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 Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]

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MessageSujet: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Dim 11 Jan - 15:46

Hazaka n'avait jamais vu de bibliothèque aussi grande. Elle s'étendait sur deux étages, et les étagères étaient pleines à craquer. Jamais elle n'aurait pensé cela possible, dans un établissement scolaire. Cependant, le Refuge était loin d'être petit, ça non. Elle avait pu le constater en flânant dans les couloirs. Ils étaient tout aussi grands, ne se croisaient quasiment jamais, et emmenaient tous à un lieu différent du Refuge. Bien évidemment, avec son sens de l'orientation hors-pair, elle avait réussi à se perdre... Rien de bien étonnant de la part de la jeune fille. Mais cependant, elle ne s'en plaignait pas. Grâce à cette perdition, elle avait pu trouver cette bibliothèque ! En soit, l'endroit idéal, puisqu'elle fallait qu'elle travaille, les cours ayant commencé pour elle, bien qu'elle soit à peine arrivée.

Le deuxième étage semblait être consacré à tout ce qui était histoire de la magie, et à la pratique de la magie elle même. Et elle repéra assez vite des livres sur le feu qui serait susceptible de l'intéressé. Elle n'y connaissait pas grand chose pour le moment, bien qu'elle contrôle plutôt bien son pouvoir. Sauf quand elle s'énervait, là, elle n'y arrivait plus. C'était un peu comme si de la lave en fusion se mettait à couler dans ses veines sans qu'elle puisse l'arrêter, et elle devenait incontrôlable... Elle avait failli faire brûler sa maison à cause de ça. Elle se mit à rire en repensant à ça. Elle se rappelait toujours de la tête choquée de sa mère, et de l'expression amusée de son père, qui s'était néanmoins demandé comme une si petite allumette avait pu s'enflammer aussi vite. Et en fait, elle s'était simplement enflammé à cause de ses émotions trop fortes...

Elle se releva, ajustant sa robe beige. Elle était simple, arrivait au genou, et le seul brin de fantaisie qu'elle possédait était ce ruban qui se trouvait juste en dessous de sa poitrine. Elle attrapa la pile de livres. Elle allait en avoir pour des heures à recherche là dedans, mais tant pis. Cela ne la dérangeait pas tellement en réalité. Même si elle préférait faire l'imbécile, être sérieuse était une chose qui, pour elle, était tout autant important. Elle voulait réussir ses études, et puis, elle aurait bien le temps de s'amuser après.

Hazaka se dirigea vers les escaliers qui menaient au rez-de-chaussé de la bibliothèque, prenant garde de ne pas tomber. Elle ne mettait quasiment jamais de talons, mais aujourd'hui, elle avait fait une exception, lui faisant gagner trois précieux centimètres. Elle n'était pas très grande, alors elle pouvait se permettre de tricher. Elle regagna sa place assez rapidement, ne faisait presque pas de bruit, si ce n'est le bruit régulier de ses talons sur le sol. Elle s'installa, puis, pour ne pas être gênée, attacha ses longs cheveux en une queue de cheval haute, un peu n'importe comment, il fallait se l'avouer. Mais la jeune japonaise s'en fichait pas mal, après tout, elle n'était pas là pour plaire aux autres. Elle entretenait son physique, mais n'y accordait pas une importance capitale.

Elle ne perdit pas plus de temps et attrapa le premier livre, se plongeant dedans tout en mâchouillant son stylo. Bien évidemment, le livre était en français, mais elle, elle gribouillait ses notes en japonais, ce qui donnait une bouillie de caractère plus ou moins compréhensible. Elle arrivait à peu près à se relire, c'était le plus important... Une moue se dessina sur ses lèvres, elle ne comprenait pas tout ce qu'elle lisait, peut être faudrait-il qu'elle aille chercher un dictionnaire, sinon, elle n'arriverait à rien. Elle releva la tête, ferma les yeux et se massa un instant les tempes. C'était une bonne idée. Elle se leva donc une nouvelle fois, et alla de nouveau se perdre entre les étagères du premier étage. Elle avançait tout en se mordillant les lèvres, ne sachant pas tellement où chercher, n'étant même pas sûr que les dictionnaires soient rangés dans des étagères, néanmoins, elle continua à chercher. Et s'il s'avérait qu'elle ne les trouve pas, elle prendrait l’initiative d'aller demander. Si elle ne demandait pas tout de suite, c'était à cause de sa timidité. Elle n'aimait pas devoir s'imposer pour demander quelque chose alors... Elle préférait d'abord chercher par elle même.
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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Mer 11 Fév - 16:24

Les heures passaient lentement. Je levais de temps à autres le regard vers l'horloge suspendue au mur, et demeurais interdit quelques instant devant la lente danse des aiguilles. Elles se mouvaient faiblement sous le dôme de verre, allant et venant dans un ballet régulier. Je soupirais faiblement, songeant que le temps se plaisait à s'étendre pour raviver nos douleurs. Si les horloges étaient véritablement des opéras où se jouaient tant d’œuvres meurtrières, les aiguilles dansant au rythme des grincements des rouages, le Temps serait sans conteste l'auteur des pièces y étant données. Les jours que je passaient à écouter ses œuvres, à les contempler d'un air absent, étaient toujours pour moi synonyme d'oubli. Je m'asseyais devant une horloge, le regard rivé vers le cadran, et j'écoutais simplement le léger Tic-Tac que le mécanisme émettait. Chaque avancée des aiguilles, chaque son du riche mécanisme m’emmenait ailleurs, loin de mon corps et de mes pensées. Je me laissais simplement dérivé le long d'un sinueux fleuve temporel, le visage tourné vers les eaux bleuâtres. Tandis que l'eau pénétrait mon corps, je pénétrais le vide. Tout s’effaçait alors. J'avais la délicieuse sensation de m'enfoncer dans l'eau, de sombrer pour ne jamais refaire surface. Hélas, comme si il eut craint de se noyer, mon esprit finissait par quémander de l'air, émergeant du lac clair de l'absence. Tout me revenait alors, tandis que je me noyais de nouveau. Non plus dans le vide mais dans mes pensées.
Les instant s'écoulaient donc lentement. Mes doigts fins et blanchâtres allaient et venaient sur la table, ne laissant rien dans leur sillage si ce n'est l'invisible tracé d'arabesques complexes. Je m'étais réfugié dans la bibliothèque depuis plusieurs heures déjà, avide de solitude et d’égarement au sein des ouvrages dont recelait l'endroit. Ma joue était nichée dans le creux de la paume de mon autre main, tandis que mes yeux dévorait les lignes de l'ouvrage face à moi : La chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXe siècle – Le romantisme noir, de l'auteur italien Mario Praz. La lecture s'avérait fascinante, bien que connue : cela devait être la dixième fois depuis que j'étais au Refuge que je me plongeais dans les mots obscurs, constellant la blancheur des pages comme des larmes d'encre sur la neige. Les rayonnages de la bibliothèques étaient extrêmement riches, si bien que je n'en avais toujours pas fait le tour complet. J'avais néanmoins lu la majorité des ouvrages traitant du romantisme, et plus particulièrement celui de Baudelaire ou de Poe. Je succombais toujours au sublime de leurs vers, au charme funeste de leurs mots. Je savourais avec délice toute la douleur qui en émanait, me laissant bercer par la métrique et l'harmonie de leurs œuvres. J'avais mes propres exemplaires des Fleurs du mal ou encore des Nouvelles histoires extraordinaires. Mais je ne me lassais pas de me plonger dans les éditions enluminées dont disposait la bibliothèque. Les livres eux même étaient magnifiques, et c'était un plaisir de s'y abandonner. Près de moi se tenait en équilibre un pile d'ouvrages, dont les noms des auteurs semblaient se confondre en un chœur douceâtre : Oscar Wilde, Dante, Blake, Milton, Goethe … A force de lire, j'avais appris à survoler les pages de manière extrêmement rapide vis à vis d'un humain, sans néanmoins oublier de savourer la beauté des passages ainsi lus. La plupart des vampires avides de savoir et de lettres finissaient par développer cette habitude. Avec les années, la lecture se faisait de plus en plus rapide, si bien que les vampires les plus âgés pouvaient lire dans son intégralité un ouvrage de Freud en moins de vingt minutes. Je mettais personnellement environ deux heures.
La dernière page émit un léger froissement lorsque je rabattais sur elle la quatrième de couverture. Je déposais l'ouvrage sur le dessus de la pile à ma gauche, avant de tendre l'autre main vers la droite. Elle ne rencontra … que le vide. Je tournais la tête, mes cheveux mi longs laissés libres venant caresser mes joues et ma nuque. Ma main était immobile à quelques centimètres au dessus de la table, flottant tel un fantôme diaphane. J'avais lu l'ensemble des ouvrages que j'avais tiré des rayonnages en arrivant, il y a maintenant plusieurs heures. Je haussais vaguement les épaules, comme à moi même. Je reculais donc ma chaise, pris la pile dans mes bras et me dirigea vers le premier étage de la bibliothèque afin d'y replacer les livres empruntés.

Laissant derrière moi ma table du rez de chaussé, je gravissais rapidement les quelques marches menant à l'étage. J'aurais pu faire le trajet jusqu'à la section voulue les yeux fermés, tant j'avais l'habitude de m'y rendre. Néanmoins l’équilibre précaire des ouvrages dans mes bras me fit vite renoncer à cette idée.
Je me glissais entre les chaises et les étagères, celles çi frôlant tantôt le pan de mon gilet noir. J'avais passé celui ci par dessus un T-shirt noir lui aussi, avec un pantalon du même ton sombre, orné d'une chaîne discrète sur le coté gauche. Un pendentif en argent représentant une rose luisait faiblement sur mon torse. La présence de l'argent contre moi ne me faisait souffrir d’aucune gêne : la supposée douleur que ressentaient les vampires à son contact n'était qu'une superstition, du même rang que notre crainte de l'ail. L'odeur m'en faisait juste éternuer.
Lorsque je gagnais enfin l'allée espérée, je constatais qu'une jeune fille s'y trouvait déjà. Je haussais les sourcils, quelque peu étonné : je n'avais pas l'habitude de croiser quelqu'un dans cette partie ci de la bibliothèque. Me rapprochant peu à peu de l'endroit où elle se trouvait afin de ranger les livres en équilibre contre moi, je remarquais qu'elle se mordillait doucement la lèvre. Ce détail me fit faiblement sourire : elle avait de très belles lèvres, dont la nuance devait se trouver entre le vermeil et le nacarat. Il eut été dommage d'en atteindre à leur courbe délicate, à mes yeux du moins.
Je me rapprochais du rayonnage, n'y pensant plus. Je me glissais de nouveau dans un sentiment de douce mélancolie, songeant à ce que je pourrais lire ensuite. Je me saisis du premier ouvrage de la pile, The Marriage of Heaven and Hell de William Blake, le glissant à sa place entre deux autres livres aux couvertures pourpres et noirâtres.


Dernière édition par Anathème Vyrad le Mer 25 Fév - 10:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Mar 24 Fév - 15:38

Une bibliothèque, ça a bien des dictionnaires, non ? Hazaka commençait sérieusement à se poser la question. Soit c'était elle qui ne comprenait rien à ce qui était marqué sur la couverture des livres, soit il n'y en avait effectivement aucun. Elle ne cherchait peut-être pas au bon endroit non plus. En même temps, cette bibliothèque était tellement immense qu'elle était forcément obligée de se perdre...

Et bien sûr, faire le tour des allées ne servaient pas à grand chose, elle ne trouvait toujours rien. Ou bien, le livre qu'elle cherchait était-il situé en haut des étagères ? Ce qui expliquerait en parti pour elle ne pouvait pas le trouver ; elle était trop petite pour voir aussi haut. Elle soupira légèrement, mais ce n'était pas tellement le moment de se laisser aller. Elle soupira légèrement, mais ce n'était pas tellement le moment de se laisser aller. Elle ferait sans s'il fallait. Mais il y avait bien une autre solution que la jeune fille ne voulait pas utiliser tout de suite : demander de l'aide. Oh non, hors de question. Si elle se faisait refouler, ce ne serait sans doute pas drôle. Elle n'était pas du genre à pleurer (en réalité, si), mais elle était tellement à bout de nerfs qu'elle craignait le pire.

Elle revint sur ses pas, et une légère odeur de brûlé lui parvint. Oh merde. Elle baissa vivement les yeux, et pu dire adieu à son bracelet en tissus. Bah voilà, avec ses conneries, elle se rendait nerveuse pour rien. Elle devait se calmer, et puis pourquoi elle était nerveuse au fait ? Pour rien. Pour rien du tout. Elle cherchait juste un dictionnaire qu'elle ne trouvait pas, et elle allait juste demander au jeune homme qui se trouvait là-bas. Oui, voilà. Et puis, depuis quand il était là ? Mince, elle ne l'avait pas vu arriver.

Elle approcha doucement, pas très sûre d'elle pour le coup. Et si elle l'importunait ? Après tout, il voulait peut-être juste la paix... Et ne pas être dérangé. Si c'était le cas, bizarrement, elle ne doutait pas qu'il lui fasse comprendre, même s'il n'avait pas l'air méchant. Elle l'espérait.

- Excuse moi... Est-ce que tu sais où je peux trouver un dictionnaire... ?? 

Sa demande sonnait complètement ridicule à ses oreilles, mais elle n'avait pas vraiment le choix, et le bibliothécaire lui faisait beaucoup trop peur pour qu'elle lui demande quoique ce soit. Oui, la jeune demoiselle n'était pas très courageuse. Elle mettait ça sur le fait qu'elle venait juste d'arriver, mais la jeune sorcière savait pertinemment qu'elle était comme ça. Il n'y avait que Kelly qui ne lui faisait pas peur, aussi fou que cela puisse être. Elle la connaissait depuis tellement longtemps...

Et penser à son ami la détendit légèrement, et se trouva plus sereine en attendant la réponse du jeune homme. Ah, elle ne s'était pas présentée... Est-ce que ça se faisait dans ce pays ? Peut-être bien, dans le doute, elle le ferait quand il aurait répondu... S'il ne fuyait pas tout de suite. Ça lui était déjà arrivé après tout, alors autant se méfier un minimum. Pourvu qu'il lui laisse seulement le temps de le remercier.
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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Sam 28 Mar - 20:51

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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Sam 25 Avr - 14:29

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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Lun 27 Avr - 0:20

Les ouvrages quittaient un à un mes bras drapés de noir pour regagner l'ombre des rayonnages, ainsi que leur fin lit de poussière grisâtre. J'avais la sensation de déposer tout un monde au cœur d'un amas de cendres, comme si les âmes de ces damnés écrivains, de ces poètes maudits s'étaient consumées et n'avaient laissé derrière elles que ces reliquats de splendeur. Comme si les malédictions s'emparant de Dorian Gray, de « l’âme fêlée » de Baudelaire, recouvrant Faust et ses épaules voûtées par l'age et la lassitude, les actes de Wiliam Wilson ou les amours de Manfred avaient rongé ces auteurs comme le serait le cadavre par les vers, l'esprit par le remord. Je pouvais d'ici percevoir les insectes blanchâtres ramper le long de leur visage dont les yeux ne sont plus que de profond abîmes de ténèbres, des orbites dénués de toute lumière. Je les voyais s'insinuer dans les pores de leur peau, a la recherche d'une âme à infecter, d'une blessure à empoisonner, d'une pensée à détruire …  Je les sentais ramper sur ma propre peau, remonter le long de mon propre visage, envenimer ma propre âme. S'acoquiner avec mes démones intérieures, la solitude et la mélancolie. Ô répugnante vision, infâme sensation !
Je secouais doucement la tête, reposant avec une moue de dégoût sur les lèvres le dernier ouvrage de ma livresque Tour de Babel. Seul dans la splendeur, du poète britannique Keats. « Here lies one whose name was writ in water ». Une réminiscence soudaine assombrit mes pensées.

Le vent ne soufflait plus depuis plusieurs heures, ayant cessé d'emporter la lumière argentée de la nuit, ayant cessé de distiller les effluves de lune. Les cyprès se balançaient faiblement dans l'obscurité, tels des spectres floraux. Bien qu'à proximité du centre de Rome, le cimetière non-catholique était étrangement silencieux, dépourvu de toute présence. C'était une nuit dédiée aux âmes perdues. Quelques heures dont la Nuit elle même faisait don à ses enfants. L'air embaumait les  fleurs fanée, ainsi qu'un vague parfum de putréfaction qui n'était pas des plus désagréable. Je le humait avec délice, avec avidité. Devant mes yeux se dressait la tombe où sommeillait éternellement un corps que toute vie avait depuis longtemps quitté. Le nom était encore visible sur la pierre froide et grisâtre, sous la fine couche de givre que l'hiver avait déposé sur le marbre dépourvue de lierre. « John Keats ». Les gracieuses arabesques étaient suivies de l'épitaphe m'étant ainsi revenu … Il mettait en valeur, révélait, tout l'aspect liquide, lisse, de la vie du poète. Maintenant, il n'était plus qu'un cadavre parmi tant d'autre dérivant sur les eaux de l'Archeron ou du Léthé …

L'ouvrage quitta donc ma main fine et diaphane, regagnant son tombeau de poussière, ses eaux de cendres. Ce fut une timide voix, presque hésitante, qui me tira de mes songes obscurs et lugubres. Je tournais doucement la tête, découvrant la jeune fille aperçue tantôt. A sa demande, j'esquissais un sourire. Celui ci sonnait faux, dépourvu de toute chaleur. Il ne reflétait que l’indifférence, la lassitude, l'ennui … La peine aussi. Néanmoins, j'étais en mesure de l'aider. Non pas par obligation (bien que ma nature galante et mon supposé rang influaient beaucoup) mais parce que son égarement était des plus compréhensibles. N'importe qui se serait perdu dans cette bibliothèque ou dans le dédale de couloirs qu'était le Manoir dans les premiers jours succédant son arrivée. Une heure m'avait moi même été nécessaire pour retrouver ma chambre après le premier jour de cours. Inutile de dire que j'étais assez gêné lorsque le personnel m'a demandé le lendemain pourquoi je ne figurais pas dans la liste des élèves ayant dîné.


« Bien sur. Si tu me faisais le plaisir de me suivre. »

Je souriais tout à fait, bien que toujours aussi froid. L’extrémité de mes canines légèrement plus acérées que la normale se dévoilèrent sous mes lèvres, dont la couleur pouvait évoquer celle des roses fanées. Alors que je m’apprêtais à faire volte face pour la guider jusqu'à l'objet de ses désirs, je la détaillais rapidement. Elle était plutôt jolie, d'un air un peu timide et hésitant. Elle n'était pas très grande, ce qu'il la rendait d'autant plus adorable. Comme une grande majorité des étudiants ici, elle semblait avoir des origines asiatiques. Jamais je n'avais eu le plaisir de visiter l'Orient. Je me demandais quelles merveilles il pouvait receler. Quelles horreurs et quels malheur il abritait en son sein. Je me retournais donc, n'ajoutant pas un mot si ce n'est un vague geste de la tête, l'intimant à me suivre.

Tandis que je me dirigeais vers les escaliers, je réfléchissais en marchant. Où étais les dictionnaires déjà ? Était ce le second ou le quatrième étage ?  J'avais beau être un habitué, passant maintes heures entre les rayonnages et les mots, entre deux douleurs, l'organisation de l'endroit m’échappait encore, parfois. D'autant que la bibliothécaire devait sûrement être assez joueuse ou mesquine pour déplacer les ouvrages de temps à autres. Formidable. Je m'engageais donc sur les marche de bois sombre, dont mon pas feutré ne tira aucun gémissement. Il était pour ces quelques marches ce que mes mortels baiser étaient autrefois pour mes victimes. Pas une plainte. Pas un soupire.
Je jetais un coup d’œil derrière moi pour m'assurer que ma gracieuse compagne soit bel et bien sur mes pas. Le second étage ne tarda pas à annoncer sa présence par la douce lumière tamisé qui s'insinuait par les fentres ornant les murs, certaines a l'effigie de vitraux. Une lumière colorée se mêlait donc à celle, plus sombre, des fenêtres de verre. Tout cela engendrait un luminescent camaïeu des plus chaleureux.
Nous quittâmes l'escalier quelques instants plus tard. Faisant quelques pas dans le premier rayonnage, je regardais autour de moi, en quête de ce qui aurait pu satisfaire la demoiselle en détresse linguistique.

Je savais qu'il y avait des dictionnaires dans cette bibliothèque. La véritable question était : où diable les avais je vu pour la dernière fois ?
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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Mer 1 Juil - 12:37

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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Sam 17 Oct - 12:37

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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Sam 17 Oct - 12:58

Quelques minutes s'écoulèrent avant que finalement, le jeune homme en face d'elle ne tourne la tête dans sa direction. Hazaka resta impassible, son sourire ne se fâna pas, même si l'envie de faire demi-tour envahissait peu à peu son esprit. Il semblait... Froid. Et le sourire qu'il lui servit peu à après ne fit qu'accentuer son impression. Pas une once de chaleure, pas une once de vérité, plutôt une tristesse baignant les traits de son visage, sans que la Sorcière ne comprenne pourquoi. C'était comme si l'hiver venait d'entrer dans la bibliothèque. Mais il en fallait plus à la japonaise pour qu'elle se démonte.
Finalement, il accepta de l'aider, et intérieurement, elle soupira de soulagement. Qu'on se l'avoue, ce n'était pas forcément agréable de se faire envoyer sur les roses, même lui pensait sans doute comme elle. Au vu de ses canines qui dépassaient légèrement, Hazaka en déduisit rapidement qu'il devait être un vampire. Oh, elle n'avait pas spécilamenent peur d'eux, son pouvoir lui était suffisant pour se défendre, pas au point de les tuer, mais certainement au point de leur faire suffisamment mal pour qu'ils lui foutent la paix. Elle s'inclina légèrement en avant lorsqu'elle lui annonça qu'elle devait le suivre, chose qu'elle fit imméditement après qu'il se soit mis en marche.

Il passait dans des endroits qu'elle ne connaissait pas du tout, jamais elle ne s'était aventurée aussi loin entre les étagères, et pendant quelques instants, elle eût peur qu'ils ne se soient perdus. Mais ce jeune homme semblait plutôt bien connaître les lieux, sans doute était-il habitué ?
Si lui ne faisait pas spécialement de bruit en marchant, elle, s'était tout le contraire. Le bruit de ses talons tapaient dans un son régulier contre le sol, mais elle était tellement habituée qu'elle n'y faisait pas tellement attention. Certains relevaient parfois la tête de leur bouquin, sans doute les dérangeait elle légèrement, mais qu'on se le dire: elle en avait rien à battre. Parce que déjà, elle s'habillait comme elle voulait, et ensuite, s'ils étaient pas contents, il n'avait qu'à par rester entre les étagères.
Ses yeux noirs perdus sur les couvertures plus ou moins abîmés qui défilaient devant ses yeux, elle finit cependant par détourner le regard sur la silhouette qui était devant elle. Il ne parlait pas, elle ne l'entendait même pas respirer en réalité. De dos, il était plutôt impressionnant, donnant une allure noble et... Autre chose qu'elle ne parvenait pas à définir. Mais il était beaucoup, beaucoup trop silencieux au goût de la japonaise qui allait bientôt finir par craquer. Parler était limite un besoin vital chez elle.

- Je m'appelle Hazaka.

Une légère moue se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle se rendit compte que sa voix aurait presque pu résonner dans cette pièce. Merde, c'était tellement silencieux qu'elle aurait limite pu se parler à elle même avec les échos, ce qui aurait sans doute été très drôle, mais qu'elle n'avait néanmoins pas vraiment d'essayer pour le moment, peut être plus tard.
Lui aussi, semblait être un peu paumé maintenant qu'elle s'en rendait compte, enfin, c'était plutôt une impression qu'elle avait, au final elle en savait vraiment rien, mais ils marchaient depuis un moment, non ? Elle tourna la tête pour regarder les différentes couvertures des livres, parce qu'elle ne voulait pas non plus qu'il se tape tout le boulot, il était déjà bien sympa d'avoir accepté de l'aider. Elle était tellement paumée dans sa tâche qu'elle ne faisait pas vraiment attention à ce qu'il se passait autour. C'était son problème ça aussi, de ne pas faire attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Tellement que lorsqu'il s'arrêta, elle ne le remarqua pas et faillit lui rentrer dedans. Heureusement qu'elle avait eu le réflexe de s'arrêter à temps.

- Il y a un problème ? Demanda-t-elle doucement.
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MessageSujet: Re: Ecrire n'engendra pas de la misère. Ecrire naît de la misère.[Anathème Vyrad/ Hazaka Kokuto]   Sam 28 Nov - 10:44

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