquelle il devait s'attendre, mais elle se voyait mal lui répondre que oui, elle ferait plus attention la prochaine fois, alors qu'elle ne le ferait peut-être pas. Non pas qu'elle était une espèce de rebelle dans l'âme, avec un esprit de contradiction, mais elle devait surtout être étourdie, et c'était dans sa nature de ne pas réellement prêter attention à ce qui l'entourait. Elle se concentrait sur une chose, et en oubliait totalement le reste. C'était une qualité comme un défaut, mais elle s'en contentait plutôt bien dans les deux cas.

Sa tête s'inclinant sur le côté, il lui demanda si elle ne craignait pas d'avoir froid, ses cheveux étant mouillés. Par réflexe, la Sorcière passa une main dans ceux-ci, comme pour s'en assurer et, effectivement, ils étaient bien mouillés. Mais pas tant que ça non plus... Quelque chose de proportionnel à ce qui tombait des cieux à l'extérieur.

Ça ne l'étonnait pas plus que ça, son vêtement était plus esthétique qu'autre chose, la capuche était là pour faire jolie et non pour réellement la protéger, même si elle s'attendait à ce que cela absorbe plus que ça. Enfin, ce n'était pas grave. Elle était une Sorcière de Feu, elle ne craignait rien, la chaleur naturelle de son corps viendrait bien vite à bout de ce détail.

N'aimant pas l'idée qu'il puisse garder ainsi le bras tendu vers elle, Merry prit le vêtement dans ses mains, et le regarda un instant avant de relever les yeux vers son camarade.


« J'ai pour habitude de laisser les larmes sécher seules. Déclara-t-elle, avant de se reprendre. Enfin, je veux dire, ils vont sécher tous seul, ne t'en fais pas. Mais merci. »


Elle se doutait bien qu'il n'avait pas réellement pu comprendre de quoi elle pouvait parler. Après tout, qui pourrait bien penser que des Anges étaient capables de pleurer, ou ne serait-ce que d'exister ? Mais sans le savoir, ils vivaient tous dans un monde bien étrange. Le Refuge existait, lui, et toutes les personnes en son sein étaient spéciales, alors pourquoi, quelque part dans le ciel, n'y aurait-il pas un petit être aux ailes blanches, capable de ressentir la douleur comme nous la ressentons ?
C'est fou comme son entrée au Refuge avait pu changer sa vision des choses. Mais si elle avait su accepter la présence de merveilleuses espèces, elle devait bien accepter celles de ce qui pourrait la terrifier. C'était un prêté pour un rendu, un pas en avant pour un en arrière. Il fallait accepter les bonnes, comme les mauvaises choses.

Le vêtement toujours dans les mains, elle caressa le tissu du bout des doigts, avant de le tendre de nouveau à son camarade, un léger sourire sur les lèvres.


« Je suis certaine qu'il sera mieux sur toi que dans mes cheveux. »


Elle n'avait pas eu le temps d'en apprécier le motif qui le recouvrait, mais elle ne doutait pas du fait qu'il soit beau, à sa façon. Le touché avait été doux, lui, par contre, et ç'aurait très certainement été du gâchis s'il s'était retrouvé abîmé, mouillé, par la pluie, ou ce que l'on pouvait considérer comme des larmes. La Peine abîme toujours tout ce qu'elle touche : Le corps, l'esprit... Le cœur. Si elle pouvait épargner un pauvre T-shirt d'un quelconque contact avec la Douleur, alors elle le ferait.

Il s'inquiétait même du fait qu'elle puisse avoir froid, alors qu'au vu de la pâleur de sa peau à lui, on pouvait se demander si ce n'était pas lui qui ressentait la fraîcheur du temps, ou s'il n'était déjà pas tombé malade. Elle s'abstint tout de même de poser la question. Après tout, ça ne la regardait pas vraiment, et ce serait peut-être un peu déplacé si... C'était naturel.

Alors que Merry se serait habituellement retournée, prête à s'en aller, elle se surprit à ne pas bouger cette fois-ci, ne bougeant pas d'un pouce de sa place. Afin que la situation ne devienne pas étrange ou gênante, pour elle comme pour lui, elle lui tendit finalement la main, un petit sourire aux lèvres.


« Merry Jones, enchantée. »
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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Dim 22 Fév - 18:32

Le silence s'était emparé des lèvres de la jeune fille tandis que ses yeux avaient plongé dans les miens. Mon propre regard se confondit avec le sien, s'y noyant. Puis vient cette sensation de chute. Celle que j’éprouvais parfois en me perdant dans la contemplation du visage d'un autre, une délicieuse précipitation au cœur des mes propres sens mais aussi de celle face à moi. J’ignorais tout de l'intensité que revêtait mon regard, me perdant seulement dans celui de l'adolescente. Ses prunelles m’apparaissaient comme deux couloirs aux parois recouvertes de pierres luisant faiblement, de la couleur feutrée du quartz fumé. La brume rougeâtre qui serpentait encore dans mes pensées apportait sa propre teinte à la lumière tamisé dans laquelle je me confondais peu à peu,  nuançant ma vision de grenat ou d'une teinte proche de celle du rubis du soir. La beauté de ma vision me saisit par la réalité que je lui accordais, de sorte que je pouvais presque effleurer le voile de lumière si je tendais le bras. Mais à cet instant c'est la peau de la jeune fille que le bout de mes doigts blanchâtres auraient rencontré. Cette absence de dissociation entre réalité et songe ne dura cependant qu'un seul instant. Je rougissais donc faiblement de nouveau et détournais mon regard vers le sol, revenant à la réalité. J'avais pris un réel plaisir à m'abandonner aux tréfonds de son regard et cette perspective m'effrayait. Perdre ainsi mes moyens face à quelqu'un ne faisait que me rappeler ma fragilité, cette facilité de voler en éclats que je maudissais à chaque nouvelle aube.
Elle me présenta de nouveau ses excuses, ce que je ne relevais pas. Lui dire à nouveau que ce n'était pas important nous aurait vite entraînés dans une spirale de fausse politesse.
Je relevais les yeux vers elle tandis qu'elle prenait le T-shirt demeuré tendu durant ces quelques instants. Nos regards se croisèrent à nouveau … Mais ce n'est pas la profondeur de ses yeux qui m'attira cette fois. Ce furent ses mots.

« J'ai pour habitude de laisser les larmes sécher seules ... ». Sa voix résonnait en moi d'un inlassable écho. Je demeurais interdit un long moment, rivant mes prunelles sur celle que j'avais pris pour un ange jaloux d'abriter ses ailes des regards du damné que j'étais, les dissimulant sous l'étoffe grisâtre de son vêtement. Je la regardais donc, interdit. Cela ne pouvait être vrai. J'avais du mal entendre, mal saisir ses mots. Sa voix faisait pourtant encore vibrer chaque parcelle de mon être. Elle voyait dans la pluie des larmes … J'y voyais les pleurs des veines angéliques, elle y voyait de célestes sanglots. Je voyais dans le ciel constellé de nuages les bords d'une plaie à peine refermée, encore trempée du nectar rougeâtre dont je me délecte. Elle y voyait un vaste iris duquel avait coulé ces perles transparentes et irisées, se consumant à la rencontre du sol. Comme si le céleste ne pouvait survivre sur terre … Comme si la pureté immaculée et la souillure impure ne pouvaient se confondre. Certains pleuraient parfois dans leur sommeil, pleuraient les ailes qu'ils ne possédaient pas, damnant leur enchaînement au sol terrestre … Les anges pleuraient ils, leurs veines pleuraient elles, parce que leurs ailes les enchaînaient au ciel ?
Mes songes paraissaient si fantasques, si romanesques … Ils pouvaient paraître tant inconcevables … Mais j'y croyais au fond de moi même. J'y croyais, car je suis prêt à me persuader de n’importe quoi tant que c'est parfaitement incroyable. Imaginer que celle que j'avais pris pour un ange était trempée par les larmes, le sang, d'un véritable être céleste n'était pas seulement incroyable, c'était juste … sublime. Les légères boucles brunes qui tombaient sur ses épaules m'apparaissaient sous un nouveau jour. Ou était ce seulement mon regard qui avait changé ?
Je demeurais cependant silencieux. Je sentais qu'il était inutile de lui dire ce que je pensais moi même de la pluie, de l'effet que m'avaient prodigué ses mots. Nos regards ne s'étaient pas quittés et je ne doutais pas qu'elle saurait lire en eux toutes ces choses que je n'exprimais pas.

Elle me tendit de nouveau le vêtement, alors que sa phrase peignait sur mon visage un faible sourire. Ce point de vue pouvait se comprendre oui, si l'on ne voyait dans l'étoffe uniquement de quoi se revêtir … J'y avais vu un baume, un tissu pour recouvrir la plaie et panser l’angélique douleur qui baignait ses cheveux.


« Je pense qu'il t'aurait sied aussi bien qu'il pourrait le faire à mon égard … Si toutefois tu n'en ornais pas tes cheveux, bien entendu. Il serait lui même plus heureux d’être contre ta peau »

L’esquisse d'un sourire amusé se dessinait sur mes lèvres, prenant le pas sur celui qui les occupait quelques secondes plus tôt. Je venais d'assimiler le fait d’être contre sa peau comme un bonheur oui, mais je ne me le destinais pas. La pensée que cette phrase pouvait être interprétée de cette façon m'amusait plus qu'elle ne me gênait, mais je n'en laissait rien paraître. Mon sourire s’effaça tandis que mes lèvres retrouvaient leur pose inexpressive, mon visage se voilant de nouveau dans l'antipathie et la mélancolie. Comme si ce sourire n'avait été qu'une éclipse … La disparition d'un soleil glacial et dénué depuis longtemps de toute trace de chaleur. Une étoile morte, ne brûlant plus que d'un spleen douceâtre et noirâtre.

Je m'attendais à ce qu'elle tourne les talons, a ce qu'elle disparaisse dans les méandres de la boutique. Je me serais moi aussi détourné retournant à mes achats. Puis elle m'aurait oublié. J'aurais cessé de penser à elle, et je me serais ce soir glissé dans la nuit pour raconter à la Lune que j'avais aujourd'hui rencontré une jeune fille qui voyait dans la pluie des larmes. Le ciel délavé aurait luit faiblement à 'écoute de mes mots et, là haut, un ange aurait peut être sourit si il m'avait entendu. Et j'aurais fini par l'oublier moi aussi. J'aurais fini par oublier la jeune fille qui voyait des larmes dans la pluie …  
Mais elle fit voler en éclats mon songe, comme elle fit voler en éclats le nom que j'employais par pensée pour la désigner. Son nom seul brisa tout cela.
Je la regardais, surpris. Elle me tendit sa main, m'invitant à me présenter à mon tour. J'hésitais, me mordillant faiblement la lèvre inférieure. Je ne voulais pas qu'on me tende la main. Il s'agissait là d'un geste anodin, banal … Mais à mes yeux, cela allait bien au delà. Laisser quelqu'un nous tendre la main, c'est prendre le risque d'y entrelacer nos doigts … Je ne voulais nouer de contact, de relation, avec quiconque. J'avais peur. Peur d'être rejeté dès que l'on apprenait qui j'étais, ce que j'étais. Rien ne disait que nous étions destinés à devenir amis. Cela ne m'avait pour l'instant pas encore traversé l'esprit. C'est le symbole même qui me heurtait.  
Cela pouvait se lire dans mon regard effrayé. Je fouillais le sien comme pour y rechercher un point d’attache, quelque chose qui m'indiquerait que je rêvais de nouveau, que je m'étais égaré. Mais non. La main qu'elle me tendait était bien réelle. Et malgré le fait que je l'assimilais à un être céleste, elle aussi était bien là.
Je soupirais faiblement. Je maudissais silencieusement cette éternelle fragilité, cette peur de l’autre, ou plutôt de la perte de l'autre. Je maudissais que Merry, puisqu'il s'agissait là de son nom, me fasse par ses traits songer à quelqu'un que j'avais perdu.

Je me saisis donc de sa main avec la délicatesse qui m'étais propre. Ma peau froide frôla doucement la sienne, tandis que je retournais sa main pour la porter à mes lèvres et que j'esquissais une inclinaison. J'effleurais donc le dos de sa main, y déposant un léger baiser, léger et éphémère. Vieux jeu, moi ? Probablement oui … Mais ma conscience me tenait de respecter (plus ou moins) les usages de mon rang. Je le devais à la mémoire de mes parents. Je ne souillerai pas plus le nom des Vyrad. Je ne laisserai pas ma dignité être réduite, tout comme eux, en cendres.
Je me redressais lentement, sa main toujours déposée dans la mienne. De l'autre main, je traçais un sillage le long de la peau de la main de la jeune fille. Elle me surprenait … Elle dégageait une étrange chaleur, inhabituelle chez une humaine. Malgré le froid qui régnait dehors, la pluie qui avait détrempé ses cheveux, sa peau demeurait immaculée de toute trace d'eau. Mon geste pouvait paraître étrange et déplacé. Je relevais alors vers elle mon regard empreint de mélancolie, et l'observait avec intensité. Une intensité non inquisitrice mais … fascinée.  


« Anathème Vyrad … Fasciné »

Je relâchais doucement sa main et esquissais un faible sourire, celui ci illuminant de nouveau mon visage et chassant la mélancolie qui y résidait.
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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Dim 26 Avr - 18:21

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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Sam 2 Mai - 19:08

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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Sam 2 Mai - 19:10

Elle l'avait fait spontanément, comme si c'était normal, quelque chose de tout à fait naturel. Du moins, pour elle, ça l'était, c'était normal. Mais peut-être qu'il venait d'une autre région, quelque part où ce genre de choses ne se faisaient pas ? Malgré cela, la première chose qu'elle remarqua fut l'hésitation dans le regard du jeune homme, alors qu'ils se regardaient, celui-ci portant sa lèvre à ses dents. A ce qu'elle avait entendu dire, se mordiller la lèvre inférieure libérait une toxine qui aidait à évacuer la nervosité, à se détendre. L'avait-elle mit mal à l'aise, ou fait quoi que ce soit qui puisse le gêner, moralement parlant ? Ça ne l'étonnerait même pas, elle était souvent maladroite dans ses propos. Peut-être avait-elle été un peu trop directe avec lui ? Certaines personnes avaient besoin de plus de temps que d'autres, pour diverses raisons personnelles, ne concernant qu'eux.

L'adolescent se saisit finalement de sa main, la sensation de sa peau froide contrastant avec la chaleur de la sienne. Un pareil contact aurait naturellement dû la faire frissonner, ou du moins c'est ce qui aurait dû arriver à une personne on ne peut plus normale, mais la chaleur de son corps provenait de son Don, de sa magie du feu. Elle avait toujours été comme ça, depuis sa plus tendre enfance, tout lui paraissant plus ou moins froid à comparaison d'elle, elle avait eu le temps de s'y habituer, bien que sa peau à lui lui paraisse plus froide que celle des autres personnes qu'elle avait pu toucher auparavant. Il ne faisait pas très beau dehors, le temps était plutôt frais, peut-être que c'était à cause de ça. La météo influe souvent sur la température du corps humain. Enfin, à part la sienne, ce qui lui faisait du coup se demander si elle devait se considérer comme une humaine ?
Sans doute que oui, mais une humaine spéciale, alors.

Alors que Merry s'attendait à ce que l'échange soit court, une simple poignée de main afin d'officialiser leur rencontre, son camarade n'en fit pas, et porta ses lèvres contre sa peau. A cet instant, elle sentit ses joues s'enflammer, plus que ce n'était le cas habituellement, la mettant légèrement mal à l'aise. Elle n'était habituée à voir ce genre de choses que dans les livres qu'elle lisait, mais jamais à y assister, et encore moins à le vivre. Elle en ressentit une agréable sensation, comme si elle était une personne importante, une personne que l'on traitait de la meilleure façon qui était, de celle qu'elle méritait.
N'était-ce pas là des manières anciennes, provenant généralement de l'aristocratie ? Elle lisait des scènes comme ça dans des romans se déroulant généralement dans une époque passée, avoisinant le Moyen-Âge. Elle se sentit comme une princesse, et ça lui plaisait.

Le jeune homme se redressant, elle le laissa faire tandis que ses doigts allaient à la rencontre de sa peau, pour ce qui était peut-être la troisième fois en l'espace de quelques secondes. Elle aimait la douceur de cette caresse, même si elle ne représentait sans doute pas grand chose pour lui, et qu'il devrait en être de même pour elle. La Sorcière aimait également son regard, aussi étrange que cela puisse paraître. Il était différent des autres, pas à cause de la couleur ou de la forme de ses yeux, non, il était différent à sa façon, à cause de son intensité. Il s'en échappait quelque chose de spécial, de nouveau, qu'elle n'avait encore jamais vu auparavant. Elle ne saurait le traduire, ce qu'il représentait, mais c'était fort, vraiment, au point qu'elle ne puisse pas le rater ou s'en séparer.

Elle resta sans voix à la façon dont il s'adressa à elle, celle-ci sembla pourtant tout à fait naturelle. Fasciné ? Ainsi donc, c'était ce qu'il ressentait à son égard, de la fascination ? Il est vrai qu'ils n'avaient peut-être pas eu une rencontre des plus banales, et que cela s'expliquait donc, mais tout de même. De la fascination, à son égard ? Elle n'en revenait pas tellement, en quoi était-elle fascinante, ou du moins plus qu'une autre, mis à part grâce à son don ? Mais cela, il n'en avait pas conscience, il ne le savait pas. Après tout, ils étaient en ville, là où les humains tout à fait normaux sont tous le temps, là où les êtres à dons comme elle ne doivent normalement pas être. Il était sans doute comme 90% des gens de cette planète, à vivre sa vie sans se soucier du reste, à se soucier de combien de forfait il lui reste sur son téléphone portable plutôt qu'à se demander s'il sera capable de résister à l'envie de mordre quelqu'un, comme ce serait le cas pour un Vampire.
Mais elle ne le jugeait pas pour ça, il avait raison, et même beaucoup de chance. Si la plupart des gens seraient « honoré » d'avoir un don tel que le sien, très peu ont conscience des sacrifices que cela impose.
Encore aujourd'hui, elle se demandait comment elle et tant d'autres élèves du Refuge, avaient pu faire pour accepter de quitter leur famille avant de se rendre là-bas. Elle-même avait lâchement abandonnée sa famille, sans même un mot d'au revoir. Elle était partie comme si de rien n'était, comme si elle comptait un jour revenir, ce qui ne serait sûrement jamais le cas. Combien de parents, à cause de cela, on pu perdre leur enfant ? Combien d'enfants sur cette planète sont recherchés pour disparition ? Elle serait prête à jurer que son nom se trouve dans la liste de ces jeunes enfants disparus. Malgré cela, elle s'interdisait le fait d'être triste, parce qu'elle avait fait d'elle-même ce choix, et qu'elle ne le regrettait pas, même si sa famille lui manquait par moment. Il lui restait encore de bons souvenirs, ceux auxquels elle ne se détacherait jamais.

Son esprit vagabondant dans les méandres de son imagination, Merry retrouva finalement sa lucidité, sortant de sa rêverie. Anathème, parce que c'était son prénom, était toujours face à elle, un léger sourire sur les lèvres, auquel elle lui répondit, portant inconsciemment sa main, qu'il avait un peu plus tôt relâchée, contre son cœur.

A présent, elle ne savait plus tellement quoi lui dire, ne pensant pas qu'engager la conservation sur un sujet des plus banals serait la meilleure chose à faire. Elle doutait du fait qu'ils aient les mêmes centres d'intérêts, ils semblaient si différents. Il était quelqu'un de tellement calme et semblait si paisible, qu'est-ce qu'il pouvait bien aimer ? Peut-être la littérature, comme elle, elle le voyait bien également jouer aux échecs, il avait l'air plutôt vif d'esprit. Qu'est-ce qu'elle aimait, elle, à part sa montagne de livres dans sa chambre de dortoir, au Refuge ? La sensation de son cœur battre dans sa poitrine, et le bruit de son pouls s’accélérant, résonnant parfois dans son esprit. A moins que ce ne soit simplement la sensation d'être en vie, qu'elle aimait ?

L'adolescente ne souhaitait pas forcer les choses, et préférait laisser le temps faire ce qu'il devait accomplir. Ce qui doit arriver, arrivera, chaque chose en son temps.


« Je euh... Je pense qu'il vaudrait mieux que j'y aille. Déclara-t-elle finalement, esquissant un pas en arrière. J'ai été ravie de faire ta connaissance et, si ça doit arriver, alors... On se reverra. Donc je te dis à bientôt, j'espère. »


Elle n'avait rien de précis en tête, quant à ce qu'elle comptait faire à présent. Peut-être juste rentrer chez elle, enfin, au Refuge, le souvenir de sa venue au centre commercial s'étant évanoui aussi vite que le torrent de larmes que versait un peu plus tôt le ciel. Et si à présent les nuages s'en allaient, alors elle pouvait en profiter pour faire de même, elle espérait seulement qu'il ne lui en tiendrait pas vraiment rigueur, qu'il ne penserait pas qu'elle cherchait à l'éviter ni quoi que ce soit qui puisse être vu d'une mauvaise façon.
La jeune sorcière avait simplement ressentit le besoin de se retirer, pour une raison qu'elle-même ne comprenait peut-être pas...
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MessageSujet: Re: Il arrive parfois aux anges miséricordieux de pleurer, eux aussi ... [Merry Jones /Anathème Vyrad]   Mer 1 Juil - 12:45

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