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 Les ténèbres se confondent dans le silence et entre les lignes [Anathème Vyrad/Jiro Fujiwara]

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MessageSujet: Les ténèbres se confondent dans le silence et entre les lignes [Anathème Vyrad/Jiro Fujiwara]   Dim 9 Nov - 15:58

Jiro entra en trombe dans la bibliothèque, il ne venait pas pour lire quelques bouquins, non, il s'y rendait pour trouver le fameux article de journal qu'il cherchait tant. Il ne salua même pas la bibliothécaire lorsqu'il passa devant elle. Le jeune homme se rua littéralement vers la seule table de libre, il posa négligemment son sac à dos sur une chaise et se dirigea vers les rayonnages remplies de bouquins plus inutiles les uns que les autres. Il attrapa au hasard un livre peu épais, dont la couverture représentait un flocon de neige sur fond rose. «Un merveilleux signe» était le titre de ce roman à l'eau de rose. Jiro soupira en levant les yeux aux ciel, il ne manquait plus que ça, sur une bonne centaine de livres il avait réussi à prendre le plus cucul la praline qu'il existait. "Un merveilleux signes ? Mon cul ouais...", pensa-t-il. Une fille passa près de lui, elle lui adressa un timide sourire qu'il ne lui rendit pas, il préféra l'ignorer. Elle se planta à côté de lui et fit mine de chercher un livre, il n'aimait pas franchement ce genre de petit jeu. Il quitta donc le rayonnage pour monter à l'étage suivant de la bibliothèque. Il chercha pendant dix bonnes minutes les étagères consacrées aux périodiques et journaux datant des années précédentes. Il farfouilla environ trente minutes de plus parmi l'immense pile de journaux traitant des affaires les plus sombres de l'histoire : meurtres en tout genre, suicides, attentats ou encore viols. Il lui fallut encore quelque temps avant de trouver l'article qu'il cherchait tant. « Un jeune homme tue sa compagne et son enfant puis prend la fuite ». Il coinça entre deux pages du roman à l'eau de rose le fameux journal et retourna à sa table. La jeune fille l'observait toujours. "Décidément elle ne va pas me lâcher celle-là...".
Il ouvrit le roman et fit semblant de commencer sa lecture. Au bout d'un moment qui lui sembla une  éternité la jeune fille se décida enfin à partir. "Enfin", soupira Jiro, soulagé. Il sortit discrètement l'article et entama sa lecture.

« Ce matin, madame Luterford, une vieille dame âgée de 91 ans et ayant perdu son très cher époux depuis peu, remarqua que des volutes de fumée s'échappaient du toit de la maison de ses voisins ; un étrange couple composé de Griet Van Waning, une hollandaise de 35 ans et un jeune asiatique dont le nom nous est inconnu, âgé d'environ quinze ans. Inquiète, elle alerta les pompiers et la gendarmerie, elle avait bien peur que quelque chose de dramatique ne se soit produit.
Les pompiers arrivèrent vers 9 heures et ce qu'ils découvrirent les laissa sous le choc. Griet Van Waning
avait été réduite à l'état de cendre et le corps de son fils, Jaap (également celui de l'asiatique) fut retrouvé totalement calciné. Le jeune homme avait apparemment prit la fuite et malgré une longue enquête les causes de l'incendie reste indéterminée
 ».

Le visage de Jiro se déforma en un épouvantable rictus, il décida de relire plusieurs fois cet article, juste pour le plaisir...
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MessageSujet: Re: Les ténèbres se confondent dans le silence et entre les lignes [Anathème Vyrad/Jiro Fujiwara]   Dim 16 Nov - 22:27

Le silence. Un silence profond.. Un silence délicieux. Celui que je voudrais voir sur toutes les lèvres. Un silence de mort.
Telle était la nature du tableau sonore dans mon esprit. Mes pensées étaient tout a fait focalisées sur les lignes du livre relié de cuir noir posé sur la table devant moi, dont je dévorais le contenu. Les vers déposés dans cette anthologie du romantisme noir, mouvement littéraire auquel j'appartenais moi même, me fascinaient. Ils exerçaient sur moi la douce exaltation qui me transportait dans un monde fait de vaporeux nuages noirs, de roses sans vies aux pétales mêlés d'incarnat et de noirceur. J'y voyais les fleuves cristallins, où lorsque nous penchons notre visage en leurs hauteurs, nous distinguions la couleur de notre âme. Je m’égarais dans les couloirs et nefs interminables de ténébreuses cathédrales, comme autant de tunnels de sombres plaisirs. Le visage levé vers le ciel grisâtre, je laissais une pluie glaciale couler sur mon visage comme autant de larmes versées sur ma misérable condition de pantin entre les mains du destin, seul véritable maître contre lequel nous ne pouvons que vainement nous rebeller. Lorsque ces larmes tombaient sur le sol, il en naissait d'intangibles arabesques d'encre, prenant tantôt la forme de mots, tantôt la forme d'un glacial étau enserrant mon cou. J'étais assis au devant d'une scène donnant sur l’abîme. Lorsque tomberait le rideau, les décors s’effondreraient, et je tomberais jusqu'aux ombres que je voyais danser dans les profondeurs du gouffre. Le rêve après tout, n'est que la véritable vie. Le reste n'est qu'existence.
Je fermais les yeux, renversant la tête en arrière, alors qu'un frisson parcourait ma peau blafarde. Mes yeux d'azur et d'argent contemplait la noirceur que dissimulait mes paupières, tandis que ma respiration se faisait plus profonde. Mes cheveux noirs de jais, tirant sur le brun par endroits, caressaient ma nuque.

J’ouvris lentement les yeux, le décor de la bibliothèque reprenant consistance aux alentours. Le silence régnait ici aussi, troublé de temps à autres par les murmures des gens s'attardant entre les rayonnages. Un soupire vint naître au bout des mes lèvres exsangues, aux couleurs des roses fanées. Pourquoi fallait il que cette réalité là reviennent à chaque fois que j'ouvrais les yeux ?
Je refermais doucement le livre, dont les pages m'avaient offerte une évasion des plus agréables. J'étais inspiré, et je savais que je ne tarderais pas à aller écrire quelques sombres proses.

Me repassant mentalement les notes de La marche funèbre d'un marionnette, je me levais sans bruit et m'en alla déposer l’ouvrage dans les rayonnages dont je l'avais extirpé, comme on arrache un rêveur aux arcanes noirâtres d'un cauchemar. Ou comme on arrache un cœur d'une poitrine ensanglantée.
Le sombre cœur en main, je glissais celui çi entre les autres anthologies de poèmes que proposait le rayonnage. La bibliothèque était très complète, remplie d’œuvres traitant des sujets les plus intéressant comme des plus médiocres. J'adorais m'y dissimuler durant une de ces froides après midi d'automne, évitant d'ennuyeux cours et par ce même biais, la compagnie des autres élèves. Pas qu'ils ne soit pas amicaux ou chaleureux, certains étaient même de très agréable compagnie … Mais leur sort m’indifférait tant …

Je retournais donc à la table que j'avais laissée quelques instants plus tôt. Sortant une feuille, je commençais déjà à songer à quelques vers d'une ténébreuse beauté. Laissant ma main aller et venir dans le fond de ma sacoche, il me fut fort désagréable de constater que je n'avais pas le moindre crayon. J'avais du les laisser sur le bureau de ma chambre en partant ce matin.
Me voilà obligé d'en demander un à quelqu'un. Inutile de préciser que l'idée même me déplaisait.

Je jetais autour de moi un regard rapide, cherchant un élève à qui je pourrais emprunter l'objet qui me faisait défaut. A cette heure çi, la bibliothèque était presque déserte … Pourtant j’avisais à une table non loin un élève plongé dans sa lecture. Remettant mes affaires dans mon sac que je passais en bandoulière au dessus de ma chemise blanche au manches amples dans le style anglais du XIXè, je me dirigeais d'un pas de velours vers le jeune homme.

Arrivé au devant de sa table, je me contentais de lui murmurer d'un ton froid, le visage neutre et le regard rivé vers la table :


"Excuses moi … Est ce que je pourrais t'emprunter un crayon ? J'ai oublié les miens dans ma chambre ce matin."

Je levais le regard à la fin de ma phrase. Je rencontrais alors le visage d'un asiatique, déformé par un rictus. Lorsque j'avais levé les yeux, j'avais pu entrapercevoir le sujet de sa lecture. Voilà qui s'avérait être des plus plaisant. Sur mon propre visage se dépeignit l'esquisse d'un sourire froid et lugubre. La journée allait peut être s'avérait plus intéressante que je ne l'aurais pensé.

"Je peux m’asseoir ?"
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MessageSujet: Re: Les ténèbres se confondent dans le silence et entre les lignes [Anathème Vyrad/Jiro Fujiwara]   Jeu 25 Déc - 16:33

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MessageSujet: Re: Les ténèbres se confondent dans le silence et entre les lignes [Anathème Vyrad/Jiro Fujiwara]   

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