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 Là s'égarèrent l'azur et la noirceur[Joy Freeman/Anathème Vyrad]

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MessageSujet: Là s'égarèrent l'azur et la noirceur[Joy Freeman/Anathème Vyrad]   Sam 25 Oct - 18:16

Joy se regarda dans le miroir de sa chambre. Enfin, elle se regardait, elle fixait plutôt sa touffe de cheveux bleus. Elle saisit une mèche puis la laissa tomber. Il faudrait qu’elle refasse une couleur. En vert ou en rose. Ou peut-être juste se faire une mèche bleue. Le choix était vaste et Joy hésitait toujours sur ce qu’elle pourrait faire. C’était ses cheveux après tout, elle en faisait ce qu’elle voulait. Elle revoyait les filles de son ancien lycée la regarder de haut en bas, alors qu’elle se pavanait avec ses copains dans la cour de récré à chaque nouvelle couleur. Une fois, elle se rappelle, quelqu’un lui avait demandé qu’elle fût sa couleur naturelle. Sur le coup, elle avait eu un peu de mal à répondre, car elle avait oublié. Même maintenant elle ne savait plus vraiment si elle était brune ou blonde.  L’adolescente soupira, remit ses cheveux sur le devant de ses épaules, attrapa son bracelet doré et sa guitare et sortit de sa chambre.
 

Ce jour-là, elle c’était vêtue  d’un t-shirt blanc à manches courtes dont le motif représentait une croix noire, un jean slim noir troué sur la cuisse gauche et le genou droit, une paire de basket blanche à lacet noir et un bonnet rouge. Ses ongles étaient vernis de noir et son maquillage - se formant de mascara et d’un trait d’eye-liner - était lui aussi noir. Son style alternait toujours entre le rock simple et le grunge, mais était toujours assez « rock », comme le dit souvent Joy. En fait en y réfléchissant bien, il représentait globalement le caractère de Joy.
 

Marchant d’un pas las dans les longs couloirs à la tapisserie rouge, Joy se dirigea vers le hall puis vers les jardins intérieurs. Une fois dehors, l’adolescente porta sa main droite en visière et regarda le ciel bleu tâché de nuages blanc. Il faisait beau pour un jour d’automne. Les feuilles des arbres se teintaient d’une couleur de cuivre et se détachaient des branches lentement, avant de tomber gracieusement sur le sol, créant une sorte de couverture orangée, comme pour la protéger de l’hiver qui se préparait.

 
Après quelques minutes de contemplation, Joy alla s’asseoir au pied d’un saule pleureur, dont quelques feuilles avaient encore préservé leurs couleurs vertes et dont les longues branches dansaient avec comme partenaire invisible, le vent. Elle avait toujours aimé les saules pleureurs. Elle ne saurait pas dire pourquoi d’ailleurs, mais elles les adoraient depuis sa plus jeune enfance. Un jour, quelqu’un lui avait expliqué que les branches pendaient à cause des secrets que les jeunes filles accrochaient aux branches. Le poids des secrets devenant de plus en plus lourd, elles se mirent donc à pendre vers le bas, comme des larmes. L’arbre avait donc était nommé « saule pleureur ». Bien sûr, Joy savait que ce n’était pas cela la raison, mais cette légende lui plaisait, donc elle y croyait.
 

Une fois bien installée, elle croisa ses jambes de façon à être en position de tailleur et fit glisser sa guitare devant elle, avant de frotter doucement les cordes de son pouce gauche sans faire de notes spéciales. Elle avait appris à vraiment jouer de la guitare à ses sept ans, le jour où son père lui en offrit une. C’était une petite guitare classique noire, dont elle avait oublié la marque. Avant sa petite guitare elle s’amusait à jouer à celle de son oncle, qui était trop grande pour elle. C’était d’ailleurs celui-ci qui lui avait appris à vraiment en jouer.
Elle plaça ses doigts sur le manche de la guitare, gratta les cordes et se mit à fredonner doucement.
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MessageSujet: Re: Là s'égarèrent l'azur et la noirceur[Joy Freeman/Anathème Vyrad]   Dim 26 Oct - 18:07

Le livre, en se refermant, émit un bruit sourd. Bien que les quelques oiseaux encore présents dans l'arbre cessèrent momentanément leurs chants, le vent lui, ne cessa pas la litanie qu'il murmurait aux branches dans un éternel souffle. Les quelques mots qu'il leur chuchotait empêchaient le silence de s'éteindre. Il est pourtant doux ce silence, lui qui règne sur les secrets inavoués et sur le repos des défunts. Il est doux ce silence, plein de promesses qu'aucun n'ose prononcer. Ce silence, porteur de douceurs et de beautés muettes.


Silence maintenant troublé par le froissement des feuilles sous mes pas. Le livre juste refermé, aux mots maintenant endormis, plongés dans le noir, était retenu dans ma main droite. Alors que j’émergeais de l'ombre de l'arbre qui fut mon havre pour ces quelques heures d'abandon à un autre univers, je levais les yeux vers le ciel dégagé de ce jour d'octobre. J'avais l'impression d’être une feuille parmi d'autres, semblable a celles que mon pas foulait sans remords. Tombé d'un arbre dénudé par le froid et la mort, un ange sylvestre auquel on promettait des ailes et qui ne fut qu' entraîné par le désespoir vers cette terre nue et aussi froide que le vent m'y ayant déposé. J'ai connu l'instant d'ivresse qu'est celui de la chute, avant de m'effondrer lamentablement sur le sol. J'aurais aimé pouvoir déployer mes ailes noires et m'élancer vers le ciel tel un ange de noirceur. Hélas je demeurais enchaîné à l'Enfer.


Alors que mon regard dérivait maintenant vers le tapis aux couleurs automnales, qui n'était pas sans m'évoquer la palette d'un peintre dont la vision du monde était devenue cendres, condamné à peindre des arbres et des cimes défuntes, je songeais vaguement à l'endroit où j'aurais du me trouver à cette heure. Une salle de classe. Sécher dès les premiers jours de cours n'est pas la plus lumineuse des idées que j'ai eu … Mais j'avais vite ressenti le besoin de m’échapper quelques heures de ma prison de chair. De m'évader au gré des mots et de la beauté que recèlent les vers de l'anthologie que je tenais toujours à la main.
De ma main libre, je lissais nonchalamment les plis de ma chemise rouge soigneusement ouverte sur mon t-shirt noir. L'ankh que je portais en pendentif luisait faiblement dans la douce lumière qu'était celle de l'après midi qui s'annonçait. Le symbole de la vie … Foutaises. Symbole d'un calvaire prolongé, où se dissimulent la souffrance et le désespoir. Là c'est mieux.


Je me glissais avec légèreté entre les arbres et les plantes qui parsemaient çi et là les jardins intérieurs. L’obsédant parfum de sève emplissait mes narines, porté par un zéphyr jouer, s'amusant à faire voleter de part et d'autres de mon visage quelques mèches de cheveux noirs aussi vagabondes que mes pensées. Ainsi plongé dans un état de total abandon, de transe contemplative, de rêve éveillé, je ne prêta guère attention tout de suite aux notes qui s'élevaient non loin.
Celles çi me sortirent de cet état où mes sens étaient troublés par la mélancolie. Retrouvant toute mon acuité, je ne pus m’empêcher de reconnaître que la mélodie qui s'élevait n'avait rien à voir avec la mélopée que le vent dédiait aux branches. J'imaginais parfois que les oiseaux étaient jaloux des branches sur lesquelles ils se posaient : eux qui déclament au vent tant de mélodies enchanteresses, qui ressentent sa caresse sur leurs ailes à chaque instant, ne reçoivent de sa part aucune réponse, si ce n'est un souffle glacial. Celui çi réserve ses murmures aux branches.
Voilà que je m'égare à nouveau.


D'un pas silencieux et léger, je m'approchais du saule d'où semblait provenir la musique et la voix qui l'accompagnait. Car je pouvais à présent discerner un fredonnement qui se confondait avec cette mélodie qui éveillait mon intérêt et ma musique. Moi qui n'avais pu amener l'ensemble de mes instruments au Refuge (un orgue n'ai des plus aisé à transporter), je me réjouissais de savoir qu'il y avait ici d'autres musiciens.



Je me dissimulais derrière le tronc d'un chêne, penchant légèrement la tête pour observer le musicien qui s’avérait être une musicienne.   
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MessageSujet: Re: Là s'égarèrent l'azur et la noirceur[Joy Freeman/Anathème Vyrad]   Mer 3 Déc - 20:55

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MessageSujet: Re: Là s'égarèrent l'azur et la noirceur[Joy Freeman/Anathème Vyrad]   

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