Refuge-RPG.
 
Pour voter pour le Forum. Clique

Partagez | 
 

 Le miroir nocturne renvoi t'il quant à lui nos doutes et nos peines ? [Yumi Miyamoto /Anathème Vyrad]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Le miroir nocturne renvoi t'il quant à lui nos doutes et nos peines ? [Yumi Miyamoto /Anathème Vyrad]   Dim 23 Nov - 15:59

L'image du blafard iris frémissait faiblement à la surface des eaux sombres, comme si l’œil nocturne était baigné de larmes. Pas la moindre goutte de pluie ne venait pourtant troubler la surface lisse de la rivière au dessus duquel, comme si celle çi eusse été un cristallin miroir, la Lune se courbait pour admirer sa blanche beauté. Le silence, que la Nuit recouvrait tel une amante possessive, n'était troublé dans son sommeil que par le chant lointain d'un nocturne oiseau et le léger bruissement des feuilles rencontrant l'eau au bout de leur chute. Elles dérivaient alors lentement, tels des vaisseaux dorés que les eaux paisibles finiraient par engloutir … Comme nous tous.
Un visage apparu peu à peu sous l'étendue glaciale, se rapprochant toujours plus du ciel qui miroitait de lumières étincelantes comme un céleste lustre. L'on eut dit un étrange reflet, si toutefois quelqu'un se serait penché au dessus du cours d'eau … Or il n'y avait personne. Juste quelques vêtements laissés sur la berge, ainsi qu'une sacoche de cuir noir. Les pales traits de cette étrange apparition percèrent alors la surface du miroir de la Lune.

J'inspirai profondément lorsque je rejoignais enfin la limite entre ce glacial monde aqueux et la vue du ciel nocturne. De l'eau froide s'échappait de mes lèvres, un sourire dépeint sur celles çi. Laissant l'air pénétrer mes poumons, je replongeais avec délice dans l'eau glacé, me rapprochent peu à peu de la rive.
A quelques mètres de celle çi, j’émergeais à nouveau du cours d'eau. Me tirant hors de l'eau, je regrettais de ne pouvoir plus souvent me laisser aller à de nocturnes baignades, telle que celle que je m'étais offert ces dernières heures. Il était rare que je puisse parvenir à déjouer la surveillance des employés du refuge et me permettre des escapades de ce type. L'instant rarissime et interdit n'en était que plus savoureux. De l'eau ruisselait le long de mon visage et du reste de mon corps tout à fait dénudé, comme si j'eusse été une éphémère fontaine. D'ordinaire, l'eau s'écoulant ainsi de moi prenait source dans mes yeux, chassée de ceux çi par mes paupières. Cette nuit, la peine était si loin … Je me sentais merveilleusement bien. Les glaciales caresses de la rivière, et celles à présent du vent, avaient vivifié mon corps comme mon esprit. Je sentais naître en moi un délicieuse exaltation que même le sang ne pouvait m'offrir.
Je ne regagnais pas tout de suite l'endroit où j'avais laissé mes vêtements. De l'herbe fraîche et légèrement humide baignait les alentours d'une lueur d'émeraude, qui m'attirait ce soir plus que l'éclat de rubis du sang ne m'eut jamais attiré. Les bras en croix, je me laissais tomber dans l'herbe moelleuse, les yeux fermés, souriant doucement. Le choc résonna faiblement dans mon dos, me causant une légère douleur. Je n'y prêtais aucune attention. Je savourais plutôt les aller et venues des brins d'herbe sur mon visage, que le vent faisait délicatement ployer. Celui çi ne soufflait pas trop fort, comme si l'eut peur de les briser.

Je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi, gonflant d'air froid mes poumons, me laissant aller au gré des caresses de la nuit, nu et étendu dans l'herbe.
J'ouvris lentement les yeux, et mes paupières papillonnèrent quelques instant devant la splendeur que m'offrait le ciel délavé au dessus de ma tête. La nuit était d'encre, et je savourais pleinement ce tête à tête avec la Lune. Seul son regard m'avais à présent vu heureux. Son regard et celui de celle qui, il y a longtemps, m'avait recueilli. En dépit de la volonté de tous les autres de me voir mort, alors que je venais juste de naître. Naissance qui avait vu aussi le jour de la disparition des miens, il y a 116 ans. Mais c'était du passé. Je ne les avais pas connu. La douleur de perdre des êtres chers ne me touchait pas de ses doigts diaphanes et décharnés … Cependant, le sentiment de perdition m'étreignait d'aussi près qu'il est possible de le faire.
Je soupirais doucement. Peu importe.

Je me relevais, frissonnant légèrement. Bien que les vampires soient moins sensibles au froid que le humains, rester nu dans les glaciales nuits de novembre n'était pas si anodin.
Je me dirigeais alors vers mes vêtements laissés à l'abandon depuis plusieurs heures. En les laissant ainsi, gisant sur la berge comme un cadavre, j'avais eu la sentiment de me débarrasser aussi de ma prison de chair. J'étais devenu l'eau, j'avais fait corps avec elle. L'exaltation que j'avais ressenti n'était qu'un doux sentiment de liberté. Illusion, mais seule réalité de l'esprit.
Je repassais d'abord mes sous vêtements puis mon pantalon noir. Ma peau était sèche depuis longtemps, ce qui me fit à nouveau songer au temps que j’avais pu passer allongé là bas, dans l'herbe. Mes bras et de mon torse, musclés par les heures de nages quasi quotidiennes mais, hélas, plus fréquemment diurnes que nocturnes,  étaient parcourut de frissons. Je n'aurais su dire si ils étaient dus au froid ou à ce délicieux sentiment que j’avais ressentit peu auparavant, et dont je ne conservais à présent que le fade souvenir. L'éphémère bonheur se noyait a présent dans mon habituelle mélancolie, s'y confondant peu à peu.
Je chaussais mes bottines noires, avant d'enfiler ma chemise de lin sombre, dans le style de l'aristocratie anglaise du XIXè siècle. Tirant de ma veste encore posée sur la berge ma montre a gousset, je regardais l'heure. 2h37.  
Un bruissement parvient alors à mes oreilles. Je me retournais, scrutant 'obscurité.


"Il y a quelqu'un ? "

La banale question s'était échappée de mes lèvres. "J'ai du rêver …" songeais je simplement. Je secouais doucement la tête, un sourire en coin se dépeignant sur mon visage. Après avoir replacé ma montre a sa place, je passais une main dans mes cheveux noir comme les ailes d'un corbeau, les coiffant vers l'arrière. Seule une mèche encore un peu humide barrait mon front, telle une larme de noirceur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le miroir nocturne renvoi t'il quant à lui nos doutes et nos peines ? [Yumi Miyamoto /Anathème Vyrad]   Jeu 25 Déc - 16:49


Fermé pour inactivité. Veuillez contacter le staff pour réouverture.
Revenir en haut Aller en bas
 
Le miroir nocturne renvoi t'il quant à lui nos doutes et nos peines ? [Yumi Miyamoto /Anathème Vyrad]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Réactions au renvoi du gouvernement.
» Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |
» Escapade nocturne [Galyana]
» je ne suis pas bavard, je peux quant même? mwhaha
» Entretien nocturne [Ashenie de Sephren]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Refuge  :: Bienvenue au Refuge ! :: Archives :: RP-
Sauter vers: