Refuge-RPG.
 
Pour voter pour le Forum. Clique

Partagez | 
 

 Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité

Je suis...
Invité



MessageSujet: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   Sam 3 Jan - 16:25

Un nuage blanchâtre s'échappait de nouveau de mes lèvres entre ouvertes, mon souffle se mêlant au tableau sonore de la nuit. A chaque expiration se dessinait devant mes yeux une esquisse de vapeur spectrale, rejoignant bien vite les véritables nuages qui, suspendus au firmament, se mouvaient gracieusement entre les étoiles et leur timide éclat. On eut dit de vastes vaisseaux de ténèbres, louvoyant entre les récifs éthérés d'un océan sans lumière. Le regard ainsi levé vers le ciel, j'avais la sensation de me fondre dans les abysses insondables de cette mer d'ébène, me noyant dans les profondeurs de jais des eaux noirâtres. Pourtant, aucune pression ne venait m'opprimer la poitrine, aucune trace aqueuse ne venait occulter l'air de mes poumons. Pourquoi avais je alors l'impression que des vagues écumantes me refoulait sur le rivage ? J'avais la sensation d’être laissé pour mort sur une étendue côtière désertée, gisant sur le sable rougeâtre.
J'ouvris les yeux, chassant ces image du voile de mes paupières. Celles ci avaient recouvert mon regard sans que je n'y prête garde, me laissant sous l'emprise de mes songes. Les étoiles brillaient toujours faiblement au dessus de ma tête, peignant de lumière la toile céleste. Je ne voulais cependant pas lever les yeux pour m'abandonner de nouveau à leur contemplation. Je ne voulais m'abandonner à nouveau à la noirceur de cette abîme marin. L'éventualité d'un naufrage, même en pensée, m'effrayait. Dépourvu de mes rêves, je n'étais qu'une épave charnelle.  

Le parfum des pins se balançant faiblement sous le vent me rappelait que tout ceci n'était qu'un rêve, qui sombrerait bien vite dans l'oubli. L'odeur douceâtre de la sève se mêlait à la pureté des senteurs hivernales …  Le froid pénétrait mes poumons, mais semblait aussi s'infiltrer dans chacun des pores de ma peau blanchâtre. La pâleur de mes bras dénudés frissonnait faiblement dans l'encre noir de la nuit. Moins sensible au froid qu'un humain, je n'étais pas immunisé  contre le froid. J'appréciais pourtant tant ses caresses … J'étais assis en travers d'une marche du petit kiosque près du lac, le dos contre le bas de la rambarde. La givre qui la recouvrait transperçait mon T-shirt comme autant d'épines glaciales et acérées. Sobrement vêtu de noir, comme à mon habitude, j'avais d'autant plus la sensation d’être une ombre. Ma nature se confondait à merveille avec l'absence de lumière qui berçait les heures les plus sombres de la nuit. Qu'étions nous, nous autres vampires, si ce n'est des ombres rampantes le long des murs de pierre avant d'enfouir notre visage dans la chaleur du cou de nos victimes ? Goûtant avec la froide délicatesse morbide qu'était la notre les saveurs exquises de la vie d'autrui, remplaçant  l'incarnat qui s'écoulait dans leurs veines par le noir et la solitude du décès ? Je serrais les mâchoires, tentant d'ignorer la soif qui s’éveillait. Malgré l'absence d'humains aux alentours, je pouvais discerner le parfum de ceux s’étant reposé là tantôt. Mes sens réclamaient l’enivrement engendré par le nectar rougeâtre s'écoulant du cœur que chacun gardait précieusement dans le creux de sa poitrine. Je me mordis violemment la lèvre inférieur. La douleur s'éveilla aussitôt, me faisant oublier, pour un temps du moins, le désir et la soif.
Je détournais vaguement la tête vers le lac. Les eaux étaient si calmes, si paisibles … La surface lisse et noir n'ondulait que rarement sous la caresse du vent, qui depuis quelques instants s'était mué en une légère brise avant de tomber. Dans la douceur du soir, le lac m'évoquait un vaste miroir poli dans l'ébène. La lumière de la lune le recouvrait d'une myriade d'étincelles, comme autant de braises sur un linceul. Les rayons nés de la clarté argentée couraient à la surface comme autant de feux follets, consumant le drapé funèbre d'une flamme d'opale.

J'esquissais un pale et faible sourire. La beauté ne résidait elle que dans les heures nocturnes ? La violence du monde était étouffée par cette atmosphère feutrée, qui s'élevait vers le ciel comme autant de colonnes de fumées faites de velours. Le silence n'était troublé qu’occasionnellement par le léger froissement des lycoris sous la brise, qui se levait de temps à autre pour effleurer l'extrémité des pétales rougeâtres.
Je tirais de ma poche mon carnet de cuir noir, ainsi qu'un crayon. L'ouvrant à une page au hasard, je m’apprêtais à esquisser quelques mots, pensif … Puis cessais soudain mon mouvement. La mine de mon crayon tremblait faiblement au dessus de la blancheur immaculée de la page vierge. Mes yeux s’écarquillèrent doucement par l'effroi.
Rien ne me venait. J'avais ressentit le désir d'écrire, mais aucune phrase ne se présentait à mon esprit. D’ordinaire, les mots glissaient eux mêmes du bout de mes doigts, s'écoulant en longues traînées d'encre le long des pages, comme autant de larmes de noirceur sur le visage de porcelaine d'une poupée. Ma pensée n'était plus que néant, désert aride, fontaine asséchée … Les eaux d'un sombre romantisme ne s'y écoulait plus, laissant la vasque envahit par un lierre de lassitude. Mes yeux s'humidifièrent, voilés par la tristesse. Écrire était la seule échappatoire dont je disposais pour m'éloigner de la mélancolie, de la tristesse et du désespoir. Sans cela, j'étais déjà condamné. Sans cela la peine m’étreindrait sans répit, mes souvenirs me hanteraient sans cesse. Je ne serais jamais plus apaisé … La solitude s'abattit soudain sur moi avec violence, me lacérant la poitrine, enfermant ma gorge dans un étau fait de sanglots et de regrets.

Je laissais échapper mon carnet et mon crayon, qui chutèrent jusqu'au bas des marches, sans un bruit, avant de ramener mes genoux contre mon torse. Je les entourais de mes bras avant d'y enfouir mon visage.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Je suis...
Invité



MessageSujet: Re: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   Mer 7 Jan - 18:39

Un peu grisé par l'alcool et la musique, MinHo trainait autour de la piste de danse depuis au moins vingt minutes, il s'était fait entrainer là par deux amis peintres pour fêter l'anniversaire de l'un d'eux mais il s'était vite ennuyé.

Trop de bruit, trop de lumières, trop de gens, il avait décidé de partir, il avait cherché ses amis et les avait trouvé collé l'un à l'autre en train d'échanger un baiser enflammé.

Il avait été étonné, il ne les savait pas ensemble et ne savait même pas quelles était leurs orientations sexuelles. Il les avait observé à leur insu durant quelques secondes mais la curiosité avait fait place au désabus, lui rentrerait encore une fois seul cette nuit.

Il avait parfois la sensation que l'amour ou même une quelconque relation de longue durée qui ne soit pas une simple aventure d'un soir n'était vraiment pas pour lui.

Il sorti de la boite sans même leur dire au revoir, ils n'auraient d'ailleurs pas remarqué son absence alors à quoi bon.
MinHo commença à marcher au hazard des rues, il aimait la nuit, elle transformait la vision des choses, tout semblait plus mystérieux, plus intéressant, plus inquiétant.
Il avait encore la tête qui lui tournait quelque peu, il avait besoin de marcher pour s'oxygéner, le parc serait idéal pour aller reprendre ses esprits avant de rentrer chez lui.

La lune était pleine ce soir là, il aimait ça, à la différence de beaucoup de personnes qui racontaient que les nuits de pleines lunes il se pouvait que des choses étranges se produisent, à cette pensée MinHo sourit doucement pour lui même, qui aurait il pu rencontrer dans ce parc, Jack l'éventreur? Le croquemitaine? Il haussa les épaules, amusé par toutes ces superstition et entra dans le parc en poussant un peu la grille, celui ci étant fermé à partir de 20h.

Il flanait dans l'allée qui longeait le lac, admirant la beauté de l'astre brillant à la surface de l'étendue d'eau qui ressemblait à une étendue d'encre tant celle ci était noire, le paysage était bien plus beau la nuit selon lui.

Ses pas le guidèrent jusqu'au petit kiosque où jouait parfois la fanfare municipale d'Andore, il le trouvait très joli et la lune l'éclairant y ajoutait une certaine poésie.

Il résolu d'aller s'y reposer quelques instants et s'en approcha. Arrivé à quelques mètres du petit édifice de bois, il remarqua qu'un jeune homme était assit sur les marches les plus basses, il le regarda quelques instants avant de l'aborder.

- Bonsoir...
Revenir en haut Aller en bas

Fondateur

avatar
Je suis...
Féminin Messages : 83
Points : 2147483482
Date de naissance : 23/04/1998
Date d'inscription : 09/08/2014
Age : 19
Localisation : -


MessageSujet: Re: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   Sam 7 Fév - 12:20

Topic clôturé pour inactivité. 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://refuge-rpg.forumactif.org

Invité

Je suis...
Invité



MessageSujet: Re: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   Lun 9 Fév - 20:44

Topic de nouveau ouvert.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Je suis...
Invité



MessageSujet: Re: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   Lun 9 Fév - 20:48

Le silence feutré de la nuit avait étendu ses bras jusqu'à moi. Il m'avait pris dans ses bras, offrant à mon âme et à mon corps sa douceâtre et douloureuse caresse. Je ne percevais plus mon cœur battre, je ne percevais plus l’écho de mon souffle dans le noir. J'entendais seulement la souffrance que me causait ce mutisme intérieur, mêlé au tressaillement de mon corps sur les marches, au froissement du tissu de mon haut contre le métal glacé de la rambarde. Ouvrant les yeux dans le creux de mes bras, je me rendis compte que mon corps tout entier était secoué de sanglots et de frissons. Je ne faisais aucun effort pour me contrôler, je ne m'appartenais plus. Je ne pouvais que pleurer, sangloter encore et encore. Des larmes roulaient silencieusement sur mon visage, telles des gouttes d'eau fondant peu à peu sur la neige. J’espérais peut être sentir une part de ma douleur s’échapper ainsi. Fondre sur mon visage et ne plus jamais revenir. Voir la douleur m'abandonner enfin, m'en libérer une fois pour toutes. Mais la douleur désirait encore demeurer prisonnière sous ma peau couverte de frissons. Si quelques larmes dévalaient mes joues et venait s'écraser sur la pierre froide des marches, d'autres roulaient jusqu'aux commissures de mes lèvres. Leur goût empoisonnaient mes papilles, un goût salé de regrets et de peine inavouée. D'autres encore trempaient mes bras dénudés sur lesquels mon visage reposait, comme autant de perles cristalline sur une étendue diaphane faite de plumes d'anges.
Exprimer mes sentiments avait toujours été pour moi le moyen de me prouver que je n'étais pas seulement un tueur, une bête sauvage tuant de sang froid. Que mon être pouvait lui aussi vibrer, que mon âme savait elle aussi trembler d'un autre désir que celui de m'abreuver de la vie d'autrui. Je voulais ressentir un autre frisson que celui de la peau de ma victime contre la mienne, rendant son dernier soupir tandis que son sang coulait encore telles des larmes rougeâtres du coin de mes lèvres. Je voulais m’échapper de l'enveloppe charnelle de la maudite engeance que j’étais destiné à être. Être véritablement moi même, exalter mes sentiments dans le Sublime et le Romantisme. Me soustraire à cette condamnation que le ciel m’infligeait. Il me semblait marcher maintenant à pas lents vers la potence. Je ne tarderais plus à me balancer faiblement au bout d'une corde tressée dans le sang et la douleur.
Le silence donc, était devenu le seul murmure qui me parvenait à présent.


« Bonsoir ... »

Je levais brusquement le visage, les yeux encore noyés dans mes larmes. Il me semblait que le chuchotement du silence avait été audible un instant. Un faible instant. Un fugitif instant.
Mais non. Il ne s'agissait que d'un jeune homme, que je ne discernais qu'a peine dans la pénombre troublée du pale éclat des lampadaires clairsemant le parc. Je dénouais mes bras de mes jambes, laissant celle ci glisser jusqu'à la marche d'en dessous. Du revers de la main gauche, j'essuyais mon visage, tentant de retrouver une contenance. Je ne supportais pas de pleurer sous un autre regard que celui de la Nuit. Je tachais de répondre d'une voix que j’espérais sereine et froide.


« Bonsoir »

Vain espoir. Mes intonations étaient chevrotantes, alors que ma voix se brisait. Je fixais mon regard sur lui, le détaillant dans le noir. Ses traits étaient harmonieux, détendus quoi qu'un peu fatigués, autant que je puisse en juger. Je me perdit quelques instants dans ses prunelles, comme si je cherchais à discerner ce qu'il y avait au delà de lui, comme si je voulais lire dans son âme. Et inconsciemment, sans que je n'en ai l'idée, comme si j'y recherchais un havre, un refuge. Un abri.

Mais lorsque je cilla, l'illusion se rompit et je redeviens moi même, un être fragile et pitoyable. Un corps encore secoué de sanglots, bien qu'aucune larme ne coule plus sur mes joues. Je savais néanmoins que mes yeux aux couleurs dépareillées devaient luire faiblement dans la lumière jaunâtre des lampadaires. Gêné et honteux, je détournais le visage sur le coté, fixant la barrière de l'escalier menant au kiosque à ma gauche.
Les barreaux semblaient etre ceux qui me tenaient enfermé en moi même.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Je suis...
Invité



MessageSujet: Re: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   Sam 28 Mar - 20:18

Rp clôturé pour inactivité.

Si vous souhaitez le rouvir, contactez le staff.
Revenir en haut Aller en bas


Je suis...
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Tes mots brillaient faiblement dans la clarté lunaire ... [MinHo Park /Anathème Vyrad]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les expressions et vocabulaire à savoir par votre perso
» Dans la clarté du ruisseau [PV Daniel Springs]
» Une jolie demi-déesse dans un casino [PV Aiden Park]
» Les mots sont comme des pierres dans mon cœur.
» les mots manquants

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Refuge  :: Bienvenue au Refuge ! :: Archives :: RP-
Sauter vers: